IFA 2026 : MAMMOTION LUBA 4 AWD veut enfin en finir avec le coupe-bordure

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Les robots tondeuses ont fait des progrès assez spectaculaires ces dernières années. Plus besoin de câble périphérique, cartographie automatique, LiDAR, RTK, vision par caméra, gestion de plusieurs zones… Mais il reste encore quelques petites choses qui vous rappellent régulièrement que l’automatisation n’est pas tout à fait complète. Parmi elles, une revient souvent : les fichues bordures qu’il faut terminer au coupe-bordure.

De retour de l’IFA de Berlin, j’ai justement pu découvrir sur le stand MAMMOTION ce qui ressemble fort à l’une des réponses les plus intéressantes à ce problème. Le constructeur y présentait son futur LUBA 4 AWD, prévu pour la génération 2027, avec un module de coupe-bordure installé à l’arrière. Mais ce n’est finalement qu’une des nouveautés de ce robot : roues avant directrices, conduite bidirectionnelle, quatre caméras, LiDAR 360°, NetRTK, recharge adaptative… MAMMOTION a revu beaucoup de choses.

Et le constructeur ne s’arrête plus aux jardins des particuliers. À quelques mètres de là trônait Maston, une énorme plateforme robotisée destinée cette fois aux professionnels, capable de travailler sur plusieurs hectares et d’être administrée au sein d’une flotte. Deux machines très différentes qui montrent assez bien où MAMMOTION veut aller après dix années consacrées à la robotique extérieure.

Le LUBA 4 AWD prépare déjà la saison 2027

Le nouveau MAMMOTION LUBA 4 AWD est sans doute celui qui va parler au plus grand nombre.

J’ai déjà eu l’occasion de suivre les différentes évolutions de la famille LUBA. Sa particularité reste la transmission intégrale : là où beaucoup de robots sont rapidement en difficulté sur un terrain accidenté ou fortement pentu, les quatre roues motrices du LUBA lui permettent d’aller jouer sur des terrains autrement plus compliqués.

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Le LUBA 4 AWD conserve évidemment cet ADN. MAMMOTION annonce toujours une capacité à grimper des pentes de 80 %, soit environ 38,6°, à franchir des obstacles atteignant 60 mm et à tondre jusqu’à 1 m/s. Chaque disque de coupe possède son propre moteur de 165 W et six petites lames pivotantes.

Mais à Berlin, ce ne sont pas vraiment ces chiffres qui ont retenu mon attention. C’est plutôt ce qui se passait à l’avant du robot.

Des roues directrices pour arrêter de labourer la pelouse

Les roues avant omnidirectionnelles disparaissent au profit de véritables roues directrices indépendantes.

Sur la démonstration réalisée sur le stand, le fonctionnement était particulièrement parlant : quand le robot tourne, la roue intérieure et la roue extérieure n’adoptent ni le même angle ni la même vitesse. Chaque roue décrit ainsi son propre arc de cercle. Le LUBA peut donc effectuer une manœuvre serrée sans simplement faire ripper ses roues sur place.

Ça peut sembler être un détail mécanique, mais sur une pelouse, ça change beaucoup de choses.

Les robots tondeuses travaillent régulièrement et repassent forcément souvent aux mêmes endroits, notamment près de leur station ou aux extrémités des lignes de tonte. Une rotation sur place répétée finit parfois par marquer le gazon, voire créer de petites zones dégarnies.

Avec le LUBA 4, les roues roulent davantage qu’elles ne frottent. MAMMOTION ajoute à cela une conduite bidirectionnelle : grâce aux caméras situées à l’avant comme à l’arrière, le robot n’a même plus besoin de réaliser systématiquement un demi-tour pour repartir dans l’autre sens. Il peut simplement inverser son déplacement.

Sur une grande pelouse tondue plusieurs fois par semaine, cette évolution pourrait bien être beaucoup plus importante qu’elle n’en a l’air.

Quatre caméras, LiDAR et NetRTK : le LUBA regarde maintenant tout autour de lui

Autre grosse évolution : la perception de l’environnement.

MAMMOTION conserve son principe Tri-Fusion, mais le LUBA 4 AWD combine désormais trois technologies complémentaires : LiDAR 360°, NetRTK et quatre caméras grand-angle. Ces dernières surveillent l’avant, les côtés mais également l’arrière du robot.

C’est logique compte tenu de sa nouvelle capacité à travailler dans les deux sens : un robot qui recule réellement doit évidemment savoir ce qui se trouve derrière lui !

Mais l’intérêt va plus loin. Les trois systèmes ne sont pas simplement juxtaposés. Ils constituent une architecture redondante dans laquelle une technologie peut prendre le relais d’une autre. Le but est notamment de conserver une localisation précise lorsque les conditions deviennent difficiles, par exemple sous des arbres où la réception satellite peut être moins favorable. MAMMOTION annonce une précision de positionnement au centimètre.

Les quatre caméras servent également à la reconnaissance des obstacles. Selon MAMMOTION, le système est capable d’identifier plus de 300 types d’objets et de recalculer sa trajectoire en temps réel.

Sur le papier, on commence donc à avoir quelque chose de sacrément robuste : le satellite quand les conditions sont bonnes, le LiDAR pour reconstruire précisément l’environnement et la vision pour comprendre ce qui se passe autour du robot.

Et surtout… un vrai coupe-bordure !

Voilà probablement LA nouveauté que j’attends le plus de tester.

Car les constructeurs peuvent annoncer toutes les prouesses d’intelligence artificielle qu’ils veulent, si je dois encore ressortir le Rotofil derrière le robot, il reste du travail à faire ;-)

MAMMOTION installe donc sur le LUBA 4 AWD un module de coupe-bordure à l’arrière du robot.

Et j’ai pu le voir travailler directement sur le stand de Berlin. Le robot longeait une bordure, y compris dans une partie arrondie, tandis que le module déporté venait couper l’herbe beaucoup plus près de l’obstacle. La solution utilise ici un fil de coupe, sur le principe d’un coupe-bordure classique.

Son emplacement arrière me paraît particulièrement intéressant. Avec la conduite bidirectionnelle et les nouvelles roues directrices, MAMMOTION dispose théoriquement de pas mal de possibilités pour aller chercher l’herbe dans des endroits difficiles d’accès.

Reste évidemment à confronter tout ça à un vrai jardin. Une démonstration sur un salon et une bordure parfaitement définie, c’est une chose. Un massif avec des pierres, une clôture, des racines, des angles biscornus et de l’herbe humide en Sologne, c’en est une autre ! J’espère donc avoir l’occasion de mettre ce système à l’épreuve.

Une précision importante : le coupe-bordure sera un accessoire optionnel. Il faudra donc l’acheter en complément du robot.

Trois LUBA 4 AWD pour des terrains jusqu’à 12 000 m²

La famille sera déclinée en trois capacités : LUBA 4 AWD 3000F, 6000F et 12000F, correspondant respectivement à des surfaces pouvant atteindre 3 000, 6 000 et 12 000 m².

Les deux premiers restent assez proches dans leur architecture de coupe, avec deux disques offrant une largeur totale de 440 mm. Le gigantesque 12000F passe en revanche à trois disques, soit une largeur de coupe de 530 mm.

Et là, on commence franchement à sortir du jardin traditionnel. Avec 12 000 m² de capacité, soit 1,2 hectare, MAMMOTION vient déjà marcher sur les plates-bandes de certaines solutions semi-professionnelles.

Autre détail aperçu sur le stand et qui me plaît beaucoup : la batterie devient accessible à l’arrière du LUBA 4. Sur les prototypes exposés, un cache permettait d’accéder directement au bloc batterie. C’est une évolution toute bête, mais une batterie est une pièce d’usure et pouvoir la remplacer sans démonter la moitié de la machine est plutôt une bonne nouvelle.

Il faut toutefois garder en tête que les machines présentées à l’IFA préfigurent la gamme 2027. Certains détails peuvent donc encore évoluer avant les versions commerciales définitives, que nous découvrirons sans doute au CES en janvier.

Une recharge qui s’adapte au travail restant

MAMMOTION s’est aussi penché sur un point qui compte vraiment dès qu’on parle de plusieurs milliers de mètres carrés : le temps passé à la station.

Le LUBA 4 AWD dispose d’une recharge rapide de 210 W, mais surtout d’une recharge adaptative.

Plutôt que de revenir à la station et d’attendre systématiquement une recharge complète, le robot évalue la surface qu’il lui reste à tondre. S’il ne lui manque que quelques dizaines de mètres carrés, il recharge uniquement l’énergie nécessaire pour terminer son travail avant de repartir.

C’est exactement le genre d’intelligence qui me paraît utile. Pas besoin d’une fonction spectaculaire : gagner du temps en évitant une heure de charge inutile apporte un bénéfice très concret, surtout sur 6 000 ou 12 000 m².

Maston : là, on change carrément de catégorie

En passant sur la partie professionnelle du stand MAMMOTION, changement d’ambiance.

Le MAMMOTION Maston n’est clairement pas destiné à venir tondre les 800 m² derrière votre maison. On parle ici de parcs, golfs, terrains sportifs, campus, hôtels, domaines privés, exploitations agricoles ou encore sociétés spécialisées dans l’entretien des espaces verts.

MAMMOTION décline sa plateforme en Maston Rotary et Maston Flail, afin de répondre à des besoins assez différents.

Le premier privilégie la puissance et le rendement sur de grandes surfaces ou de la végétation plus difficile. Les informations présentées à l’IFA indiquaient trois moteurs de coupe de 500 W, une largeur de travail de 62 cm et une capacité annoncée pouvant atteindre 24 000 m² par jour.

Le Maston Flail vise davantage les surfaces exigeant une finition très précise, notamment les terrains sportifs et les golfs. Sa largeur de coupe atteint 68 cm et sa hauteur peut descendre jusqu’à 10 mm. La capacité annoncée atteint alors jusqu’à 40 000 m² par jour.

Quatre hectares en une journée : on comprend mieux pourquoi MAMMOTION parle ici de solution professionnelle.

Tri-Fusion 2.0 et transmission intégrale pour Maston

La technologie développée pour les robots domestiques se retrouve naturellement sur cette gamme professionnelle, mais avec quelques muscles supplémentaires.

Le système Tri-Fusion 2.0 associe un LiDAR 360°, trois caméras utilisant l’IA, le NetRTK et quatre capteurs ultrasoniques. Là encore, l’objectif est un positionnement au centimètre et une connaissance permanente de l’environnement autour de la machine.

Maston bénéficie également d’une transmission intégrale, d’une suspension indépendante et d’une direction avant permettant des manœuvres très serrées. La pente maximale annoncée atteint 70 %, soit environ 35°.

Une fonction de maintien en pente évite également que cette grosse machine reparte gentiment dans l’autre sens lorsqu’elle s’arrête. Sur ce type de robot, ce n’est pas exactement un luxe !

Une flotte de robots gérée depuis un seul écran

C’est probablement ici que Maston montre le mieux qu’il ne s’agit pas simplement d’un LUBA XXL.

J’ai pu voir sur le stand la plateforme MAMMOTION Fleet Management. Un gestionnaire peut retrouver ses différents sites, leurs zones de travail et les robots qui y sont affectés depuis une interface centralisée.

Il devient alors possible de contrôler leur localisation et leur progression, de surveiller leur batterie ou leur état de maintenance et même de déployer des mises à jour à distance sur une machine précise. La démonstration permettait par exemple de sélectionner un Maston puis de lancer directement sa mise à jour et d’en suivre l’avancement.

Plusieurs robots peuvent également collaborer sur une même grande zone. Le système peut les orienter vers la station de recharge disponible la plus proche, ce qui permet d’imaginer un parc entretenu presque continuellement par plusieurs machines.

Côté énergie, MAMMOTION utilise une plateforme 58 V avec batterie rapidement interchangeable et une station de recharge de 500 W. Les principaux composants sont également modulaires afin qu’un technicien puisse remplacer rapidement roues, capteurs, éléments de coupe ou batterie sur place plutôt que d’immobiliser complètement la machine.

Pour une entreprise dont chaque heure d’arrêt coûte de l’argent, ça change tout.

MAMMOTION ne veut plus simplement automatiser la tonte

Ce que je retiens surtout de cette visite à l’IFA, c’est le changement de maturité du marché.

Il y a encore quelques années, le défi consistait à supprimer le câble périphérique et à convaincre qu’un robot pouvait réellement retrouver son chemin tout seul. Aujourd’hui, cette bataille est pratiquement derrière nous sur les modèles haut de gamme.

Les nouveaux problèmes sont beaucoup plus subtils : éviter de marquer le gazon, continuer à se localiser sous les arbres, ne laisser aucune bande d’herbe contre un mur, diminuer les temps de recharge. Et, chez les professionnels, réussir à gérer dix robots aussi facilement qu’un seul.

Le LUBA 4 AWD répond précisément à plusieurs de ces questions. Et c’est finalement ce qui le rend intéressant. Les quatre caméras ou les roues directrices font évidemment une belle fiche technique, mais leur véritable intérêt est ailleurs : faire oublier un peu plus la présence du robot.

Quant au module coupe-bordure, j’attends vraiment de pouvoir le confronter à un terrain réel. Si MAMMOTION tient sa promesse et parvient réellement à supprimer le passage manuel derrière le robot, on aura franchi une étape supplémentaire vers une tonte vraiment autonome.

Maston montre pendant ce temps l’autre direction prise par le constructeur. Après dix ans d’existence, MAMMOTION ne veut manifestement plus se cantonner aux jardins des particuliers. La tonte robotisée des parcs, domaines et terrains sportifs pourrait bien devenir son prochain gros terrain de jeu.

Et vu la taille de certaines machines exposées à Berlin, « gros » est plutôt bien choisi !

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