UGREEN NASync DXP4800 Pro : j’ai testé ce NAS 4 baies qui veut faire oublier les ténors du marché

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Il y a encore quelques années, choisir un NAS domestique revenait assez vite à hésiter entre deux ou trois marques bien installées. UGREEN est arrivé beaucoup plus tard sur ce marché, mais visiblement avec une certaine envie de bousculer la table. Après une première génération NASync déjà très intéressante, le constructeur monte encore d’un cran avec le UGREEN NASync DXP4800 Pro.
Et le mot « Pro » n’est pas collé sur la façade pour faire joli. On trouve ici quatre baies SATA, deux emplacements SSD NVMe et un processeur Intel Core i3 de 13e génération épaulé par de la DDR5. Côté réseau, il y a du 10 GbE et du 2,5 GbE. Et pour le reste : une sortie HDMI, un lecteur SD, de nombreux ports USB, Docker, de la virtualisation et même des fonctions d’intelligence artificielle exécutées localement. Autrement dit, appeler le DXP4800 Pro une simple « boîte dans laquelle mettre quatre disques durs » serait passer complètement à côté du produit.
Un NAS reste bien entendu un excellent moyen de reprendre le contrôle de ses photos, vidéos, documents et sauvegardes au lieu d’empiler les abonnements iCloud, Google One ou Dropbox. Mais avec une machine de ce calibre, on peut aussi héberger Home Assistant, lancer des dizaines de conteneurs Docker, créer des machines virtuelles, gérer une médiathèque Jellyfin, centraliser des caméras de surveillance ou monter son propre cloud. C’est justement ce qui rend ce modèle particulièrement intéressant pour nous !
Déballage du UGREEN DXP4800 Pro : du NAS qui inspire confiance
UGREEN maîtrise depuis longtemps la conception d’accessoires informatiques plutôt haut de gamme, et cela se ressent immédiatement au déballage.

Le NAS est particulièrement bien protégé durant le transport et arrive accompagné de son alimentation externe de 150 W, de câbles Ethernet, de deux petites clés permettant de verrouiller les tiroirs, d’un tournevis, de vis destinées notamment aux périphériques 2,5 pouces ainsi que des éléments thermiques nécessaires aux SSD NVMe.

Le premier contact avec la machine est plutôt flatteur.
UGREEN a abandonné l’approche très plastique que l’on rencontre encore sur beaucoup de NAS au profit d’un châssis métallique aux dimensions de 257 x 178 x 178 mm.

L’ensemble est dense et inspire confiance. Ce métal n’est d’ailleurs pas là uniquement pour flatter l’œil : le châssis participe aussi à la dissipation thermique, notamment pour les SSD NVMe installés sous l’appareil.

Le DXP4800 Pro reprend largement le dessin du DXP4800 Plus. Les quatre tiroirs occupent naturellement la majeure partie de la façade. Ils sont numérotés et chacun dispose d’un petit verrou.
Soyons clairs : il ne s’agit évidemment pas d’un système antivol. En revanche, dans un bureau, une baie technique accessible ou tout simplement une maison avec des enfants curieux, cela évite qu’un disque soit retiré accidentellement en pleine utilisation.
Sous les baies se trouvent le bouton d’alimentation et les différents voyants indiquant notamment l’état des disques et du réseau.
UGREEN a également eu l’excellente idée de placer les connecteurs les plus utiles au quotidien directement sur la façade.

On dispose ainsi d’un lecteur de cartes SD 3.0, particulièrement appréciable pour un photographe ou un vidéaste souhaitant décharger rapidement une carte mémoire, ainsi que d’un port USB-C 10 Gbit/s et d’un port USB-A 10 Gbit/s.
Vous revenez par exemple d’un week-end avec plusieurs dizaines de gigaoctets de photos ? Pas besoin d’allumer le PC, de brancher un lecteur de cartes puis de recopier les fichiers sur un partage réseau : la carte SD peut directement rejoindre le NAS. C’est tout bête, mais une fois qu’on y a goûté…
Une connectique particulièrement généreuse
La face arrière confirme que le DXP4800 Pro vise clairement plus haut que le simple NAS familial d’entrée de gamme.
On y retrouve un port USB-A à 5 Gbit/s et deux ports USB-A 2.0, parfaitement adaptés à des périphériques peu gourmands en bande passante. Un onduleur USB, par exemple, n’a absolument pas besoin d’un port 10 Gbit/s.

Une sortie HDMI permet également de relier directement le NAS à un téléviseur ou à un moniteur. UGREEN annonce une sortie jusqu’en 4K. Le DXP4800 Pro peut donc devenir une machine multimédia autonome, les contenus étant décodés directement par le NAS avant d’être envoyés vers l’écran.
Mais ce sont surtout les deux prises Ethernet qui attirent l’attention. UGREEN propose simultanément un port 2,5 GbE et un port 10 GbE. Et pas besoin ici d’agréger plusieurs interfaces pour atteindre 10 Gbit/s : une véritable interface 10 GbE est disponible nativement !
C’est une excellente nouvelle pour les créateurs de contenu manipulant régulièrement des vidéos de plusieurs dizaines de gigaoctets, mais aussi pour qui souhaite conserver son NAS de nombreuses années.
Un réseau domestique classique en Gigabit continuera évidemment de fonctionner. Le NAS sera simplement limité aux environs de 110 à 120 Mo/s, ce qui correspond pratiquement à la limite physique du Gigabit Ethernet.
Dans une installation domestique classique, j’ai ainsi pu mesurer environ 110 Mo/s en lecture comme en écriture. À ce niveau, ce n’est plus le NAS qui attend le réseau, c’est le réseau qui tente de le suivre.
Avec un switch 2,5 GbE, désormais beaucoup plus abordable, on peut déjà multiplier ces performances par plus de deux. Et si toute la chaîne passe en 10 GbE, le DXP4800 Pro peut réellement se dégourdir les jambes. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait chez moi, grâce à un switch Unifi supportant le 10 GbE, permettant au NAS et à mon PC de profiter de la meilleure vitesse possible sur le réseau.





À l’arrière se trouve également le grand système de ventilation.

Un filtre magnétique anti-poussière peut être retiré en quelques secondes pour être nettoyé.

Un détail que j’apprécie beaucoup sur un appareil destiné à tourner 24h/24 : dans quelques années, un coup d’aspirateur sur un filtre amovible sera beaucoup plus agréable qu’un démontage complet du NAS.
Quatre disques SATA et deux SSD NVMe : jusqu’à 144 To
Le DXP4800 Pro dispose de quatre baies SATA acceptant les disques durs 3,5 pouces ainsi que les disques ou SSD 2,5 pouces.
L’installation d’un disque 3,5 pouces est totalement dépourvue d’outil. Il suffit de sortir le tiroir, de déverrouiller son système de maintien, de placer le disque et de refermer le tout. Quelques secondes suffisent.

Pour les périphériques 2,5 pouces, des vis sont nécessaires, mais UGREEN fournit justement la visserie et le tournevis.
Comme toujours avec un NAS, je recommande vivement d’utiliser des disques spécifiquement conçus pour cet usage, par exemple les gammes Seagate IronWolf ou Western Digital Red. Un NAS fonctionne potentiellement 24 heures sur 24 avec plusieurs disques installés très proches les uns des autres : les contraintes de vibration et d’endurance sont différentes de celles d’un disque installé dans un PC utilisé quelques heures par jour.
La fiche technique actuelle d’UGREEN annonce une capacité maximale de 144 To, correspondant à quatre disques SATA de 32 To auxquels peuvent s’ajouter deux SSD NVMe de 8 To.
Ces SSD prennent place dans deux emplacements M.2 accessibles derrière une trappe située sous le NAS.

Ils peuvent être exploités de différentes façons.
La première consiste à les utiliser comme cache pour accélérer certains accès aux disques mécaniques. Mais attention à une idée reçue : installer un SSD cache ne rend pas magiquement tous les transferts plus rapides.
Sur de gros transferts séquentiels, le cache peut même ajouter un traitement supplémentaire et réduire les débits en écriture. Son intérêt apparaît beaucoup plus clairement avec les petits blocs et les accès aléatoires, où les performances en IOPS progressent énormément.
En pratique, pour un simple serveur de sauvegarde recevant essentiellement de gros fichiers, mieux vaut donc parfois conserver son argent.
À l’inverse, si vous utilisez des bases de données, beaucoup de conteneurs Docker, de la virtualisation ou des milliers de petits fichiers, les SSD prennent tout leur sens.
Une autre stratégie, et sans doute ma préférée avec ce type de machine, consiste à transformer les NVMe en volume SSD à part entière. On peut alors réserver les quatre gros disques mécaniques aux données volumineuses et installer les applications, conteneurs et machines virtuelles sur les SSD. On obtient le meilleur des deux mondes : beaucoup d’espace d’un côté, énormément de réactivité de l’autre.
Sous le capot, un vrai PC
Le DXP4800 Pro embarque un Intel Core i3-1315U de 13e génération, une puce x86 équipée de six cœurs et huit threads pouvant atteindre 4,5 GHz. Nous ne sommes clairement plus dans le petit processeur ARM tout juste capable de servir quelques fichiers sur le réseau.
Le DXP4800 Plus utilisait un Pentium Gold 8505 à cinq cœurs et six threads. Cette version Pro gagne donc en puissance de calcul, mais aussi en marge lorsqu’il faut exécuter simultanément plusieurs services, une machine virtuelle, une indexation de photos et du transcodage vidéo.
L’autre intérêt de cette puce Intel est son circuit graphique intégré et la prise en charge de l’accélération vidéo matérielle. Pour Jellyfin et les autres solutions multimédias capables d’exploiter Intel Quick Sync, c’est une sacrée différence.
Des tests réalisés avec des contenus HEVC 4K, et même 8K, montrent que le transcodage matériel reste très léger pour le processeur.
Le DXP4800 Pro est livré avec 8 Go de DDR5.

C’est suffisant pour commencer, et largement assez pour du stockage classique, de la photo, du multimédia et quelques conteneurs. Mais sur une machine baptisée « Pro » et pensée pour la virtualisation, j’aurais franchement préféré trouver 16 Go directement dans la boîte.
Heureusement, deux emplacements SODIMM permettent d’étendre la mémoire jusqu’à 96 Go.
À 32 Go ou davantage, on obtient une vraie petite plateforme serveur, capable de faire tourner plusieurs machines virtuelles tout en conservant de la marge pour les services NAS. Bon au vu du prix de la Ram actuelle, il faudra en revanche sortir le porte monnaie :/
Enfin, le système UGOS Pro possède son propre SSD système de 128 Go. Il ne vient donc pas occuper une partie des disques de stockage ni l’un des deux emplacements M.2 destinés à l’utilisateur. Ce choix présente également un intérêt pour les plus aventureux : le matériel x86 et l’accès au BIOS permettent d’envisager l’installation de systèmes alternatifs comme TrueNAS ou Unraid. Le DXP4800 Pro est donc beaucoup moins verrouillé qu’un certain nombre d’appliances concurrentes.
Configuration initiale : UGREEN soigne les débutants
Un NAS peut avoir la meilleure fiche technique du monde : s’il faut trois heures et quinze recherches Google pour créer son premier dossier partagé, il restera dans un marché de niche. UGREEN l’a bien compris.
Une fois les disques installés, il suffit de connecter le NAS au réseau, de l’allumer puis de passer par l’application UGREEN NAS ou l’interface accessible depuis un navigateur.

Le DXP4800 Pro est automatiquement détecté lorsqu’il se trouve sur le même réseau. L’assistant demande alors de nommer le NAS, de créer le compte administrateur, de définir le mot de passe puis de choisir la stratégie de mises à jour.

L’interface de UGOS Pro apparaît ensuite sous la forme d’un véritable petit bureau.
L’ensemble est moderne et plutôt intuitif. Quand on connait macOS, on retrouve d’ailleurs une organisation très familière : bureau, panneau de configuration, explorateur de fichiers et centre d’applications. On trouve rapidement ses marques.

Il faut néanmoins commencer par le plus important : créer le stockage.
RAID 5 : probablement le choix le plus logique avec quatre disques
UGOS Pro prend en charge JBOD, Basic ainsi que les RAID 0, 1, 5, 6 et 10.
Avec quatre disques identiques, le RAID 5 constitue pour beaucoup d’utilisateurs le meilleur compromis entre capacité, performances et tolérance de panne.
Prenons par exemple quatre disques de 8 To.:
- En RAID 0, vous disposez d’environ 32 To bruts et de très bonnes performances, mais la panne d’un seul disque détruit l’ensemble du volume.
- En RAID 10, la moitié de la capacité est sacrifiée pour obtenir redondance et performances : environ 16 To restent exploitables.
- Avec un RAID 5, la capacité équivalente d’un disque est consacrée à la parité. On dispose donc d’environ 24 To bruts exploitables, et n’importe lequel des quatre disques peut tomber en panne sans entraîner immédiatement la perte des données.
Attention toutefois à un classique qui mérite toujours d’être répété : le RAID n’est pas une sauvegarde.
Il protège de la panne d’un disque. Il ne protège ni d’une suppression accidentelle, ni d’un ransomware, ni d’une surtension détruisant tout le NAS, ni d’un incendie ou d’un vol.
Pour des fichiers irremplaçables, une deuxième copie doit exister ailleurs. Idéalement selon la fameuse règle 3-2-1 : trois copies, sur deux supports différents, dont une hors du domicile.

UGOS Pro propose aussi EXT4 et Btrfs. Btrfs est particulièrement intéressant dès lors que l’on souhaite exploiter les instantanés et la protection contre certaines corruptions silencieuses. Pour un NAS familial ou professionnel où la priorité est donnée à la protection des données et à la possibilité de revenir à une version antérieure, c’est généralement le choix que je privilégierais.

UGOS Pro : beaucoup de progrès en peu de temps
Le matériel n’était finalement pas le plus gros défi d’UGREEN. Fabriquer un excellent boîtier autour d’un processeur Intel, de contrôleurs SATA et de cartes réseau est une chose. Construire un système aussi mature que DSM chez Synology, développé depuis plus de vingt ans, en est une autre.
Et c’est probablement ici que le DXP4800 Pro doit être évalué avec le plus de nuance.
UGOS Pro repose sur Linux et propose désormais tout ce que l’on attend des fonctions essentielles d’un NAS : gestion des utilisateurs et groupes, droits d’accès, dossiers partagés, SMB, NFS, FTP, sauvegardes, synchronisation, snapshots, stockage externe, accès distant, surveillance du système, etc.
Les applications sont regroupées dans un App Center.

On y retrouve notamment des outils pour les photos, la musique, les vidéos, les téléchargements, les sauvegardes et la synchronisation, mais aussi des fonctions nettement plus intéressantes pour les utilisateurs avancés.
Docker et la virtualisation sont ainsi directement pris en charge. Et à partir de là, le catalogue relativement plus modeste d’UGREEN devient beaucoup moins gênant. Une application n’existe pas nativement ? Dans énormément de cas, il suffit de la lancer dans un conteneur Docker.
Jellyfin, Nextcloud, Immich, MQTT, AdGuard Home, Node-RED, des bases de données, des outils de monitoring… la liste des possibles est longue.
L’écosystème natif UGOS Pro reste toutefois moins riche et moins mature que DSM chez Synology ou QTS chez QNAP. La gestion de la sécurité intégrée est également encore perfectible : les outils proposés se concentrent notamment sur la détection de logiciels malveillants sans atteindre encore la profondeur de certains audits de configuration disponibles ailleurs.

UGREEN progresse vite, mais l’avantage logiciel accumulé par ses concurrents historiques ne disparaît pas en deux générations de NAS.
Un excellent serveur multimédia
Avec quatre grosses baies de stockage, une interface 10 GbE et le processeur Intel, le DXP4800 Pro se prête naturellement très bien au multimédia.

L’application maison permet déjà d’organiser une vidéothèque, mais Jellyfin est évidemment une solution particulièrement intéressante.
Le Core i3-1315U prend en charge l’accélération matérielle Intel Quick Sync, ce qui permet de transcoder une vidéo lorsqu’un client ne sait pas lire directement son codec ou lorsque la bande passante disponible est insuffisante.
Mes essais ont montré que des vidéos HEVC 4K à fort débit sont transcodées sans faire grimper fortement la charge CPU. La plateforme possède même suffisamment de marge pour travailler avec des contenus 8K et plusieurs flux simultanés dans certaines configurations. Pour une maison équipée de plusieurs téléviseurs, smartphones et tablettes, le DXP4800 Pro peut donc devenir le point central de toute la vidéothèque familiale.
La présence du HDMI apporte une autre possibilité : installer le NAS près du téléviseur et lui confier directement la lecture.
Le smartphone peut alors servir de télécommande pour lancer le contenu sur l’écran relié au NAS.
Photos : l’intelligence artificielle tourne chez vous
L’application Photos est probablement l’un des meilleurs exemples de ce qu’UGREEN cherche à faire avec son nouveau positionnement autour de l’intelligence artificielle.

Une fois les modules correspondants installés, le NAS analyse localement la photothèque pour reconnaître les visages, identifier certains objets, effectuer des recherches sémantiques, exploiter du texte présent dans les images et repérer les doublons.
Durant mes essais, une recherche sur « voiture » retrouve correctement des clichés contenant des véhicules. La reconnaissance des personnes permet également de regrouper automatiquement plusieurs photographies d’un même individu.

L’intérêt n’est pas seulement pratique. Cette analyse est effectuée localement sur le NAS. Vos photos de famille n’ont donc pas besoin d’être envoyées vers un service externe simplement pour qu’un algorithme vous permette de retrouver toutes celles où apparaît votre chien, une voiture ou une personne précise.

C’est le genre d’usage où un NAS moderne devient beaucoup plus qu’un simple espace disque.
Pour aller plus loin, on peut même faire fonctionner localement de petits modèles de langage tels que Qwen2.5 3B ou Gemma2 2B via Ollama. Il ne faut évidemment pas imaginer transformer le Core i3 en serveur de modèles géants, mais pour expérimenter avec de petites IA locales, le potentiel existe réellement.
Avec seulement 8 Go de mémoire d’origine, on atteint toutefois rapidement une limite. Encore une raison de prévoir 16 ou 32 Go si l’IA et la virtualisation font partie du programme.
Home Assistant sur le NAS : là, ça devient très intéressant !
Pour nous, c’est évidemment la partie qui nous intéresse le plus.
Un NAS reste allumé en permanence, dispose d’un stockage redondant, d’un processeur suffisamment performant et d’une alimentation que l’on peut facilement sécuriser par onduleur. Pourquoi ne pas également lui confier Home Assistant ?
Le DXP4800 Pro permet deux approches.
La première consiste à utiliser Docker. C’est très rapide et largement suffisant pour Home Assistant Container. Ca s’installe en un clic depuis le centre des applications.

La seconde, plus complète, consiste à lancer Home Assistant OS dans une machine virtuelle.
UGOS Pro dispose justement d’un gestionnaire de machines virtuelles basé sur KVM. L’image Home Assistant au format QCOW2 peut être importée directement.
Dans un scénario typique, on peut allouer deux cœurs du Core i3 et 4 Go de mémoire vive à Home Assistant. La VM utilise un réseau en mode Bridge afin d’obtenir sa propre adresse IP sur le réseau local. Il est même possible d’affecter des périphériques USB à la VM, par exemple un coordinateur Zigbee ou Z-Wave.
Le résultat est extrêmement séduisant. Home Assistant se comporte comme s’il disposait de sa propre petite machine, tout en profitant de la disponibilité permanente du NAS.
Et le gestionnaire de virtualisation propose également des instantanés de VM. Vous prévoyez une grosse mise à jour Home Assistant ou une manipulation particulièrement aventureuse ? On arrête quelques secondes la VM, on prend un instantané, puis on la redémarre. Si tout part en vrille, quelques clics permettent de revenir à l’état précédent.
Ce n’est évidemment pas une raison pour abandonner les sauvegardes natives de Home Assistant, mais c’est un formidable filet de sécurité supplémentaire.
Pour aller encore plus loin, on peut créer un utilisateur spécifique pour Home Assistant, lui attribuer uniquement les droits sur un dossier de sauvegarde puis activer SMB. Les sauvegardes Home Assistant peuvent ainsi être stockées directement sur le volume RAID du NAS.
NAS, stockage, Docker, Home Assistant, MQTT, Node-RED, vidéosurveillance… une seule machine peut commencer à remplacer une belle collection de Raspberry Pi et de mini-PC !
Le DXP4800 Pro peut aussi devenir un NVR
Autre utilisation très pertinente dans une maison connectée : la vidéosurveillance.
UGOS Pro possède une application de surveillance capable de centraliser des caméras compatibles avec les standards courants tels que RTSP ou ONVIF.
Les enregistrements sont alors conservés directement sur les disques du NAS. Cela peut éviter de multiplier les abonnements cloud payants de différentes marques de caméras, tout en gardant les enregistrements à domicile. Avec plusieurs dizaines de téraoctets disponibles, on peut évidemment conserver beaucoup plus d’historique qu’avec une simple carte microSD.
Mieux, le système d’IA permet également d’activer une reconnaissance de personnes, de véhicules, animaux, etc. mais également une reconnaissance faciale. Tout cela en local !

Pour les utilisateurs plus avancés, Docker ouvre encore davantage de possibilités : Frigate, par exemple, peut devenir une piste intéressante à étudier selon le matériel d’accélération disponible et les besoins de détection.
On commence à comprendre pourquoi le Core i3 prend ici tout son sens.
Les performances : le réseau peut devenir le maillon faible
Sur un réseau Gigabit, le verdict est simple : le DXP4800 Pro atteint pratiquement la limite du réseau. Autour de 110 à 120 Mo/s, rien de surprenant.
En 2,5 GbE, on peut dépasser les 200 Mo/s avec une configuration de stockage suffisamment rapide.
Mais c’est évidemment en 10 GbE que le NAS devient réellement intéressant.
Mes mesures obtenues avec quatre disques en RAID 5 montrent typiquement 450 à 500 Mo/s en lecture et 300 à 350 Mo/s en écriture. Avec du stockage NVMe, on peut même observer des transferts compris aux alentours de 660 à 680 Mo/s.
Le 10 GbE n’est pas là pour décorer la fiche technique. Si vous montez des vidéos directement depuis le NAS, déplacez régulièrement plusieurs centaines de gigaoctets ou utilisez un volume SSD NVMe, il peut faire une énorme différence.
Un fichier de 100 Go représente presque quinze minutes à 115 Mo/s. À 700 Mo/s, on tombe à environ deux minutes et demie. Quand ce genre de transfert a lieu plusieurs fois par jour, le réseau 10 GbE cesse rapidement d’être un luxe.
Silence, températures et consommation
Un NAS tourne souvent jour et nuit. Trois critères prennent donc rapidement de l’importance : le bruit, la température et la consommation électrique.
Sur les deux premiers, le DXP4800 Pro s’en tire plutôt bien.
Le gros ventilateur arrière tourne doucement lorsque le système n’est pas fortement sollicité et reste généralement discret. À faible charge, ce sont souvent les disques mécaniques eux-mêmes qui deviennent plus audibles que le refroidissement. La ventilation accélère évidemment sous forte charge.
Le châssis métallique aide également à répartir la chaleur et les SSD NVMe profitent de pads thermiques épais venant transmettre leur chaleur à la plaque métallique située sous l’appareil. Mes mesures réalisées lors de tests prolongés indiquent des températures maîtrisées, malgré un espace assez faible entre le dessous du NAS et le meuble. J’aurais d’ailleurs apprécié des pieds légèrement plus hauts. Cela aurait favorisé la circulation de l’air sous le châssis et limité encore davantage la transmission des vibrations.
Côté consommation, les valeurs changent naturellement énormément selon les disques installés et la charge. UGREEN annonce 18,12 W lorsque les disques sont en hibernation et 42,36 W lors de l’accès aux disques. Dans mes différents essais équipés de plusieurs HDD et SSD, on rencontre plutôt environ 26 à 28 W à faible activité et 40 à 60 W dans les usages courants. Une charge particulièrement lourde cumulant CPU, disques, SSD et réseau peut monter bien davantage.
Ce n’est donc pas le NAS le plus économe du marché. Mais il faut remettre cette consommation en perspective avec les fonctions remplies. S’il remplace simultanément un NAS basique, un mini-PC Home Assistant, un serveur Docker et éventuellement un petit serveur multimédia, le bilan devient beaucoup plus intéressant.
Le véritable point faible reste UGOS Pro… mais l’écart se réduit vite
Le DXP4800 Pro est matériellement impressionnant pour son segment. Le reproche le plus évident ne concerne donc pas le boîtier.
UGOS Pro progresse rapidement et propose déjà une expérience étonnamment accessible. Mais face à DSM de Synology et son immense écosystème construit au fil des années, UGREEN part forcément avec un retard.
Certaines fonctions très spécifiques n’ont pas encore d’équivalent natif. Le catalogue d’applications est plus court. Certains raffinements SMB ou de sauvegarde sont encore moins aboutis. Et l’outil de sécurité pourrait aller plus loin dans l’audit des services exposés et de la configuration.
Pour un utilisateur qui dépend d’une application Synology très particulière, il faut donc vérifier ses besoins avant de migrer.
Mais il y a un énorme « mais ». UGREEN a choisi une plateforme x86 ouverte, avec Docker et la virtualisation. Pour quelqu’un d’un peu technique, une bonne partie des manques de l’App Center peut ainsi être contournée en quelques minutes.
C’est d’ailleurs probablement l’une des grandes forces du produit : les débutants bénéficient d’une interface simple, tandis que les utilisateurs avancés peuvent très vite sortir des sentiers battus.
Conclusion : UGREEN n’est clairement plus un débutant sur le marché des NAS
Je suivais déjà avec intérêt l’arrivée d’UGREEN dans l’univers des NAS. Je n’avais pas eu l’occasion de tester les premiers modèles, mais le DXP4800 Pro montre clairement que la marque ne compte pas rester éternellement dans le rôle du nouvel arrivant sympathique.
La base matérielle est excellente. Quatre baies SATA, deux NVMe PCIe, un Core i3-1315U, de la DDR5 pouvant atteindre 96 Go, un véritable port 10 GbE, un second réseau 2,5 GbE, beaucoup d’USB, du HDMI et un lecteur SD : il est difficile de reprocher à UGREEN d’avoir lésiné sur le matériel.
Et surtout, cette puissance peut réellement être utilisée. Un jour, le DXP4800 Pro sauvegarde les ordinateurs et smartphones de toute la famille. Le suivant, il héberge Jellyfin, Home Assistant, un broker MQTT, quelques conteneurs Docker et une machine virtuelle. Pendant ce temps, l’application Photos indexe localement plusieurs dizaines de milliers de clichés. C’est cette polyvalence qui me plaît.
Tout n’est pas parfait. Les 8 Go de RAM livrés en standard paraissent chiches compte tenu du potentiel de la machine. UGOS Pro doit encore gagner en maturité pour égaler les meilleurs environnements NAS historiques. Et la consommation est forcément supérieure à celle d’un petit modèle ARM lorsqu’on sollicite fortement le Core i3.
Mais pour quelqu’un qui cherche aujourd’hui un NAS quatre baies capable d’aller beaucoup plus loin que le stockage, le DXP4800 Pro mérite clairement une place tout en haut de la liste.
Pour les amateurs de domotique, il est même particulièrement séduisant : disposer dans un même boîtier du stockage RAID, de Docker, de machines virtuelles et de suffisamment de puissance pour Home Assistant ouvre de sacrées possibilités.
UGREEN devait prouver qu’il savait faire autre chose que du bon matériel accompagné d’un OS encore jeune. Avec le DXP4800 Pro, la réponse devient franchement convaincante. Pour ma part, ce DXP4800 Pro est venu remplacer mon vieillissant Synology DS1019+ :p







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