Votre contrat solaire de 20 ans arrive à échéance : surtout, ne laissez pas vos panneaux produire pour rien !

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Les premiers propriétaires français de panneaux photovoltaïques vont vivre une situation un peu étrange dans les prochains mois. Leur installation marche toujours, les panneaux produisent encore… mais le contrat qui leur permettait de vendre cette électricité à prix d’or arrive au bout de ses 20 ans.

Et « prix d’or » n’a rien d’exagéré. Les installations résidentielles posées dans les années 2000 et au début des années 2010 ont parfois eu droit à des tarifs de rachat bien au-delà de 50 centimes le kilowattheure. Vu d’aujourd’hui, ça paraît presque irréel !

Je suis moi-même concerné. J’ai fait poser mes panneaux en 2011 : 8 modules intégrés à la toiture, environ 2 kWc, reliés à un onduleur central. Depuis, toute la production part chez EDF dans le cadre d’un contrat de 20 ans. Mon tarif de rachat tourne aujourd’hui autour de 0,62 €/kWh, et les panneaux me rapportent encore plus de 1 000 € chaque année. Les installations coûtaient très cher à l’époque, mais l’opération tenait largement la route.

Sauf que ça ne dure pas éternellement. Ce qui arrive en ce moment aux installations de 2006 arrivera peu à peu à toutes celles qui ont signé ces anciens contrats.

Pourquoi les anciens panneaux solaires rapportaient autant ?

Il faut remonter une quinzaine, voire une vingtaine d’années en arrière. Pour lancer le photovoltaïque en France, les pouvoirs publics avaient mis en place des tarifs d’achat très généreux, garantis 20 ans.

L’arrêté du 31 août 2010 fixait par exemple 58 centimes le kilowattheure pour certaines installations intégrées au bâti, sur une habitation, jusqu’à 3 kWc. Ce tarif était ensuite indexé selon une formule qui tient compte, entre autres, d’indices liés au coût du travail et aux prix industriels. C’est ce qui explique que mon installation de 2011 en soit aujourd’hui à environ 62 centimes. Le tarif de rachat a augmenté un peu chaque année.

Pour donner un ordre d’idée, mes panneaux ont produit 2 231 kWh la première année complète. La deuxième a été mauvaise, entre la météo et une panne d’onduleur, et ils ont quand même sorti 1 720 kWh, soit une facture de 1 008 € envoyée à EDF.

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À l’époque, personne ne cherchait à consommer son énergie solaire. Le kWh produit se vendait bien plus cher que le kWh acheté pour la maison : l’utiliser soi-même aurait été absurde. On vendait donc tout. Et c’est ce choix qui complique les choses aujourd’hui.

Au bout de 20 ans, le contrat EDF OA s’arrête

Un contrat d’obligation d’achat photovoltaïque a une durée fixe, généralement 20 ans. À l’échéance, EDF Obligation d’Achat ne vous propose pas de repartir pour 20 ans de plus.

EDF OA indique trois options : signer un contrat commercial avec un autre acheteur, passer en autoconsommation ou arrêter l’installation.

On lit parfois qu’en fin de contrat, l’électricité devient « invendable ». C’est faux. Enedis prévoit bien la possibilité de continuer à vendre toute sa production sur le marché : il faut signer avec un acheteur et transmettre à Enedis l’accord qui rattache l’installation au périmètre d’équilibre correspondant.

Le problème, c’est le prix. Entre un contrat historique à 0,55 ou 0,60 €/kWh et un contrat commercial aux conditions actuelles, il n’y a pas photo. À l’heure où j’écris ces lignes, en septembre 2026, les offres commerciales de rachat du surplus que l’on trouve sur le marché tournent par exemple autour de 0,04 à 0,07 €/kWh. Autrement dit, un kilowattheure autrefois vendu 60 centimes peut désormais n’en rapporter que 4 à 7 ! À ce niveau, l’autoconsommation devient forcément beaucoup plus intéressante à étudier.

Et mieux vaut ne pas laisser traîner. Enedis précise que si aucun responsable d’équilibre n’est déclaré à la fin du contrat OA, le contrat d’accès au réseau peut être suspendu pendant trois mois, puis résilié. Il faudra donc trancher quelques mois avant l’échéance.

Le vrai problème des installations anciennes : elles sont câblées pour tout vendre

C’est sans doute ce qui surprendra le plus les propriétaires.

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Sur une installation récente en autoconsommation, les panneaux alimentent directement le réseau électrique de la maison. Les appareils consomment l’électricité solaire disponible, et seul l’excédent part sur le réseau public.

Les installations historiques en vente totale ne fonctionnent pas comme ça. Le photovoltaïque a son propre circuit et son propre raccordement de production (son propre compteur Linky), et toute l’énergie produite est envoyée sur le réseau pour être comptée et payée.

C’est exactement le cas chez moi. Les huit panneaux du toit sont reliés entre eux jusqu’à un gros onduleur central, qui convertit le courant continu en alternatif. Ce courant rejoint ensuite le circuit dédié à la vente.

Pour que cette énergie alimente enfin la maison, il faudra modifier le raccordement. Et ça ne se règle pas en cochant une case sur le site d’EDF.

Passer de la vente totale à l’autoconsommation demande des travaux

Enedis a prévu ce cas. Une installation en vente totale qui passe en autoconsommation avec injection du surplus doit voir son raccordement adapté, et il faut déposer une nouvelle demande de raccordement.

Selon les travaux, un certificat Consuel peut être demandé. D’après Enedis, il est exigé quand on modifie le circuit électrique existant ou qu’on ajoute une batterie, sauf cas particuliers prévus pour des équipements assemblés et conformes.

Bref, faites étudier l’installation par un pro bien à l’avance, plutôt que d’appeler un électricien la veille de la fin du contrat !

Une fois le raccordement modifié, les panneaux alimentent la maison, et le calcul économique n’a plus rien à voir.

Un vieux panneau solaire peut encore avoir beaucoup de valeur

Une installation de 20 ans n’est pas forcément bonne pour la déchetterie. Les panneaux perdent un peu de puissance au fil des années, mais ils peuvent produire bien au-delà de la fin du contrat.

Pendant 20 ans, l’installation a rapporté de l’argent en vendant son électricité. Une fois le contrat terminé, elle peut entamer une deuxième carrière : faire baisser la facture de la maison.

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Un kWh produit et consommé sur place, c’est un kWh qu’on n’achète pas au fournisseur. Dans beaucoup de cas, il vaut donc plus qu’un kWh revendu quelques centimes sur le marché. Encore faut-il le consommer au bon moment.

Chauffe-eau, pompe à chaleur, lave-linge, lave-vaisselle, filtration de piscine, clim ou recharge de la voiture électrique : tout ça peut tourner pendant les heures de production. Avec Home Assistant, Jeedom ou un gestionnaire d’énergie dédié, on va plus loin : lancer automatiquement certains appareils dès qu’il y a du surplus, moduler la recharge de la voiture, pousser la chauffe du ballon quand le soleil donne.

Reste un problème qu’aucune automatisation ne règle : le soleil produit rarement au moment où la maison consomme. D’où l’intérêt d’une batterie.

Et si la fin du contrat EDF était le moment idéal pour ajouter une batterie ?

C’est probablement la piste que je suivrai pour ma propre installation.

Mes huit panneaux de 2011, environ 2 kWc, sont câblés en série vers un onduleur central, comme on le faisait très souvent à l’époque. Les micro-onduleurs existaient déjà, mais on en voyait beaucoup moins qu’aujourd’hui.

Je n’ai donc pas huit sorties séparées, une par panneau. Dans mon bureau, où se trouve l’onduleur, j’ai juste les deux conducteurs DC qui arrivent de toute la chaîne. Passer à huit micro-onduleurs voudrait dire reprendre l’installation depuis le toit. Pas très tentant.

Une nouvelle génération de batteries ouvre en revanche une autre piste : remplacer directement le vieil onduleur par un appareil qui regroupe MPPT haute tension, stockage et conversion AC.

Une batterie haute tension peut remplacer l’ancien onduleur

J’ai découvert ce type de produit sur le salon Intersolar Europe 2026 que j’ai couvert en juin : la Marstek Venus E Pro.

Elle intègre un MPPT photovoltaïque haute tension qui accepte jusqu’à 3 000 W de panneaux, avec une plage d’entrée annoncée de 50 à 500 V. On peut donc y brancher une chaîne de plusieurs panneaux en série.

Vous voyez sans doute où je veux en venir. Sur une installation comme la mienne, les deux câbles DC qui arrivent aujourd’hui dans l’onduleur pourraient, en théorie, être raccordés à ce genre d’appareil. L’ancien onduleur disparaît, remplacé par un boîtier qui gère à la fois le photovoltaïque et le stockage.

Côté fiche technique, la Venus E Pro démarre à 2,08 kWh de capacité, extensible jusqu’à 12,48 kWh, avec un couplage AC de 2 kW et une alimentation de secours de 2 kW. Les cellules sont en LiFePO4, annoncées pour plus de 10 000 cycles.

Pour une vieille installation de 2 ou 3 kWc, l’idée me plaît beaucoup. Quitte à changer un onduleur fatigué, autant ne pas le remplacer par… un autre onduleur, et en profiter pour ajouter du stockage. Les panneaux produisent la journée, la batterie encaisse ce que la maison ne consomme pas tout de suite et le restitue le soir.

On passe d’une installation conçue en 2010 pour vendre des kWh à une installation pensée pour gérer l’énergie de la maison en 2030. Sacré changement de philosophie !

Attention : 500 V ne veut pas dire que toutes les anciennes installations sont compatibles

Pas question pour autant de brancher les yeux fermés une vieille chaîne photovoltaïque sur une batterie parce que l’étiquette affiche « 500 V ».

Il faut connaître la tension à vide (Voc) de chaque panneau, la tension de fonctionnement (Vmp), le courant de la chaîne et la configuration exacte des modules.

La tension maximale mérite qu’on s’y arrête : la Voc des panneaux augmente quand il fait froid. Une chaîne qui reste tranquillement sous les 500 V en été peut monter plus haut un matin glacial de janvier. Il faut donc calculer la Voc maximale de la chaîne avec le coefficient de température donné par le fabricant.

À vérifier aussi : la plage MPPT réellement exploitable, le courant maximal accepté, l’état des câbles et connecteurs DC, les protections, la mise à la terre… Sur une installation de 20 ans, je ferais de toute façon faire un contrôle électrique complet avant de toucher à quoi que ce soit. Des panneaux qui produisent encore bien, ça ne dit rien de l’état de ce qu’il y a autour.

Les vieux onduleurs, talon d’Achille de ces installations

J’en sais quelque chose. Mon installation n’avait pas deux ans quand l’onduleur a lâché. Le modèle avait apparemment un défaut connu et il a fallu le remplacer.

Pour ne rien arranger, l’installateur d’origine avait entre-temps connu des difficultés. J’ai fini par récupérer un onduleur identique, moyennant 250 € de frais de traitement.

C’est l’une des limites de cette génération d’installations : les panneaux peuvent tenir plusieurs décennies, l’électronique de puissance beaucoup moins. Une installation qui arrive en fin de contrat peut donc cumuler la fin du tarif d’achat et un onduleur qui a fait son temps. Avant de le remplacer à l’identique, je regarderais sérieusement du côté d’un système hybride avec stockage.

Autoconsommer sans vendre son surplus, c’est aussi possible

Tout le monde n’a pas envie de chercher un acheteur pour quelques centaines de kilowattheures injectés par an, surtout au prix de rachat actuel.

Enedis prévoit aussi l’autoconsommation totale, c’est-à-dire une installation qui n’injecte rien sur le réseau. Pour une ancienne installation en vente totale, il faut modifier le raccordement, demander la résiliation du contrat d’accès au réseau en production et signer une Convention d’Autoconsommation Sans Injection (CACSI). Un système de régulation empêche ensuite toute injection.

Avec une batterie bien dimensionnée et des appareils bien pilotés, ça peut se tenir. Mais viser à tout prix 100 % d’autoconsommation n’est pas toujours rentable : une énorme batterie achetée pour absorber quelques pics de production en été coûtera sans doute bien plus que l’énergie récupérée. Une batterie se dimensionne sur la consommation réelle du logement, pas sur la production du meilleur jour de juillet.

On peut aussi continuer à vendre l’électricité

Dernière option, à ne pas écarter : ne presque rien changer.

Enedis autorise la vente totale après la fin du contrat OA, à condition de trouver un acheteur et de faire rattacher l’installation au périmètre d’équilibre correspondant. Si l’installation tourne bien et qu’on ne veut pas de travaux, ça se défend.

Il faudra quand même comparer le tarif proposé avec ce que ferait économiser l’autoconsommation. Prenons une installation qui produit 2 000 kWh par an. Vendus quelques centimes pièce, ils ne rapportent pas grand-chose. A peine une centaine d’euros dans mon cas. S’ils remplacent en bonne partie de l’électricité que le foyer aurait achetée, ils valent nettement plus. Le calcul se fait au cas par cas.

Souvent, la meilleure solution mélangera autoconsommation, domotique et stockage

Une batterie seule ne fait pas tout, elle doit travailler avec le reste de la maison.

Prenons une journée de printemps. Les panneaux démarrent vers 8 h. La maison consomme 300 W, le toit en fournit 1 500. Le gestionnaire d’énergie envoie 300 W à la maison et une partie du surplus dans la batterie.

À midi, la production est forte : on lance le ballon d’eau chaude, et la voiture branchée au garage augmente peu à peu sa puissance de charge.

En fin d’après-midi, la production chute. La batterie prend le relais pour le frigo, l’éclairage, la télé, l’informatique, bref tout le talon de consommation. Le lendemain matin, il lui reste encore de quoi fournir quelques centaines de watts jusqu’au retour du soleil.

Voilà comment une installation de 20 ans trouve sa place dans une maison connectée d’aujourd’hui.

Ne démontez pas vos panneaux à la fin du contrat

Si je ne devais retenir qu’une chose, ce serait celle-là : la fin du contrat d’achat ne signe pas la fin de l’installation.

Des panneaux en bon état qui produisent correctement restent une source d’énergie tout à fait exploitable. Ce qui change, c’est la façon de valoriser ce qu’ils produisent.

Pendant 20 ans, on a cherché à produire le plus possible pour tout vendre. Ensuite, on cherche à consommer le plus possible de sa propre production et à acheter le moins possible au réseau. Deux vies bien différentes pour les mêmes panneaux.

Dans mon cas, j’ai encore cinq ans pour y réfléchir

Mon installation a été mise en service en 2011 : l’échéance tombera vers 2031, selon la date exacte de prise d’effet inscrite au contrat.

Cinq ans, dans le stockage résidentiel, c’est une éternité. Vu comment les batteries domestiques ont évolué rien qu’en deux ou trois ans, je me garderais bien d’acheter dès aujourd’hui le matériel qui remplacera mon onduleur en 2031 !

La Marstek Venus E Pro montre quand même bien le type de solution que j’ai en tête : un MPPT haute tension qui accepte directement ma chaîne de huit panneaux, une batterie modulaire, un onduleur intégré et une gestion intelligente de l’énergie. C’est dans cette direction que je vois la seconde vie de mes 2 kWc. D’ici 2031, les capacités auront encore progressé, les prix auront bougé et d’autres fabricants proposeront sûrement des architectures du même genre.

Pour ceux dont le contrat se termine en 2026 ou 2027, en revanche, c’est maintenant qu’il faut s’y mettre.

Que faire concrètement si votre contrat photovoltaïque se termine bientôt ?

Commencez par ressortir votre contrat EDF OA et repérez sa date exacte de prise d’effet. L’année sur la facture de l’installation ne suffit pas : c’est l’échéance du contrat qui compte.

Regardez ensuite vos dernières années de production. Elles vous diront ce que les panneaux produisent encore vraiment, donc combien d’énergie vous pourrez autoconsommer.

Relevez au passage les références des panneaux et de l’onduleur. Les caractéristiques électriques des modules vous serviront si vous envisagez un système hybride ou une batterie avec entrée photovoltaïque haute tension.

Penchez-vous aussi sur le raccordement. Une installation en vente totale ne passe pas en autoconsommation en déplaçant deux fils dans le tableau.

Contactez Enedis assez tôt pour connaître la procédure qui correspond à votre choix : vente totale avec un acheteur commercial, autoconsommation avec injection du surplus, autoconsommation sans injection ou arrêt de l’installation.

Enfin, faites étudier plusieurs scénarios par un installateur ou un électricien qui connaît vraiment le photovoltaïque. Au lieu de lui demander « combien coûte une batterie ? », demandez-lui comment tirer le meilleur des 1 500, 2 000 ou 3 000 kWh que vos panneaux produiront encore chaque année. La réponse ne sera pas la même d’une maison à l’autre.

Une seconde vie pour les panneaux

J’ai une certaine nostalgie pour ces vieilles installations. Elles viennent d’une autre époque du solaire résidentiel : panneaux intégrés à la toiture, gros onduleur central, compteur de production séparé, et chaque kilowattheure vendu. Tout avait été pensé autour du tarif d’achat.

Vingt ans plus tard, le décor a complètement changé. On trouve des batteries LiFePO4 abordables, des voitures électriques capables d’avaler plusieurs dizaines de kilowattheures, des pompes à chaleur, des chauffe-eau pilotables, des compteurs communicants et des systèmes domotiques qui suivent production et consommation quasiment en temps réel.

Perdre le tarif historique va faire mal quand on a pris l’habitude de toucher 1 000 ou 1 500 € par an. Mais les panneaux, eux, sont toujours sur le toit.

Plutôt que de regarder avec nostalgie le dernier virement d’EDF OA, autant préparer la suite : alimenter la maison, charger une batterie, chauffer l’eau, recharger la voiture et acheter moins d’électricité au réseau.

Après 20 ans à vendre leur électricité, ces panneaux vont enfin travailler pour la maison.

FAQ

Que se passe-t-il exactement à la fin des 20 ans du contrat EDF OA ?

Le contrat d’obligation d’achat se termine et votre tarif de rachat disparaît avec lui. Vos panneaux, eux, continuent de produire. À vous de décider quoi faire de cette électricité : la vendre à un nouvel acheteur sur le marché, passer en autoconsommation avec ou sans vente du surplus, ou arrêter l’installation.

EDF OA peut-il renouveler mon ancien contrat pour 20 ans ?

Non. Le contrat historique s’arrête à son échéance et on ne peut pas le prolonger en gardant l’ancien tarif. Il faut choisir une autre façon de valoriser l’électricité produite.

Est-ce que je perds mon électricité si je ne fais rien ?

Vous risquez de perdre l’accès au réseau. D’après Enedis, si aucun responsable d’équilibre n’est déclaré après la fin du contrat d’achat, le contrat d’accès au réseau peut être suspendu pendant trois mois, puis résilié. Mieux vaut préparer la suite plusieurs mois avant l’échéance.

Puis-je continuer à vendre toute ma production ?

Oui, si vous trouvez un acheteur qui vous propose un contrat commercial et que vous faites les démarches correspondantes auprès d’Enedis. Par contre, ne comptez pas retrouver les 50 ou 60 centimes du kilowattheure d’autrefois ! Comparez le prix proposé avec ce que vous économiseriez en consommant vous-même votre production.

Puis-je simplement utiliser mes panneaux pour alimenter ma maison ?

Oui, mais une ancienne installation en vente totale n’est généralement pas câblée comme une installation récente en autoconsommation. La production a son propre circuit et son propre comptage. Il faut modifier le raccordement pour que l’électricité solaire alimente la maison.

Faut-il supprimer le compteur de production ?

Passer de la vente totale à l’autoconsommation implique de modifier le raccordement et le comptage. La configuration exacte dépend de votre installation et du mode d’exploitation choisi. Faites une demande auprès d’Enedis plutôt que de toucher vous-même au câblage.

Faut-il obligatoirement passer le Consuel ?

Pas toujours. Tout dépend des modifications réalisées. Enedis indique qu’une attestation Consuel peut être demandée si le circuit électrique existant est modifié ou si une batterie est ajoutée. Il faut donc voir au cas par cas, selon les travaux réellement faits.

Mes panneaux ont 20 ans : faut-il les remplacer ?

Pas forcément, loin de là ! Un panneau perd un peu de puissance au fil des années, mais il peut fonctionner bien au-delà de 20 ans. S’il produit encore correctement, le garder sera souvent plus intéressant que de tout remplacer. Un contrôle de l’état des panneaux et de leur production vous aidera à trancher.

Et l’ancien onduleur ?

C’est souvent lui qu’il faut surveiller de près. L’électronique de puissance vieillit en général plus vite que les panneaux. Si votre onduleur central tourne depuis 15 ou 20 ans, profitez de la transformation de l’installation pour réfléchir à son remplacement, plutôt que d’attendre qu’il tombe en panne.

Peut-on remplacer l’ancien onduleur par une batterie solaire ?

Dans certains cas, oui, et c’est la piste qui m’intéresse le plus pour les installations anciennes. Certains systèmes récents regroupent batterie, onduleur et entrée photovoltaïque MPPT haute tension. Une vieille chaîne de panneaux reliée à un onduleur central peut alors, parfois, y être raccordée directement.

Faut-il installer des micro-onduleurs sur chaque ancien panneau ?

Pas forcément. C’est possible, mais rarement le plus simple. Sur une installation ancienne avec huit ou dix panneaux en série et seulement deux câbles DC qui arrivent près de l’onduleur, poser des micro-onduleurs oblige souvent à intervenir sous les panneaux, voire sur le toit. Un onduleur hybride ou une batterie qui accepte directement une chaîne haute tension sera souvent bien plus pratique.

Quelle capacité de batterie faut-il prévoir ?

Ça dépend de votre production, mais surtout de ce que vous consommez quand le soleil ne donne plus. Une installation qui produit 8 kWh par belle journée n’a pas forcément besoin d’une batterie de 8 kWh.
Si votre maison consomme l’essentiel de son solaire en direct dans la journée et seulement 3 ou 4 kWh entre le soir et le lendemain matin, une batterie plus petite sera sans doute plus rentable. Suivez votre consommation pendant quelques semaines avant de choisir.

Vaut-il mieux vendre le surplus ou le stocker ?

Tout dépend du prix proposé pour votre surplus, du prix auquel vous achetez l’électricité et du coût de la batterie. Sans oublier qu’un kWh stocké n’est jamais récupéré à 100 % : il y a des pertes à la charge et à la décharge.
Pour trancher, comparez le coût du kWh stocké sur toute la durée de vie de la batterie avec l’écart entre votre prix d’achat de l’électricité et le prix de revente du surplus.

Puis-je garder mes anciens panneaux et en ajouter de nouveaux ?

Oui, mais pas forcément sur le même MPPT. Des panneaux de puissances, de tensions ou de caractéristiques très différentes fonctionnent mal ensemble sur une même chaîne. L’extension peut avoir son propre MPPT, son propre onduleur ou des micro-onduleurs.
Ça peut donner des combinaisons sympas : garder les anciens panneaux qui marchent toujours et en ajouter quelques modernes sur un autre pan de toit, un garage ou une pergola.

Puis-je transformer moi-même mon installation ?

Un particulier compétent peut faire certaines opérations, mais on parle d’installations qui peuvent monter à plusieurs centaines de volts en courant continu. Contrairement à l’alternatif, un arc électrique en DC ne s’éteint pas tout seul au passage de la tension par zéro. Une fausse manipulation peut être très dangereuse.
Il faut aussi respecter les règles de conformité, de protection et de raccordement au réseau public. Pour la partie DC haute tension et la modification du raccordement, je vous conseille de passer par un professionnel qualifié.

Combien de temps avant la fin du contrat faut-il s’en préoccuper ?

Personnellement, je commencerais à m’y intéresser environ un an avant l’échéance. Ça laisse le temps de retrouver les caractéristiques des panneaux, d’analyser la production, de regarder le câblage, de comparer les batteries, de demander des devis et de faire les démarches auprès d’Enedis sans se presser.
Les travaux n’ont pas besoin d’être faits tout de suite. Mais le jour où le contrat prend fin, il vaut mieux savoir exactement ce qu’on va faire.

Comment connaître la date exacte de fin de mon contrat ?

Regardez la date de prise d’effet sur votre contrat d’achat EDF OA. Ne vous fiez pas à la date d’achat ou de pose des panneaux : il peut s’écouler plusieurs mois entre l’installation, le raccordement et le début réel du contrat.

Est-ce rentable de garder une installation photovoltaïque après 20 ans ?

Si les panneaux marchent encore correctement, ils produisent de l’électricité avec un investissement déjà largement remboursé. Aucune raison de s’en passer parce que le contrat d’achat s’arrête.
Reste à trouver comment tirer le meilleur des milliers de kilowattheures qu’ils produiront encore. Entre l’autoconsommation, le pilotage des appareils, la recharge d’une voiture électrique et le stockage sur batterie, on a aujourd’hui beaucoup plus de possibilités qu’au moment où ces panneaux ont été posés.

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