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Navimow avait déjà abattu une bonne partie de ses cartes en début d’année. J’avais assisté à la présentation de sa gamme 2026 à Paris, avant de pouvoir tester cet été deux modèles assez différents : le gros X4 destiné aux grands terrains et le beaucoup plus compact i2 AWD. Je pensais donc avoir une assez bonne idée de ce que Navimow allait montrer à l’IFA de Berlin.
Eh bien, il restait une surprise. Lors de la conférence à laquelle j’ai assisté ici à Berlin, Navimow a dévoilé pour la première fois le H5 Pro. Et il y a un détail qu’on remarque immédiatement : cette drôle de mécanique qui dépasse sur son côté. Son nom est EdgeMaestro. Il s’agit d’un bras articulé capable de déporter le disque de coupe pour aller chercher l’herbe au plus près des bordures.

Sur le papier, ça paraît presque anecdotique. Après tout, on parle de quelques centimètres d’herbe. Mais quand on utilise réellement un robot tondeuse, on sait que ces quelques centimètres sont justement ceux qui vous obligent à ressortir le coupe-bordures. Et là, forcément, le H5 Pro devient beaucoup plus intéressant.
Navimow a parcouru beaucoup de chemin en cinq ans
La conférence berlinoise a commencé par quelques chiffres. Navimow est né en 2021 et n’avait vendu que 3 000 robots durant sa première année. L’année dernière, la marque en a écoulé 300 000. Et en avril 2026, elle a franchi le cap du million de robots produits.
Derrière ces chiffres, il y a surtout une évolution que j’ai pu suivre ces dernières années : la disparition progressive des contraintes d’installation.
Les premiers robots tondeuses demandaient un câble périphérique qu’il fallait enterrer tout autour du jardin. Puis le RTK est arrivé, avec son antenne à installer correctement. Aujourd’hui, Navimow mélange RTK, caméras et LiDAR, avec une idée en tête : arriver à un robot qu’on pose dans le jardin et qui se débrouille presque tout seul.
C’est déjà ce que j’avais constaté avec la gamme 2026.

Le X4 m’avait surtout marqué par sa motricité. Malgré son gabarit imposant, ses quatre roues motrices et directrices lui donnent une agilité assez étonnante. Le i2 AWD joue dans une autre catégorie, mais l’ajout d’une troisième roue motrice change complètement son comportement dès que le terrain se complique.
Le H5 Pro récupère plusieurs de ces acquis. Mais Navimow s’est visiblement demandé ce qu’il restait encore à automatiser.
Réponse : les finitions.
EdgeMaestro va chercher l’herbe que les autres robots laissent derrière eux
Le problème est tout bête. Les lames d’un robot tondeuse sont placées sous son châssis, en retrait des bords pour des raisons de sécurité. Le robot peut donc suivre sa limite virtuelle avec une précision remarquable, il laissera malgré tout une bande d’herbe derrière lui.
Sur une terrasse ou une allée située exactement au niveau de la pelouse, ce n’est généralement pas gênant. Le robot peut faire dépasser une partie de son châssis et couper correctement.
Avec un mur, une bordure haute ou certains massifs, c’est une autre histoire.
Navimow a choisi une solution assez étonnante : faire sortir le disque de coupe du robot.

Le système EdgeMaestro peut déporter le plateau de coupe de 7,7 cm sur le côté. C’est donc le disque principal qui vient chercher l’herbe en bordure, avec la même hauteur de coupe que sur le reste de la pelouse.

J’avoue que c’est le genre de mécanique que j’aime bien voir apparaître sur un produit. C’est beaucoup plus parlant qu’une nouvelle version d’un algorithme dont on peine parfois à mesurer les effets. Ici, on voit immédiatement à quoi ça sert.

Et le mécanisme est plus travaillé qu’il n’en a l’air. Le bras peut accompagner les différences de hauteur du terrain. S’il rencontre un obstacle latéralement, il peut se rétracter. On trouve également deux petites roues de guidage ainsi qu’une sorte de râteau chargé de ramener l’herbe vers les lames.
Navimow annonce un niveau sonore pouvant descendre jusqu’à 58 dB(A) pendant ce travail de finition.
Reste une question que la démonstration sur un salon ne peut évidemment pas trancher : comment tout ce petit monde va-t-il vieillir après des mois passés dans l’herbe, la poussière, la terre et l’humidité ?
C’est typiquement le point que j’aurais envie de surveiller sur un test longue durée.
Le robot doit savoir quand sortir son bras
Un disque équipé de lames qui se déporte sur le côté demande évidemment quelques précautions.
Navimow utilise pour cela EdgeSense 2.0. Le robot analyse la limite qu’il longe et adapte le comportement d’EdgeMaestro. Une bordure de terrasse, le contour d’un massif et une limite plus irrégulière ne sont pas traités exactement de la même manière. Le robot doit déterminer jusqu’où il peut aller avant de déployer son disque. C’est sans doute là que se jouera une bonne partie de l’intérêt du système.

Une bordure parfaitement droite sur une pelouse de démonstration, c’est facile. Dans mon jardin, entre les racines, les massifs, les bordures qui ont travaillé avec le temps et les endroits où l’herbe pousse absolument là où on ne lui a rien demandé, le défi est déjà plus amusant !

Si EdgeMaestro fonctionne aussi bien dans ces conditions, alors oui, le coupe-bordures risque de prendre la poussière.
Quatre roues motrices et jusqu’à 80 % de pente
Pour le reste, on retrouve une architecture qui rappelle beaucoup ce que Navimow a développé avec le X4.
Le H5 Pro utilise une transmission Xero-Turn AWD, avec quatre roues entraînées indépendamment. Le robot peut pivoter sur place ou adopter une trajectoire plus progressive suivant la situation.

Ayant utilisé le X4, je vois très bien l’intérêt.
Un robot lourd qui pivote bêtement sur ses roues peut rapidement marquer une pelouse, surtout lorsque le terrain est humide. Le X4 m’avait justement surpris par la propreté de ses manœuvres malgré son gabarit. Navimow reprend ici la même philosophie.
Le constructeur annonce une capacité à travailler sur des pentes atteignant 80 %, soit 38,6°, ainsi que le franchissement d’obstacles allant jusqu’à 6 cm.
Les roues arrière sont également suspendues afin de conserver au maximum leur contact avec le sol.
Les chiffres sont impressionnants, mais je me méfie toujours un peu des pourcentages de pente annoncés pour les robots tondeuses. Une pente régulière et sèche n’a rien à voir avec la même pente couverte d’herbe humide, avec quelques trous et racines au passage. Là encore, seul un essai sur un vrai terrain permettra de voir jusqu’où on peut réellement pousser le H5 Pro.
RTK, LiDAR et caméras : le H5 Pro ne choisit plus entre les technologies
La navigation repose sur le système EFLS Tri-Fusion déjà mis en avant par Navimow sur sa génération 2026. Il associe le NRTK, le LiDAR et la vision.

L’intérêt est assez facile à comprendre. Le RTK fonctionne très bien lorsque les conditions de réception satellite sont bonnes. Approchez-vous d’une maison ou passez sous des arbres et les choses peuvent se compliquer. Le LiDAR et les caméras apportent alors d’autres points de repère.
Les technologies se complètent au lieu de dépendre d’un seul système de positionnement.
C’est une évolution que j’apprécie beaucoup sur les robots récents. Pendant longtemps, choisir un robot sans fil revenait presque à choisir son camp : RTK ou caméra, puis RTK ou LiDAR. La tendance actuelle consiste plutôt à mettre plusieurs sens à disposition du robot et à le laisser utiliser celui qui convient le mieux à la situation.
Et le H5 Pro ajoute encore un sens supplémentaire. Il voit désormais la chaleur.
Une caméra thermique pour repérer les hérissons
C’est l’autre partie de la présentation qui m’a particulièrement intéressé à Berlin.
Le système VisionFence 360° associe des caméras classiques à une caméra thermique. Navimow annonce la reconnaissance de plus de 300 types d’obstacles et, dans certaines conditions, d’objets mesurant environ 1 cm.
La caméra thermique vise surtout les animaux. Le cas du hérisson est bien connu. Face à un danger, il a tendance à se mettre en boule plutôt qu’à prendre la fuite. Face à un renard, pourquoi pas. Face aux lames d’un robot tondeuse, la technique est nettement moins efficace.

Le problème se pose surtout le soir et la nuit, lorsque les hérissons sont actifs et que les caméras classiques du robot disposent de moins de lumière. La caméra thermique apporte ici une information complètement différente. Elle cherche une source de chaleur. Lorsqu’un animal est repéré, le H5 Pro arrête la coupe et modifie sa trajectoire.
Sur ce point, je préfère rester prudent tant que je n’ai pas vu le système fonctionner dans différentes situations. Reconnaître un hérisson dans une démonstration contrôlée et le repérer au milieu d’herbes hautes, de feuilles et de branches n’est pas tout à fait le même exercice. Navimow semble d’ailleurs avoir conscience qu’un algorithme ne se valide pas uniquement en laboratoire.
Navimow va travailler avec une association qui recueille des hérissons
La marque a annoncé à Berlin un partenariat d’un an avec l’association allemande Igelhilfe Schulzendorf e.V., qui recueille et soigne des hérissons.
Et j’ai apprécié le discours de sa représentante pendant la conférence.
Elle a expliqué avoir accueilli Navimow avec une certaine méfiance au départ. Je trouve la réaction plutôt rassurante. Une association confrontée à des animaux réellement blessés n’a pas forcément envie d’applaudir immédiatement lorsqu’un fabricant de robots tondeuses arrive avec une promesse technologique.
Elle va justement participer à l’évaluation de la détection animale du H5 Pro. Les retours du terrain pourront ensuite servir à améliorer le système.
L’association a également rappelé quelque chose qu’on oublie facilement lorsqu’on parle de jardin connecté : la meilleure façon d’aider la petite faune reste parfois de… ne rien faire. Laisser une zone avec de l’herbe plus haute, quelques feuilles et des endroits où les animaux peuvent se cacher est excellent pour la biodiversité.
Tous les problèmes n’ont pas besoin d’un LiDAR et d’une intelligence artificielle pour être résolus :)
Le H5 Pro arrive au sommet d’une gamme Navimow déjà très complète
Je ne vais pas refaire ici toute la présentation de la gamme 2026. Je l’avais détaillée lors de son annonce et j’ai depuis eu l’occasion de tester le X4 et le i2 AWD.
L’IFA apporte finalement quelque chose de plus intéressant qu’un simple renouvellement de catalogue. Le H5 Pro montre où Navimow veut aller.
La navigation sans câble périphérique est maintenant acquise. La cartographie devient de plus en plus simple. Les problèmes de motricité sont attaqués avec des systèmes AWD. Les robots apprennent à reconnaître toujours plus d’obstacles.
Il restait ces fichues bordures. Et c’est probablement pour cette raison qu’EdgeMaestro est la nouveauté que je retiens de cette conférence.
Maintenant, j’ai surtout envie de mettre EdgeMaestro à l’épreuve
Quand j’ai commencé à tester des robots tondeuses il y a des années, le simple fait de ne plus avoir à pousser une tondeuse était déjà assez magique. En contrepartie, il fallait passer un câble autour de tout le jardin, gérer les îlots, installer une base correctement et accepter quelques zones où le robot se débrouillait moins bien.
Les modèles que je teste aujourd’hui n’ont plus grand-chose à voir. Avec le X4 et le i2 AWD, j’ai déjà pu constater les progrès réalisés sur la navigation et surtout sur la motricité. Le H5 Pro s’attaque maintenant à une corvée qui résistait encore : reprendre manuellement les bordures après le passage du robot.
Sur le stand de l’IFA, EdgeMaestro est forcément séduisant. Le bras sort, longe proprement la limite et rentre dans le robot. Propre, net, efficace.
Mais mon jardin n’est pas un stand de l’IFA. Il y a des racines, des trous, des bordures pas toujours droites, des massifs, des mauvaises herbes et probablement deux ou trois obstacles dont j’ai moi-même oublié l’existence. Bref, exactement ce qu’il faut pour voir si EdgeMaestro est une bonne idée sur une fiche technique… ou une fonction dont on ne voudra plus se passer après l’avoir essayée.
Après avoir testé le X4 et le i2 AWD cet été, vous vous doutez probablement de la suite : j’aimerais beaucoup faire subir le même traitement à ce H5 Pro. Et surtout voir si je peux enfin ranger définitivement le coupe-bordures. On en reparlera donc l’année prochaine !






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