Test Zendure SolarFlow 2400 AC+ : une simple prise suffit pour stocker votre surplus solaire !

9.2
Installation ultra simple
Aucun raccordement aux panneaux
2,4 kWh intégrés
Extensible jusqu’à 16,8 kWh
Puissance jusqu’à 2400 W
Excellent rendement
Gestion HEMS intelligente
Compatible Shelly
Sortie de secours 2400 W
Conception IP65

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Vous avez installé des panneaux photovoltaïques. En pleine journée, ils produisent 2 000 W pendant que la maison n’en consomme que 500. Les 1 500 W restants repartent donc vers le réseau, faute d’un moyen de les stocker. Puis arrive 19h : les panneaux ne produisent presque plus rien, la cuisine tourne, les ordinateurs sont allumés, la télé aussi… et vous recommencez à acheter de l’électricité au réseau. Avouez que la situation a quelque chose d’assez frustrant.

Une batterie domestique règle évidemment le problème. Sauf qu’ajouter du stockage à une installation photovoltaïque existante peut vite se compliquer : compatibilité avec l’onduleur, modification du câblage, installation d’un nouvel onduleur hybride, intervention d’un professionnel… La facture et la complexité grimpent vite.

Le Zendure SolarFlow 2400 AC+ prend le problème à l’envers. Vous posez la batterie près d’une prise électrique, vous branchez son câble, et c’est à peu près terminé. Pas de câble entre les panneaux et la batterie, pas de connecteur MC4, pas besoin de toucher à l’onduleur existant. Le SolarFlow 2400 AC+ fonctionne en couplage AC : l’énergie solaire est d’abord convertie et injectée dans le réseau électrique de la maison par votre installation habituelle, puis la batterie récupère le surplus directement depuis le réseau 230 V.

C’est cette architecture que j’avais envie de tester, parce qu’elle pourrait bien être l’une des façons les plus simples d’ajouter du stockage à une installation solaire déjà en place. Et après utilisation, je peux déjà le dire : le concept fonctionne, et plutôt bien.

Zendure SolarFlow 2400 AC+ : le principe expliqué simplement

Avant de déballer la batterie, mieux vaut comprendre son fonctionnement, car c’est là que se joue tout son intérêt.

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Prenons une maison équipée de panneaux classiques avec micro-onduleurs, ou d’une installation en toiture avec onduleur central, comme ce que j’ai par exemple chez moi. Imaginons qu’ils produisent 2 000 W, pendant que la maison consomme 700 W à cet instant. Il reste donc 1 300 W de surplus.

Sans batterie et sans contrat de revente, ces 1 300 W repartent sur le réseau. Avec le SolarFlow 2400 AC+, un compteur énergétique installé au tableau détecte immédiatement ce surplus, et la batterie reçoit l’ordre de charger à environ 1 300 W. L’électricité suit alors un chemin qui peut sembler étrange au premier abord : panneaux → onduleur solaire → réseau électrique de la maison → prise électrique → SolarFlow 2400 AC+.

Quelques heures plus tard, la situation s’inverse : le soleil s’est couché, la maison consomme 600 W. Le compteur détecte cette consommation et le SolarFlow restitue environ 600 W sur le réseau domestique, par la même prise. La maison utilise cette énergie avant d’aller la chercher sur le réseau public, et le compteur tend vers zéro. C’est ça, le couplage AC.

Et la batterie n’a même pas besoin de savoir quels panneaux vous utilisez. Elle fonctionnerait aussi bien avec une installation vieille de plusieurs années, des micro-onduleurs Enphase ou Hoymiles, un onduleur Huawei ou SMA. Zendure annonce d’ailleurs une compatibilité avec les installations existantes, parce que le SolarFlow travaille côté AC. Le principe marche même avec des panneaux plug & play d’une autre marque : dès qu’une production photovoltaïque provoque une injection vers le réseau, le compteur peut la détecter et demander au SolarFlow de l’absorber.

C’est une différence fondamentale avec les batteries qui imposent de raccorder directement les panneaux à leurs entrées MPPT.

Déballage et découverte du SolarFlow 2400 AC+

Le premier contact confirme qu’on n’a pas affaire à une petite batterie nomade de camping. Le SolarFlow 2400 AC+ est un système de stockage résidentiel à part entière, avec un design étonnamment compact vu la capacité embarquée. Le boîtier reprend le gris foncé désormais caractéristique de la gamme SolarFlow, avec une construction sérieuse et plutôt discrète.

Sur les côtés, on retrouve des poignées pour la manipuler plus facilement.

A l’arrière, un large système de refroidissement passif, ce qui permet à la batterie d’être totalement silencieuse.

L’intérêt de cette version « + », c’est son intégration. Le précédent SolarFlow AC n’était essentiellement qu’un module de gestion, auquel il fallait ajouter au minimum une batterie AB3000X. Celui-ci embarque directement 2,4 kWh de cellules LiFePO4 : un seul bloc suffit pour commencer.

Et 2,4 kWh, ce n’est déjà pas rien. Une maison qui consomme en continu 300 W pourrait théoriquement tenir environ huit heures sur cette réserve, avant pertes et réserve de sécurité. À 500 W, on reste proche de cinq heures. Pour la consommation nocturne de fond d’une habitation, le dimensionnement tombe plutôt bien.

Zendure annonce une puissance AC bidirectionnelle pouvant atteindre 2 400 W, mais elle est configurée à 800 W par défaut – j’y reviens plus loin, parce qu’il ne faut surtout pas voir ces 2 400 W comme une invitation à brancher n’importe comment une telle puissance sur n’importe quelle prise.

La batterie est certifiée IP65 et dispose d’un système d’auto-chauffe pour fonctionner par temps froid. Zendure annonce dix ans de garantie et jusqu’à quinze ans de durée de vie. La chimie LiFePO4 convient bien au stockage résidentiel : bonne durée de vie, stabilité thermique correcte, des milliers de cycles supportés.

La sécurité n’a pas été négligée non plus. Le BMS surveille les paramètres électriques et thermiques, le système ZenGuard ajoute une couche de surveillance, et Zendure a même intégré un dispositif d’extinction par aérosol condensé pour contenir un éventuel incident thermique. Autrement dit, même si le principe ressemble à celui d’une grosse batterie qu’on branche sur une prise, la technologie derrière est nettement plus sophistiquée.

Une capacité extensible jusqu’à 16,8 kWh

Les 2,4 kWh intégrés sont surtout un bon point de départ. Le SolarFlow 2400 AC+ peut recevoir jusqu’à cinq batteries additionnelles AB3000L de 2,88 kWh chacune, et la capacité évolue par paliers : 2,4 kWh avec le SolarFlow seul, 5,28 kWh avec une AB3000L, 8,16 kWh avec deux, 11,04 kWh avec trois, 13,92 kWh avec quatre, et 16,8 kWh avec cinq.

Je déconseille en général de surdimensionner une batterie solaire dès le départ. Si votre installation ne produit que 2 ou 3 kWh de surplus sur une belle journée, installer d’emblée 15 kWh de batteries n’a pas vraiment de sens : une bonne partie de la capacité resterait inutilisée. Mieux vaut commencer avec 2,4 kWh, observer pendant quelques semaines combien d’énergie part réellement sur le réseau, puis ajouter une extension si la batterie atteint régulièrement 100 % alors que les panneaux continuent d’injecter. C’est plus rationnel financièrement.

Installation : difficile de faire beaucoup plus simple

C’est probablement le plus gros argument du SolarFlow 2400 AC+.

Pour la batterie elle-même, le mode opératoire tient sur un Post-it : on la pose, on la branche sur une prise, on l’ajoute dans l’application Zendure. La détection Bluetooth est rapide, il suffit ensuite de renseigner le réseau Wi-Fi et de suivre l’assistant. Quelques minutes plus tard, le SolarFlow est connecté : assez jubilatoire quand on connaît la complexité habituelle du stockage photovoltaïque.

Mais attention à ne pas confondre installation physique de la batterie et pilotage intelligent du surplus. Branchée seule, la batterie ne peut évidemment pas deviner ce qui entre ou sort de la maison. Pour exploiter tout son potentiel, il faut lui fournir cette information.

Le compteur énergétique est la véritable clé du système

Zendure propose son Smart Meter 3CT-S, installé dans le tableau électrique. Des pinces de courant mesurent en temps réel les échanges entre la maison et le réseau, et le système sait alors si vous importez ou exportez de l’électricité. C’est ce détail qui transforme une grosse batterie en véritable gestionnaire d’énergie.

Vous produisez 1 200 W de trop ? Le SolarFlow charge. Vous consommez 400 W depuis le réseau ? Il en restitue 400. Vous rallumez un appareil et passez brutalement à 850 W ? La batterie augmente sa production. L’objectif : maintenir les échanges avec le réseau public aussi proches que possible de 0 W.

Bonne nouvelle pour ceux qui ont déjà un système de mesure : Zendure n’enferme pas forcément dans son propre compteur. Le HEMS est compatible avec plusieurs compteurs Shelly (dont les Pro 3EM et 3EM), ainsi qu’avec des solutions EverHome et HomeWizard. Pour une maison connectée déjà équipée, c’est un bon point. Chez moi le système communique donc avec le Shelly Pro 3EM déjà en place pour ma domotique. Ca simplifie tout de suite l’installation :)

Le compteur reste la seule partie qui peut demander quelques compétences électriques. Installer un Smart Meter dans un tableau 230 V n’a rien à voir avec le branchement d’une prise : si vous n’êtes pas à l’aise avec un tableau électrique, confiez cette partie à un électricien. Une fois le compteur installé, en revanche, on peut quasiment oublier le reste.

HEMS 2.0 : plusieurs batteries peuvent travailler ensemble

L’application Zendure a beaucoup évolué depuis les premières générations SolarFlow. Son cœur, c’est désormais le HEMS (Home Energy Management System, en v2 depuis juin), qui centralise production photovoltaïque, batteries, consommation domestique et réseau électrique pour décider où doit aller chaque watt.

Le HEMS 2.0 peut gérer jusqu’à six appareils Zendure dans une même installation, ce qui devient intéressant si votre installation énergétique s’est construite progressivement. Vous pouvez très bien avoir une SolarFlow reliée directement à des panneaux dans le jardin et un SolarFlow 2400 AC+ situé ailleurs dans la maison, et les deux peuvent coopérer.

Exemple : une première batterie raccordée directement aux panneaux est pleine, son surplus commence à être injecté sur le réseau domestique, le compteur le détecte, et le SolarFlow 2400 AC+, situé à l’autre bout de la maison et relié uniquement à une prise 230 V, se met immédiatement à charger. Les deux appareils ne sont reliés par aucun câble énergétique direct : ils utilisent le réseau électrique de la maison comme moyen de transport. C’est plutôt malin.

Zenki : quand la batterie commence à réfléchir toute seule

Zendure pousse l’automatisation plus loin avec Zenki, son moteur d’optimisation énergétique, qui ne se contente plus de réagir à une surproduction instantanée. Le système tient compte des habitudes de consommation, de la météo, du niveau des batteries et des tarifs pour anticiper les besoins.

Si la météo annonce une journée particulièrement mauvaise demain, la batterie sait que la production solaire risque d’être faible. Avec un contrat heures creuses/heures pleines, elle peut alors profiter d’une électricité moins chère la nuit pour se charger, puis restituer cette énergie quand le tarif augmente. En été, le comportement change : inutile d’acheter de l’électricité de nuit si une grosse production solaire est attendue quelques heures plus tard.

Zendure propose aussi plusieurs stratégies plus simples pour qui préfère garder la main : fonctionnement basé sur le compteur, programmation horaire, tarifs électriques ou réglages experts. Et si tout ça semble compliqué, le mode automatique est justement fait pour éviter de passer ses soirées à regarder des courbes de consommation : une bonne gestion énergétique est celle qu’on finit par oublier.

À l’usage : le surplus solaire disparaît presque sous vos yeux

C’est évidemment à l’usage que le système devient intéressant. Une installation solaire classique peut produire énormément d’énergie dont le propriétaire ne profite jamais.

Exemple simple : les panneaux produisent 1 500 W, la maison consomme 400 W. Sans stockage, 1 100 W partent vers le réseau ; avec le SolarFlow, cette puissance est absorbée par la batterie. Le soir, avec une consommation constante de 350 W et des panneaux qui ne produisent plus rien, le SolarFlow restitue ces 350 W. Vu du compteur, la maison ne consomme presque plus rien sur le réseau.

Ainsi, cet été, après une semaine très ensoleillée, l’importation depuis le réseau est par exemple passée de 10 kWh à moins de 5 kWh avec la batterie. Comme on le voit la consommation en journée est totalement effacée la journée, et la consommation de la nuit grandement réduite grâce à la batterie Solarflow qui réinjecte dans la maison le surplus qu’elle a stocké la journée. Et je n’ai quasiment plus d’export perdu.

Attention: une batterie ne produit aucune énergie. Elle la déplace dans le temps. Et plus ce déplacement remplace de l’électricité achetée au réseau par de l’électricité solaire qui aurait autrement été injectée gratuitement ou faiblement rémunérée, plus elle devient intéressante.

Un excellent rendement pour une batterie à couplage AC

Le couplage AC a un défaut théorique : les conversions. L’électricité produite par les panneaux est d’abord en courant continu, l’onduleur photovoltaïque la transforme en alternatif pour la maison, puis le SolarFlow doit la reconvertir pour la stocker, et refaire l’opération inverse à la restitution. Chaque conversion entraîne forcément quelques pertes.

Zendure utilise des composants au carbure de silicium pour limiter ces pertes, et les essais réalisés autour du produit sont plutôt encourageants : un rendement global annoncé et mesuré autour de 93 % dans certaines conditions. C’est très bon pour un système AC-coupled. Dans la réalité, ce rendement dépendra de la puissance de charge et de décharge, de la température et du scénario d’utilisation, mais même avec quelques pourcents perdus dans les conversions, le calcul reste largement favorable face à l’alternative : laisser partir gratuitement le surplus photovoltaïque avant de racheter de l’électricité quelques heures plus tard.

Jusqu’à 2400 W… mais attention à votre installation électrique

Le SolarFlow 2400 AC+ peut atteindre 2 400 W en charge comme en décharge, une puissance qui permet théoriquement de compenser des appareils gourmands : four, bouilloire, électroménager, ou une partie de la consommation d’une pompe à chaleur.

Mais une grosse nuance s’impose ici. Zendure configure le produit à 800 W par défaut, et ce n’est pas un hasard : injecter 2 400 W par une prise représente plus de 10 A. Selon le circuit, sa section, les autres appareils raccordés et la façon dont l’installation a été réalisée, les contraintes changent du tout au tout. Pour une installation permanente exploitant de fortes puissances, je recommande donc clairement un circuit correctement dimensionné et dédié, avec les protections adaptées, et une validation par un professionnel si nécessaire.

Ce n’est pas la batterie qui pose problème, c’est le circuit électrique sur lequel vous allez lui demander de travailler. Et 800 W couvrent déjà beaucoup de besoins : une consommation permanente de 300 à 600 W représente le terrain idéal pour ce type de stockage.

Une vraie sortie de secours de 2400 W

Autre bonne surprise : le SolarFlow 2400 AC+ possède une sortie AC hors réseau. Attention à bien comprendre son fonctionnement : en cas de coupure EDF, le SolarFlow ne continue pas à injecter dans les prises de la maison. Ce serait dangereux pour les techniciens intervenant sur le réseau, et contraire au fonctionnement normal d’une installation raccordée.

En revanche, la prise dédiée du SolarFlow continue de fonctionner et peut fournir jusqu’à 2 400 W. On peut y raccorder directement un réfrigérateur, une box Internet, un ordinateur, quelques éclairages ou d’autres équipements indispensables. Pour une utilisation plus poussée, cette sortie peut aussi alimenter un circuit de secours dédié via une installation électrique adaptée, comme nous l’avions vu avec notre inverseur de source.

On gagne donc au passage une fonction de batterie de secours plutôt convaincante.

A noter que la prise hors réseau fait également office d’alimentation de secours EPS. En cas de coupure du réseau, le SolarFlow 2400 AC+ bascule automatiquement sur sa batterie en moins de 15 ms. Un délai suffisamment court pour assurer une fonction de type UPS et maintenir en fonctionnement de nombreux équipements électroniques, comme une box Internet. J’ai testé en branchant mon coin bureau dessus, et la batterie gère parfaitement en cas de coupure de courant.

Enfin, cette prise peut également recevoir un micro onduleur si on le souhaite. Elle ne peut donc pas recevoir de panneaux solaires en direct, mais il est tout à fait possible de brancher un micro onduleur dessus, comme ceux qu’on trouve sur les stations solaires plug&play par exemple. Ca peut être utile !

Et Home Assistant dans tout ça ?

Voilà un point qui nous intéresse particulièrement.

Zendure ouvre progressivement son écosystème, et le SolarFlow 2400 AC+ dispose d’une connectivité RS485 et de possibilités d’intégration locale intéressantes. Avec Home Assistant, on va beaucoup plus loin qu’avec la simple application constructeur : niveau de charge, puissance absorbée, puissance restituée, automatisations basées sur la production solaire, anticipation de certains appareils énergivores, etc.

L’intérêt d’une communication locale, c’est sa réactivité. Un pilotage cloud peut introduire plusieurs secondes de latence, alors qu’une liaison locale RS485 ou MQTT permet une régulation bien plus rapide. Et pour chasser les derniers watts injectés inutilement sur le réseau, quelques secondes peuvent faire une vraie différence.

On pourrait imaginer Home Assistant décidant de conserver 30 % de batterie avant une journée annoncée très nuageuse, augmentant la charge lors d’un surplus important, ou coordonnant batterie, chauffe-eau, borne de recharge et pompe à chaleur. Le SolarFlow devient alors une vraie brique de la maison intelligente.

Une batterie également intéressante sans panneaux solaires

Un usage auquel on pense moins : le SolarFlow 2400 AC+ peut avoir un intérêt même sans aucun panneau photovoltaïque. Avec une tarification heures pleines/heures creuses ou dynamique, il peut acheter de l’énergie quand le kWh est bon marché et la restituer quand il devient cher.

La rentabilité dépend alors entièrement de l’écart tarifaire. Quelques centimes d’écart seulement rendent l’opération peu intéressante une fois les pertes et l’usure de la batterie prises en compte. Avec une tarification dynamique aux gros écarts, le calcul devient en revanche beaucoup plus pertinent. Mais l’intérêt majeur reste l’association avec une installation photovoltaïque qui produit régulièrement du surplus.

Combien peut-on réellement économiser ?

Méfiez-vous des calculs trop simples. Une batterie de 2,4 kWh ne veut pas dire 2,4 kWh économisés chaque jour pendant 365 jours. Il faut assez de surplus pour la charger, puis assez de consommation quand les panneaux ne produisent plus pour la vider, sans oublier les pertes de conversion, les saisons et la météo. En été, un cycle presque complet chaque jour est envisageable. En décembre, la batterie peut parfois attendre longtemps quelques watts solaires.

Ainsi, avec environ 2 à 2,2 kWh réellement restitués par cycle et un prix d’électricité autour de 0,25 €/kWh, un cycle complet représente environ 0,55 € d’électricité évitée. À 300 cycles annuels, on arrive autour de 165 € d’économie.

Ce chiffre peut varier énormément. Un foyer avec voiture électrique, pompe à chaleur, forte consommation nocturne et plusieurs kilowatts-crête de photovoltaïque exploitera la batterie bien plus intensément. À l’inverse, quelqu’un avec seulement 800 W de panneaux et qui consomme toute sa production en journée aura peu de surplus à stocker.

La vraie question n’est donc pas « combien cette batterie peut-elle me faire économiser ? », mais plutôt : combien de kWh est-ce que j’injecte actuellement sur le réseau alors que je pourrais les consommer plus tard ? C’est cette donnée qui doit guider l’achat, et surtout le dimensionnement.

Un tarif désormais plutôt agressif

Au moment où j’écris ces lignes, Zendure affiche le SolarFlow 2400 AC+ seul à 1 079 € au lieu de 1 279 €, avec 2,4 kWh de stockage intégré. Le prix évolue régulièrement avec les promotions, il faudra donc vérifier le tarif au moment de votre achat.

À environ 450 €/kWh pour un système complet (batterie, électronique bidirectionnelle, connectivité, HEMS et sortie de secours), le positionnement devient franchement intéressant. L’ajout progressif d’AB3000L (719€ la batterie d’extension) permet surtout d’investir seulement quand le besoin est démontré. Une approche bien plus pertinente que d’acheter d’emblée 10 ou 15 kWh « au cas où ».

Quelques limites à connaître

Le SolarFlow 2400 AC+ n’est pas parfait. Son principal défaut découle paradoxalement de sa plus grande qualité : le couplage AC multiplie les conversions énergétiques. Le rendement reste excellent, mais un stockage couplé directement en DC aux panneaux peut théoriquement éviter certaines pertes.

Le Smart Meter, ou un compteur compatible, devient pratiquement indispensable pour profiter pleinement du système. Sans mesure en temps réel, on perd une grande partie de l’intelligence qui fait l’intérêt du SolarFlow.

L’application est devenue extrêmement complète, peut-être même un peu trop. Ceux qui veulent simplement brancher et oublier peuvent se sentir perdus devant les multiples modes, réglages HEMS, tarifs et stratégies Zenki.

Enfin, la puissance maximale de 2 400 W impose de ne pas traiter le SolarFlow comme une simple lampe de chevet : pour exploiter durablement des puissances élevées, l’installation électrique doit être pensée en conséquence.

Rien de tout ça ne remet cependant en cause la force principale du produit.

Conclusion : Zendure a trouvé la formule qui manquait au stockage solaire

J’ai testé beaucoup de solutions de stockage photovoltaïque ces dernières années. Certaines sont très performantes, d’autres très faciles à installer. Rares sont celles qui combinent aussi bien les deux.

Le Zendure SolarFlow 2400 AC+ a surtout une qualité essentielle : il s’ajoute à une installation photovoltaïque existante sans pratiquement y toucher. Et ça change tout. Vos panneaux restent où ils sont, votre onduleur reste en place, vous n’avez pas besoin de tirer des câbles photovoltaïques jusqu’à la batterie. Vous branchez simplement le SolarFlow sur le réseau électrique domestique, et le surplus solaire arrive déjà jusqu’à lui par les câbles de votre maison.

L’idée paraît presque trop simple quand on la découvre. Elle fonctionne pourtant.

Ajoutez à ça 2,4 kWh directement intégrés, une capacité extensible jusqu’à 16,8 kWh, 2 400 W bidirectionnels, un excellent rendement, une sortie de secours, HEMS 2.0, Zenki, la compatibilité avec différents compteurs énergétiques et les possibilités offertes aux utilisateurs avancés : on obtient l’une des solutions de stockage retrofit les plus séduisantes du moment.

Elle s’adresse en particulier aux propriétaires qui ont déjà des panneaux photovoltaïques et voient chaque jour une partie de leur production repartir vers le réseau. Car le meilleur kWh solaire n’est pas seulement celui qu’on produit. C’est celui qu’on réussit réellement à consommer.

9.2 Total Score
Le chaînon manquant entre vos panneaux solaires et votre consommation

Le Zendure SolarFlow 2400 AC+ réussit surtout à rendre le stockage solaire accessible. Aucun raccordement aux panneaux n'est nécessaire : la batterie se branche simplement sur le réseau électrique de la maison et récupère automatiquement le surplus photovoltaïque grâce à un compteur énergétique compatible. Ses 2,4 kWh intégrés, extensibles jusqu'à 16,8 kWh, ses 2 400 W bidirectionnels, son excellent rendement et son système HEMS en font une solution complète. La sortie de secours est un bonus appréciable. Pour une installation photovoltaïque existante qui injecte régulièrement du surplus sur le réseau, c'est une solution particulièrement convaincante.

Installation et simplicité
9.5
Performances et rendement
9
Application et gestion intelligente
9
Évolutivité et intégrations
9.5
Rapport qualité/prix
9
POUR
  • Installation ultra simple
  • Aucun raccordement aux panneaux
  • 2,4 kWh intégrés
  • Extensible jusqu’à 16,8 kWh
  • Puissance jusqu’à 2400 W
  • Excellent rendement
  • Gestion HEMS intelligente
  • Compatible Shelly
  • Sortie de secours 2400 W
  • Conception IP65
CONTRE
  • Smart Meter vivement recommandé
  • Application assez complexe
  • Lourde à déplacer
  • Pertes liées au couplage AC

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