IFA 2026 : EZVIZ ne veut plus seulement surveiller votre maison, mais la rendre vraiment intelligente

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Berlin, IFA 2026. En arrivant sur le stand EZVIZ, je pensais forcément commencer par les caméras. Après tout, c’est essentiellement pour elles que je connais la marque, et j’en ai déjà testé plusieurs au fil des années. Sauf que cette fois, il m’a fallu quelques minutes pour comprendre que le terrain de jeu avait sérieusement grandi. Caméras à trois objectifs, visiophones, serrures biométriques, motorisations de portail, capteurs, IA locale, stockage façon NAS, objets pour animaux et même montres et petites caméras lifestyle… On est désormais assez loin du simple fabricant de caméras Wi-Fi.

Et au milieu de tout cela, il y a surtout un changement que je trouve particulièrement intéressant : EZVIZ veut ramener l’intelligence et les données à la maison, au lieu de systématiquement les envoyer dans le cloud. Pour quelqu’un qui s’intéresse à la domotique depuis quelques années, forcément, ça parle !

EZVIZ veut maintenant connecter la maison entière

Le stand de l’IFA donnait déjà le ton. EZVIZ avait organisé son espace autour de cinq grands univers interconnectés, allant de la vidéosurveillance aux accès intelligents, en passant par le nettoyage et l’intelligence artificielle. Le slogan choisi pour l’occasion, « Accelerating Innovation », était plutôt raccord avec la quantité de nouveautés exposées.

Mais derrière la communication, j’ai surtout retenu une évolution de fond. EZVIZ ne veut manifestement plus vendre une caméra ici, une sonnette là et éventuellement un aspirateur robot dans une autre pièce. L’objectif est de faire communiquer tous ces équipements autour d’un même environnement.

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Et le morceau le plus intéressant de cette stratégie porte un nom : AI CoreX.

AI CoreX : l’IA EZVIZ déménage à la maison

L’intelligence artificielle dans une caméra de surveillance n’a évidemment plus rien d’exceptionnel. Reconnaître une personne, un véhicule ou un animal est devenu relativement courant. Mais généralement, une partie de cette intelligence dépend encore beaucoup du cloud.

Avec son système EZVIZ MIRA et surtout la station AI CoreX, le constructeur pousse une philosophie « local-first » : faire davantage de traitements directement chez l’utilisateur. Et là, ça devient beaucoup plus intéressant.

AI CoreX se comporte en quelque sorte comme le cerveau de l’installation EZVIZ. Il centralise les équipements compatibles, stocke leurs données et apporte les fonctions d’intelligence artificielle de MIRA. Il peut fonctionner sans connexion permanente à Internet et conserver les fichiers directement à la maison. Le cloud n’est donc pas supprimé, mais il cesse d’être un passage obligé.

Sur le stand, j’ai pu voir la recherche intelligente en fonctionnement. Au lieu de parcourir la timeline d’une caméra pendant vingt minutes parce qu’on cherche le moment où quelqu’un est passé devant la maison, on peut faire une recherche beaucoup plus naturelle. Par exemple demander à retrouver un homme portant une veste bleue. Le système analyse alors les vidéos enregistrées et ressort les séquences correspondantes.

Même principe avec les personnes connues. Plusieurs photos peuvent être fournies pour améliorer leur reconnaissance, puis l’IA est capable de retrouver leurs apparitions dans les vidéos. Elle peut également générer un résumé de la journée à partir des événements enregistrés.

Imaginez une maison équipée de plusieurs caméras : au lieu de consulter séparément toutes les notifications reçues depuis le matin, on pourrait simplement demander ce qui s’est passé pendant notre absence. C’est concrètement là que l’IA sert à quelque chose au quotidien.

Un NAS qui ne stocke pas seulement les caméras

La démonstration sur le stand allait même plus loin que ce qu’on pourrait imaginer d’un simple NVR.

AI CoreX peut également accueillir des fichiers personnels : photos, vidéos, documents ou sauvegardes provenant d’un smartphone. L’IA peut ensuite travailler sur ces contenus pour faciliter leur recherche. On se rapproche donc davantage d’un NAS domestique intelligent que d’un simple enregistreur pour caméras.

C’est un positionnement qui m’a surpris. Après avoir vu récemment les NAS intégrer progressivement de l’IA pour classer les photos, reconnaître les personnes ou faciliter la recherche documentaire, on voit ici le mouvement inverse : un spécialiste de la vidéosurveillance transforme son stockage local en centre de données familial.

Lors de la démonstration, une capacité maximale d’environ 60 To a été évoquée, les disques étant à ajouter séparément, via deux emplacements disponibles.

La même intelligence, au fond, sert aussi bien aux caméras qu’aux données personnelles. C’est là toute la stratégie.

H90f et HB90f : pourquoi mettre trois objectifs sur une caméra ?

Évidemment, EZVIZ n’a pas oublié son métier historique. Après les caméras à double objectif, la marque passe donc… à trois !

Les nouvelles H90f et HB90f disposent chacune de trois objectifs capables d’observer simultanément un espace à différentes échelles. Le but n’est pas simplement de pouvoir écrire « triple caméra » sur la boîte.

Prenons un cas très concret : une grande propriété à la campagne.

Un objectif permet de conserver une vision générale du terrain tandis que les autres peuvent aller chercher beaucoup plus précisément ce qui se passe au loin. L’ensemble offre un zoom mixte jusqu’à 12x, sans perdre complètement le contexte de la scène.

C’est exactement le genre de configuration où multiplier les points de vue prend son sens. Une caméra classique oblige souvent à choisir entre cadrer large ou zoomer sur une zone précise. Ici, on veut les deux.

La H90f est destinée à une installation fixe avec alimentation filaire, alors que la HB90f fonctionne sur batterie. Cette dernière sera donc beaucoup plus facile à installer au fond d’un terrain, sur une dépendance ou à un endroit où tirer une alimentation serait compliqué.

Les tarifs annoncés sont respectivement de 199 € pour la H90f et 289,99 € pour la HB90f.

HB30 et HB60 : des caméras qu’on installe presque où on veut

Autre nouveauté qui a retenu mon attention sur le stand : les HB30 et HB60. Cette fois, EZVIZ privilégie la mobilité. Elles fonctionnent sur batterie et utilisent une fixation magnétique. Une caméra peut donc changer facilement d’emplacement selon les besoins.

La HB60 ajoute surtout une double connexion Wi-Fi et 4G. Ça prend tout son sens dès qu’on sort du cas classique de l’appartement en ville.

Une dépendance au fond du jardin, un garage éloigné, un chalet, un terrain sans Wi-Fi… tant que la couverture mobile est disponible, la caméra peut continuer à communiquer. Lors de notre présentation, EZVIZ nous a confirmé l’utilisation d’une carte SIM et la possibilité de basculer entre Wi-Fi et réseau mobile.

Pour qui a un grand terrain, ça évite surtout d’installer des répéteurs Wi-Fi tous les 30 mètres.

La HB60 dispose également d’un zoom pouvant atteindre 8x.

Les tarifs et dates de disponibilité des HB30 et HB60 doivent encore être précisés.

La vision nocturne continue elle aussi de progresser

Une autre démonstration m’a retenu sur le stand : celle de la vision nocturne couleur.

EZVIZ travaille depuis plusieurs générations à améliorer les images lorsque la luminosité devient très faible. Sur la démonstration, la différence avec les anciennes générations était franchement visible, avec une image conservant beaucoup plus d’informations colorimétriques dans un environnement extrêmement sombre.

La H80x Dual 4K faisait partie des modèles utilisés pour présenter cette technologie.

Sur une caméra de sécurité, ce n’est pas un simple détail esthétique. Identifier la couleur d’un vêtement ou d’un véhicule peut avoir beaucoup plus d’intérêt qu’une image monochrome parfaitement nette.

La caméra intérieure qui peut aussi appeler la famille

Parmi toutes les démonstrations, il y avait également un petit produit beaucoup moins spectaculaire techniquement, mais que j’ai trouvé particulièrement malin. Une caméra intérieure qui dispose directement d’un bouton d’appel.

Une personne âgée vivant seule peut ainsi appuyer dessus pour appeler un proche. La notification arrive sur son smartphone et une conversation peut être établie directement via la caméra.

Même principe avec un enfant restant momentanément seul à la maison.

C’est tout bête, mais c’est précisément le genre de fonction qui transforme une caméra de surveillance en véritable équipement domestique.

Et pour ceux que l’idée d’avoir une caméra braquée en permanence dans le salon met mal à l’aise (ce que je comprends parfaitement), elle peut être placée en veille depuis l’application pour préserver l’intimité quand les occupants sont présents.

De la porte au portail, EZVIZ veut contrôler tous les accès

L’autre grosse partie du stand concernait les accès. Et là aussi, la marque avait sorti l’artillerie lourde.

La nouvelle DL50FVX combine reconnaissance faciale et reconnaissance du réseau veineux de la paume. En clair, on présente son visage ou sa main et la serrure détermine si l’accès est autorisé. La reconnaissance palmaire est particulièrement intéressante, car elle ne repose pas simplement sur la forme extérieure de la main : le système analyse le réseau veineux. Deux caméras et un écran sont également intégrés à la serrure afin de visualiser ce qui se passe devant la porte.

J’ai pu essayer la reconnaissance directement sur le stand et, sur la démonstration réalisée à Berlin, l’identification était très rapide.

Reste un problème beaucoup plus terre à terre : les portes européennes.

Durant notre échange, les représentants d’EZVIZ ont justement reconnu que certaines serrures présentées posaient encore des problèmes d’adaptation au marché français, notamment à cause de nos différents systèmes de verrouillage et des portes multipoints. La marque préfère donc ne pas commercialiser certains modèles tant qu’une solution satisfaisante n’a pas été trouvée.

Une prudence que j’apprécie plutôt : une serrure connectée magnifique sur un stand ne sert pas à grand-chose si elle est impossible à monter sur la moitié des portes françaises…

HP7 Pro : jusqu’à sept façons d’ouvrir l’accès

Le HP7 Pro pousse également très loin la gestion des accès. Durant la démonstration, EZVIZ nous a présenté différents moyens d’identification : reconnaissance biométrique selon la configuration, codes, badges, QR codes et naturellement ouverture depuis l’application.

On peut surtout créer des accès temporaires. Pour une location Airbnb, par exemple, un code ou un QR code peut être créé pour un visiteur et n’être valable que deux jours, trois jours ou une semaine. À la fin de la période définie, l’accès est automatiquement désactivé.

C’est beaucoup plus pratique que de confier une clé physique, et surtout plus simple à révoquer.

Le HP7 Pro associe également vidéo 4K et gestion de différents accès depuis une seule interface. Son prix public annoncé est de 369,99 €.

EP8 Ultra : la sonnette surveille aussi vos colis

La EP8 Ultra mérite également qu’on s’y attarde. La sonnette dispose notamment d’un second objectif orienté vers le bas. L’intérêt est évident : surveiller les colis déposés devant la porte.

On peut donc voir son visiteur tout en gardant un œil sur ce qui a été laissé au sol. Lors de notre visite, EZVIZ mettait justement en avant cette détection des colis. Elle intègre également un écran interactif et des fonctions reposant sur l’intelligence artificielle locale.

La EP8 Ultra est déjà disponible au tarif conseillé de 149,99 €.

EZVIZ va même jusqu’à motoriser le portail

La stratégie Smart Entry ne s’arrête plus à la porte d’entrée. Avec le HG2 600 Pro, EZVIZ s’attaque directement au portail afin d’automatiser l’accès des véhicules. Le système rejoint ainsi visiophone, serrure, sonnette et motorisation au sein du même environnement connecté.

Le HG2 600 Pro est annoncé à 699,99 €.

Sur le papier, l’idée d’avoir toute la chaîne intégrée est séduisante : quelqu’un arrive devant la propriété, sonne au portail, vous voyez qui est présent et pouvez gérer l’accès depuis le même écosystème.

EZVIZ sort même de la maison avec Akiitu

Voilà une partie dont je ne m’attendais franchement pas à parler en arrivant chez EZVIZ.

La marque présentait également Akiitu, une nouvelle gamme davantage orientée lifestyle : petites caméras portables, montres connectées, chargeurs et autres accessoires.

J’ai notamment pu manipuler une petite caméra portable qui rappelle forcément certaines action cams miniatures actuelles. Elle peut être portée sur soi grâce à différents accessoires et une version 4K est annoncée pour janvier 2027, selon les informations qui nous ont été données sur place.

Plus étonnant encore, une montre connectée équipée d’une caméra était également présentée.

On s’éloigne clairement de la domotique, mais cette gamme montre surtout qu’EZVIZ cherche à élargir considérablement son territoire.

EZVIZ n’est définitivement plus seulement une marque de caméras

C’est finalement ce que je retiens de cette visite à l’IFA 2026.

Bien sûr, les H90f et HB90f à triple objectif attirent immédiatement l’attention. Techniquement, pouvoir conserver une vue générale tout en allant chercher un détail avec un zoom mixte 12x est très séduisant pour surveiller de grandes propriétés.

Mais à mes yeux, la nouveauté la plus importante est ailleurs. AI CoreX et l’approche local-first pourraient marquer un vrai changement dans l’écosystème EZVIZ.

Pouvoir stocker ses vidéos chez soi, faire des recherches intelligentes en local, reconnaître des personnes, générer des résumés et connecter petit à petit davantage d’équipements autour de cette intelligence compte plus, à mon avis, qu’une simple amélioration de définition.

Surtout si une partie de ces fonctions reste accessible sans abonnement obligatoire, comme EZVIZ l’a annoncé pour certaines détections locales.

Il faudra maintenant voir ce que donnera tout cet écosystème une fois installé dans une vraie maison. La compatibilité avec les systèmes domotiques tiers, le tarif définitif d’AI CoreX, ses capacités exactes de stockage et les fonctions réellement disponibles localement seront à surveiller de près.

Mais une chose est sûre : après cette visite à Berlin, je ne regarderai plus EZVIZ simplement comme « la marque qui fait des caméras ». Ses ambitions vont clairement bien au-delà.

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