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Home Assistant 2026.11 est sortie le 4 novembre 2026, et l’équipe la présente comme la plus grosse mise à jour de l’histoire du projet. Vu les chiffres, difficile de dire le contraire : 5 827 contributions intégrées, 557 contributeurs et 38 nouvelles intégrations. Il va falloir quelques soirées pour en faire le tour.
Ce qui saute aux yeux en premier, c’est le Marketplace, autrement dit HACS intégré directement à Home Assistant. Mais ce serait dommage de s’arrêter là. Les automatisations sont plus simples à construire, les tableaux de bord peuvent se remplir tout seuls, l’historique aide enfin à comprendre pourquoi une lumière s’est allumée, et les caméras gagnent l’audio bidirectionnel, qu’on attendait depuis longtemps.
Ajoutez la prise en charge native de LoRaWAN, les interrupteurs Zigbee sans pile, un suivi de l’énergie plus simple et des sauvegardes plus pratiques : la version est très chargée.
HACS devient Marketplace : les extensions communautaires entrent dans Home Assistant
C’est l’annonce qui fera le plus parler. HACS (Home Assistant Community Store) devient officiellement le Home Assistant Marketplace, et il est intégré directement au système.
Si vous ne connaissez pas HACS : c’est l’outil qui sert à installer des intégrations développées par la communauté, des cartes personnalisées pour les dashboards ou des thèmes. Chez beaucoup d’utilisateurs avancés, c’est la première chose qu’on installe après Home Assistant lui-même.
Jusqu’ici, justement, il fallait l’installer à part. Cette étape disparaît : le Marketplace est accessible depuis les paramètres, y compris sur une installation Home Assistant Container sous Docker. On y trouve un espace pour découvrir de nouveaux projets, le catalogue complet et la liste des extensions installées. Les dépôts personnalisés sont toujours là, et il suffit maintenant de coller leur adresse GitHub pour les ajouter.

Installer une intégration communautaire va aussi plus vite. Quand c’est compatible, Home Assistant l’installe et ouvre directement sa configuration, sans redémarrage. Pour les mises à jour et les suppressions, un redémarrage peut encore être nécessaire.
Si vous utilisiez déjà HACS, rien à refaire : la migration est automatique, extensions installées et dépôts personnalisés compris.
Un point à garder en tête quand même : être intégré officiellement ne fait pas de ces extensions des intégrations certifiées. Elles restent développées et maintenues par des tiers, avec ce que ça implique pour la sécurité et la stabilité de votre installation.
On a consacré un dossier complet à ce changement (migration, sécurité, limitations) : Home Assistant transforme HACS en Marketplace : voici tout ce qui va changer.
Les entités changent de nom : une refonte qui pourrait surprendre les habitués
Sur le papier, c’est moins spectaculaire. C’est pourtant le changement à regarder de près avant de lancer la mise à jour.
Après plus de quatre ans de travail, Home Assistant revoit complètement la façon dont il affiche les noms des appareils et de leurs entités.
Pour s’y retrouver, on avait pris l’habitude des noms à rallonge. Une prise connectée pouvait avoir un capteur baptisé « Salon prise télévision consommation électrique ». Pas très élégant, mais au moins on savait de quoi il s’agissait.
Avec la 2026.11, chaque élément a son propre nom, et Home Assistant ajoute le contexte qui manque selon l’endroit où il l’affiche. Prenons une prise installée dans le salon. L’appareil peut s’appeler simplement « Télévision », avec deux entités « Puissance » et « Énergie ». Sur la fiche de l’appareil, ça suffit. Dans une liste qui regroupe tous les capteurs électriques de la maison, Home Assistant affichera plutôt « Télévision Puissance », avec la pièce à côté. On arrête de répéter la même information partout.
Ce fonctionnement s’applique aux tableaux de bord, aux paramètres, aux automatisations, à l’historique, aux commandes vocales et aux applications mobiles.
Bonne nouvelle : les identifiants techniques des entités ne bougent pas. Les automatisations et scripts qui s’appuient dessus continuent donc de fonctionner. Par contre, certains noms affichés dans les dashboards peuvent changer, et des cartes personnalisées risquent d’afficher des intitulés inattendus. Il faudra parfois préciser le nom à la main. Pour les assistants vocaux, les anciens noms sont gardés comme alias, histoire de ne pas casser vos commandes habituelles.
Autre nouveauté : les appareils complexes peuvent être découpés en appareils enfants. Une multiprise connectée, par exemple, peut présenter chacune de ses prises comme un appareil à part, avec son nom et sa pièce. ESPHome, MQTT et Z-Wave commencent déjà à s’en servir.
Si vous écrivez des templates, notez que l’attribut friendly_name va disparaître à terme. Les fonctions entity_name(), device_name() et area_name() prennent le relais pour récupérer les noms et le contexte.
La transition demandera sans doute quelques retouches, mais sur une grosse installation, le résultat devrait être bien plus cohérent.
Les tableaux de bord se construisent désormais presque tout seuls
Créer un beau dashboard dans Home Assistant est devenu de plus en plus simple au fil des versions. Il restait un défaut : il fallait ajouter chaque carte à la main, puis penser à mettre le tableau de bord à jour à chaque nouvel équipement.
La 2026.11 règle ça avec les sections automatiques. Quand vous ajoutez une section, vous choisissez maintenant entre une section manuelle et une section automatique, avec trois façons de la remplir.

La première reprend les commandes que vous utilisez le plus, sur le même principe que la vue d’ensemble de Home Assistant. La deuxième se construit autour d’un appareil précis : vous choisissez votre aspirateur robot, et ses commandes et informations s’affichent toutes seules.
La troisième est à mon avis la plus utile : une section construite à partir des entités qui répondent à certains critères. Par exemple, un dashboard pour l’éclairage du rez-de-chaussée. Vous sélectionnez les lumières des pièces concernées, Home Assistant construit la section. Si vous installez une nouvelle ampoule Zigbee dans le salon trois semaines plus tard, elle y apparaît d’elle-même, puisqu’elle correspond aux critères. Et vous pouvez exclure certaines entités.
Un aperçu montre le résultat avant de valider. Si vous voulez personnaliser les cartes librement, vous pouvez aussi convertir la section automatique en section manuelle, mais elle ne se mettra plus à jour toute seule.

Pour une installation qui bouge souvent, le gain est réel. Quand on teste beaucoup d’objets connectés, ajouter puis retirer leurs cartes dans plusieurs tableaux de bord devient vite une corvée. Je ne vais pas la regretter.
Copier des sections entières et personnaliser davantage les cartes
Les dashboards profitent aussi de plusieurs petites améliorations.
On peut maintenant copier, couper et coller une section entière. Plus besoin de recréer une dizaine de cartes une par une pour reproduire un bloc de commandes ailleurs : votre section chauffage peut être dupliquée sur la page générale, sur l’écran mural ou sur la vue smartphone.

Une nouvelle carte Date affiche la date du jour, avec plusieurs formats au choix.

Les cartes d’alerte progressent aussi. Leur éditeur visuel permet de choisir une couleur selon l’état de l’équipement, et de faire pulser l’alerte. Une porte d’entrée déverrouillée peut s’afficher en rouge, puis changer de couleur une fois fermée. On peut donc monter un dashboard de sécurité lisible sans une ligne de YAML.

La carte Capteur accepte une couleur personnalisée, appliquée à l’icône et au graphique. Les commandes de température proposent au choix des boutons ou un curseur, et les cartes d’éclairage ont une bande de couleurs pour changer directement la teinte d’une ampoule, avec un réglage de saturation en option.

Pris un par un, ce sont des détails. Mis bout à bout, l’interface devient nettement plus agréable au quotidien.
Automatisations : enfin la possibilité d’exclure certains appareils !
C’est sans doute ma nouveauté préférée de cette version.
Home Assistant sait depuis longtemps cibler dynamiquement tous les appareils d’une pièce, d’un étage ou d’une étiquette. C’est très pratique : un équipement ajouté plus tard rejoint l’automatisation sans qu’on ait à y toucher. Il manquait juste une chose : pouvoir faire des exceptions.

Un cas tout bête : vous voulez éteindre les lumières du rez-de-chaussée en allant vous coucher, mais garder l’éclairage extérieur et une veilleuse. Jusqu’ici, il fallait soit sélectionner les entités une par une, soit bricoler avec des templates.
Désormais, un réglage permet d’exclure des cibles directement dans l’automatisation. Vous choisissez le groupe d’appareils à piloter, puis ce qu’il faut ignorer : entités, appareils, zones ou étiquettes.
Et ça reste dynamique. Si vous excluez une pièce entière et que vous y ajoutez une ampoule le mois suivant, elle sera exclue elle aussi.
Les exclusions marchent aussi dans les déclencheurs et les conditions, quand ceux-ci acceptent des cibles. On peut imaginer un scénario qui éteint toutes les lumières d’un étage sauf dans les chambres occupées, ou un scénario de départ qui coupe toutes les prises connectées sauf celles du frigo, du NAS et du matériel réseau.
Sur une grosse installation, ça va simplifier pas mal d’automatisations.
L’éditeur d’automatisations devient beaucoup moins pénible
L’éditeur visuel continue de progresser, avec une série de petites améliorations qui feront plaisir à ceux qui passent leurs soirées à construire des scénarios.
La plus utile, à mon sens : remplacer une étape. Vous avez configuré une action pour allumer une lumière, choisi plusieurs entités, réglé quelques paramètres… et vous réalisez qu’il fallait l’éteindre. Avant, on supprimait l’action et on recommençait. Maintenant, le menu de l’étape propose une commande Remplacer, qui change l’action en gardant les paramètres compatibles. Ça marche aussi pour les déclencheurs et les conditions.
Les éléments utilisés récemment remontent dans les sélecteurs, ce qui fait gagner du temps quand on travaille toujours avec les mêmes appareils et les mêmes actions.
Certains déclencheurs d’état ont une nouvelle option « N’est pas » : l’automatisation se lance quand l’entité prend n’importe quelle valeur sauf une, sans template. Les sélecteurs de personnes sont aussi mieux intégrés, pratique pour les scénarios de présence.
On peut également modifier directement l’identifiant d’un déclencheur, annuler certaines fausses manipulations, et basculer entre l’éditeur visuel et le YAML avec Ctrl + Maj + Y (Cmd + Maj + Y sur Mac).
Dernier ajout : un déclencheur qui se lance après une mise à jour de Home Assistant. Il fournit l’ancienne et la nouvelle version, et ne réagit pas à un simple redémarrage. Parfait pour recevoir une notification quand la mise à jour est terminée.
Pourquoi cette lumière s’est-elle allumée ? Home Assistant aide enfin à trouver le coupable
Une lampe qui s’allume toute seule, un volet qui se ferme au mauvais moment, une automatisation qui n’en fait qu’à sa tête : tout le monde y a eu droit. Et quand plusieurs scénarios, assistants vocaux et intégrations pilotent les mêmes équipements, retrouver l’origine d’une action tourne vite à l’enquête.
La 2026.11 apporte plusieurs outils pour ça.
Le panneau Activité a maintenant un filtre par origine : action d’un utilisateur, d’une automatisation, d’un script ou d’une intégration. Au lieu de faire défiler des dizaines d’événements sans rapport, vous allez directement à ceux qui ont pu causer le problème.

Le plus intéressant se trouve dans Paramètres > Outils > Historique des actions. Cette page enregistre les appels d’actions de Home Assistant : ce qui a été exécuté, quand, sur quelles cibles et avec quelles données. En ouvrant une entrée, on voit son contexte, l’utilisateur concerné et, si elle existe, la trace associée. On peut aussi copier les données de l’action en YAML, ou la relancer.
Prudence avec ce dernier bouton. Rejouer l’allumage d’une lampe, aucun souci. Rejouer l’ouverture d’un portail, la désactivation d’une alarme ou la commande d’un équipement électrique, c’est une autre histoire.
Les traces des scripts appelés par des automatisations sont aussi mieux reliées aux exécutions correspondantes.
Si vous avez des dizaines, voire des centaines d’automatisations, vous risquez de ne plus pouvoir vous en passer.
Des journaux de diagnostic en direct, sans partir à la chasse aux fichiers
Toujours côté diagnostic, la consultation des journaux s’améliore.
Quand une intégration posait problème, la routine était connue : activer les logs de débogage, reproduire le problème, puis aller lire ou télécharger les fichiers. Ça marche toujours, mais il y a maintenant plus direct.
Une fois le débogage activé sur une intégration, un bouton ouvre ses journaux en direct. Les lignes s’affichent au fil de l’eau, on peut filtrer, chercher, et tout télécharger pour creuser plus tard. Pratique pour comprendre pourquoi MQTT perd la connexion, pourquoi un appareil ne répond plus ou pourquoi une authentification échoue.
Le journal général gagne aussi un filtre par intégration, pour n’afficher que ce qui concerne les composants qui vous intéressent.
Un conseil : pensez à couper le débogage une fois le problème trouvé. Certaines intégrations produisent une quantité impressionnante de données quand on l’oublie.
Des statistiques erronées ? Il devient possible de nettoyer uniquement les mauvaises données
Celle-ci va parler à tous ceux qui suivent leur consommation électrique ou leur production solaire dans Home Assistant.
Un capteur qui annonce d’un coup 15 000 kWh au lieu de 15 kWh à cause d’une erreur de mesure, et tout le graphique est écrasé. Les statistiques deviennent inexploitables.

Home Assistant savait déjà corriger certaines statistiques cumulatives, mais supprimer des mesures précises était plus compliqué, en particulier pour les températures.
Avec la 2026.11, on peut supprimer les statistiques d’une période donnée. Dans les outils de statistiques, vous choisissez le capteur et une plage de dates et d’heures, et un aperçu vous montre ce qui va être effacé. Plus besoin de vider tout l’historique d’un capteur pour quelques valeurs aberrantes.
Pour le suivi énergétique, où un capteur défaillant peut fausser des mois d’analyse, c’est précieux. Mais la suppression est définitive si vous n’avez pas de sauvegarde : vérifiez bien la période avant de valider.
Suivi de l’énergie : Home Assistant convertit désormais les watts en kWh plus facilement
Le tableau de bord Énergie a droit lui aussi à une amélioration très pratique. Pour bien la comprendre, petit rappel.
La puissance se mesure en watts : c’est ce que consomme un appareil à un instant donné. L’énergie se mesure en wattheures ou en kilowattheures : c’est ce qu’il a consommé sur une durée. Une prise connectée qui ne remonte que « 250 W » ne peut donc pas toujours servir telle quelle de compteur d’énergie.
Jusqu’ici, il fallait créer un capteur d’intégration pour transformer cette puissance en énergie consommée, puis utiliser ce nouveau capteur dans le tableau de bord Énergie.
Avec la 2026.11, quand vous ajoutez un équipement qui n’a qu’un capteur de puissance compatible, Home Assistant peut proposer de créer lui-même le capteur d’énergie. Même principe pour l’eau et le gaz, avec un total calculé à partir d’un capteur de débit.
Concrètement, une prise Shelly qui ne mesure que la puissance d’un appareil s’intègre bien plus facilement dans un suivi énergétique complet.
Le tableau de bord Énergie propose aussi une option pour afficher les totaux à l’échelle du foyer. Utile pour repérer les gros postes de consommation et voir où réduire la facture d’électricité.
Les caméras Matter arrivent dans Home Assistant, avec l’audio bidirectionnel en prime
La vidéosurveillance est l’autre gros chantier de cette version.
Home Assistant 2026.11 prend en charge les caméras définies par Matter 1.5. Ce n’est pas rien : les premières versions de Matter s’en tenaient aux équipements simples (éclairage, prises, capteurs, thermostats). Une caméra demande bien plus de ressources, avec des flux vidéo et audio à gérer.
Les caméras Matter compatibles apparaissent maintenant comme des caméras Home Assistant, avec le direct et les images fixes. La vidéo passe par WebRTC, une technologie de transmission en temps réel, et le flux peut s’établir directement entre le navigateur et la caméra. L’intégration tient aussi compte de certains états de la caméra, comme le mode confidentialité quand il existe.
Il faut évidemment une caméra compatible et un Matter Server assez récent. Et qu’une fonction soit prévue dans le standard ne veut pas dire que tous les appareils existants y auront droit tout de suite.
On a d’ailleurs publié un dossier détaillé sur les évolutions de Matter et de matter.js : Home Assistant passe à la vitesse supérieure avec Matter 1.6.1 et matter.js.
L’autre grosse nouveauté côté caméras, c’est l’audio bidirectionnel. Jusqu’ici, on pouvait souvent voir et entendre ce qui se passait devant une caméra depuis Home Assistant, mais pas parler dans son haut-parleur.
La fonction arrive dans Home Assistant Labs, accessible depuis les paramètres système. Une fois activée, un bouton de conversation s’affiche sur le flux des caméras compatibles. Quelqu’un sonne au portail : depuis la tablette murale, vous le voyez et vous lui parlez, sans ouvrir l’appli du fabricant.
Pour l’instant, ça concerne les caméras Matter compatibles et les équipements Reolink pris en charge par leur intégration. Côté Reolink, le flux doit passer en RTSP : les modes RTMP et FLV ne savent pas renvoyer l’audio vers la caméra. Autre limite : dans un navigateur, le micro ne fonctionne qu’avec un accès à Home Assistant en HTTPS. Pour les applis mobiles, c’est encore en développement.
La fonction reste expérimentale, mais pour une tablette murale qui sert de centre de contrôle, elle ouvre de belles possibilités.
LoRaWAN rejoint officiellement les protocoles pris en charge par Home Assistant
Après Zigbee, Z-Wave, Thread et Matter, Home Assistant ajoute LoRaWAN à ses protocoles.
LoRaWAN est une technologie radio faite pour envoyer de petites quantités de données très loin, en consommant très peu. Là où le Wi-Fi ou le Zigbee atteignent vite leurs limites, LoRaWAN peut couvrir plusieurs kilomètres dans de bonnes conditions.
Ça devient intéressant dès qu’on sort de la maison. Un grand terrain avec des capteurs d’humidité du sol, une serre au fond du jardin, un bassin, des dépendances : y amener du Wi-Fi n’est pas toujours simple, encore moins quand il n’y a pas d’électricité. Des capteurs LoRaWAN remontent leurs données de loin, avec une longue autonomie.
Une page dédiée apparaît dans Paramètres > Connectivité > LoRaWAN. Elle regroupe les connexions, les équipements associés et les informations radio, avec une vue du réseau qui montre quelles passerelles reçoivent les données de chaque capteur.

Tout ça passe par des serveurs réseau comme ChirpStack ou The Things Network, et des intégrations comme SenseCAP exploitent ensuite les données des capteurs compatibles.
Attention, Home Assistant ne devient pas une passerelle LoRaWAN à lui tout seul : il vous faut toujours l’infrastructure radio et réseau qui va avec. Mais pour une maison à la campagne, une exploitation agricole ou un grand jardin, ça vaut le coup de s’y pencher.
Zigbee Green Power : des interrupteurs qui fonctionnent sans pile
Côté protocoles toujours, ZHA (Zigbee Home Automation) prend maintenant en charge Zigbee Green Power.
Ce protocole permet à certains équipements Zigbee de fonctionner sans pile et sans alimentation. L’exemple le plus parlant : un interrupteur dont la pression mécanique produit assez d’énergie pour envoyer un message radio. Vous appuyez, un petit mécanisme transforme le mouvement en électricité, le message part. Pas de pile à changer, pas de câble à tirer. Certains interrupteurs Friends of Hue fonctionnent comme ça.
Avec ZHA, ces interrupteurs s’utilisent plus facilement dans Home Assistant, avec une présentation adaptée. Comme ils ne sont pas organisés tout à fait comme les appareils Zigbee classiques, leur affichage dans la carte du réseau et certains réglages sont spécifiques.
Si vous voulez ajouter des commandes sans faire de travaux, c’est une piste à creuser. Vérifiez quand même la compatibilité exacte de vos modèles et de votre coordinateur Zigbee.
Sauvegardes : les disques USB et SSD deviennent plus faciles à exploiter
Home Assistant OS savait déjà utiliser des partages réseau SMB ou NFS pour stocker sauvegardes et médias. Avec cette version, on peut aussi ajouter un disque local supplémentaire depuis l’interface.
Un SSD USB ou un disque interne compatible se sélectionne dans les paramètres de stockage, puis s’affecte aux sauvegardes, aux médias ou aux fichiers partagés. Il doit être formaté au préalable dans un système de fichiers pris en charge : Home Assistant ne s’en charge pas. Pratique sur un mini-PC, un Home Assistant Green ou une machine virtuelle avec un disque en plus.
La restauration progresse aussi. Home Assistant ne crée plus de copie temporaire complète de l’archive avant de restaurer, ce qui demande moins d’espace libre et peut accélérer l’opération.
Le suivi des envois est plus clair, avec une meilleure visibilité sur la progression vers les différentes destinations : Dropbox, Azure Storage, SFTP, Synology DSM ou Backblaze B2.
Un nouveau capteur donne enfin la taille de la dernière sauvegarde automatique réussie. De quoi monter une automatisation qui vous prévient si cette taille change brutalement, signe possible d’un souci.
Un rappel quand même : une sauvegarde sur un second disque branché au même serveur ne remplace pas une vraie sauvegarde externe. En cas de vol, de surtension ou de machine détruite, les deux partent ensemble.
L’intelligence artificielle gagne de nouveaux outils pour diagnostiquer et piloter Home Assistant
Home Assistant continue aussi d’ouvrir l’installation aux modèles de langage.
Les assistants IA compatibles avec l’API LLM de Home Assistant ont de nouveaux outils pour comprendre votre installation : consulter les informations système, chercher les actions disponibles, lire les journaux, obtenir plus de détails sur les intégrations. Un assistant bien configuré peut même être autorisé à lancer certaines actions ou à recharger une intégration.
Vous pourriez par exemple lui demander pourquoi une automatisation ne marche plus depuis la dernière mise à jour. S’il a les droits nécessaires, il pourra chercher une erreur dans les journaux, regarder les équipements concernés ou repérer une intégration en panne.
L’intégration MCP (Model Context Protocol), qui permet à des assistants et outils externes de dialoguer avec des systèmes compatibles, s’enrichit elle aussi.
Tout ça demande de faire attention à la sécurité. Un assistant qui lit les journaux n’a pas les mêmes pouvoirs qu’un assistant qui envoie des commandes à la maison. Home Assistant permet de limiter un serveur MCP à des outils en lecture seule, et les capacités plus avancées doivent être accordées volontairement par un administrateur. Quand une IA peut potentiellement toucher à une serrure ou au chauffage, c’est la moindre des choses.
Pour les plus avancés, la 2026.11 ajoute aussi une console Python de diagnostic, réservée aux développeurs et administrateurs expérimentés. Elle doit être activée explicitement, et ce n’est pas un outil pour tous les jours.
38 nouvelles intégrations : énergie, véhicules, chauffage, sécurité et bien plus
Avec 38 nouvelles intégrations officielles, la 2026.11 bat le record pour une version mensuelle. Je ne vais pas toutes les détailler, sinon cet article deviendrait un annuaire, mais plusieurs valent le détour.
Côté énergie, BLUETTI Modbus communique avec certaines stations d’énergie compatibles via leur interface Modbus TCP, en local, sans compte ni serveur cloud. Intéressant pour superviser une batterie domestique, si votre matériel suit. ENGIE Belgium récupère les informations tarifaires des contrats d’électricité et de gaz, dont des données de marché pour certains tarifs dynamiques.
Pour les voitures électriques, A Better Routeplanner remonte les infos des véhicules liés à un compte ABRP : niveau de batterie, autonomie, température, état de charge. Une intégration Škoda arrive aussi, pour consulter certains véhicules via Škoda Connect.
Côté sécurité, Grandstream Home permet de superviser les systèmes de contrôle d’accès compatibles.
Les boutons Flic 2, Flic Duo et Flic Twist ont maintenant une intégration Bluetooth directe. Bonne nouvelle pour créer des commandes physiques sans passer par un service cloud.
AnyList synchronise ses listes de courses avec les entités de tâches de Home Assistant.
Pour le chauffage et la ventilation, aerosmart surveille certaines installations en Modbus, et Hase iQ remonte les informations de combustion des poêles à bois compatibles.
On trouve aussi des intégrations pour les imprimantes HP en réseau local, la ventilation HAVEN IAQ, les prévisions météo Foreca, les contrôleurs Nature Remo, l’audio LibreSync et les serveurs Seafile. Sans oublier LoRaWAN, ChirpStack, The Things Network et SenseCAP, qui accompagnent l’arrivée du nouveau protocole.
On est loin de l’époque où Home Assistant servait surtout à allumer trois ampoules.
De nombreuses intégrations existantes progressent également
Les intégrations déjà présentes ne sont pas en reste.
Chez Shelly, un nouveau capteur indique l’origine de la dernière commande sur certains appareils. Très utile pour savoir pourquoi un équipement a changé d’état. L’intégration gagne aussi des fonctions propres à certains modèles : des mesures électriques pour les multiprises compatibles et des réglages supplémentaires pour l’éclairage.
ESPHome ajoute un proxy série : un périphérique série branché sur un appareil ESPHome devient accessible par le réseau. Un dongle Zigbee USB branché sur un ESPHome compatible peut ainsi être utilisé par ZHA à distance, sans être relié à la machine Home Assistant.
UniFi Protect prend en charge l’UniFi Protect Alarm Hub et ajoute plusieurs commandes, selon les équipements et le mode d’authentification. Dans ZHA, les groupes Zigbee peuvent maintenant être représentés comme des appareils, avec leur propre zone.
Bosch Smart Home Controller, HomematicIP Cloud, Midea, SwitchBot Bluetooth, Renault et WLED reçoivent aussi de nouvelles fonctions. Côté solaire et stockage, Teslemetry, la prise en charge locale du Powerwall et certains onduleurs et systèmes énergétiques progressent.
Rien de spectaculaire, mais ce genre d’ajout évite souvent d’installer une intégration personnalisée juste pour récupérer une donnée ou une commande.
Encore quelques nouveautés pratiques à découvrir
La 2026.11 contient aussi une série d’améliorations plus discrètes.
L’assistant de groupe permet maintenant de regrouper des calendriers, pratique pour les dashboards et certaines automatisations.
Pour exposer des entités aux assistants vocaux, on peut enfin faire une sélection multiple au lieu de modifier chaque équipement un par un.
De nouveaux déclencheurs et conditions liés au radon facilitent les scénarios de ventilation pour ceux qui ont des capteurs compatibles.
Les formulaires de configuration n’affichent certains champs que lorsque les choix précédents les rendent utiles.
Enfin, cinq intégrations qui se configuraient surtout en YAML passent à l’interface graphique : Bitcoin, Folder, Keyboard Remote, OpenWrt (ubus) et Sky Hub.
Home Assistant devient plus accessible, sans rien retirer aux possibilités avancées.
Attention aux changements de compatibilité avant d’installer Home Assistant 2026.11
Sur une mise à jour de cette taille, mieux vaut prendre quelques précautions.
Le nouveau nommage des entités est le changement le plus visible sur une installation existante. Les identifiants techniques ne bougent pas, mais certains dashboards et templates personnalisés auront peut-être besoin de retouches.
Si vous avez du Z-Wave, vérifiez votre version de Z-Wave JS Server : il faut au minimum la 3.11.0 (schéma 51). Avec l’application officielle Z-Wave JS sur Home Assistant OS, il faut la 1.9.0 ou plus. Avec Z-Wave JS UI sous Docker, la 11.24.2 minimum.
D’autres intégrations ont leurs propres changements. AdGuard Home demande au moins la version 0.107.30 pour certaines fonctions, Uptime Kuma la 2.0.0. Plusieurs anciennes entités UniFi Protect disparaissent après leur période de dépréciation. Certains équipements Matter de chauffage et de climatisation changent de comportement, notamment à la remise en marche. Et l’intégration Flipr est supprimée après la liquidation de l’entreprise ; un composant minimal reste là pour prévenir les installations concernées.
Comme d’habitude, faites une sauvegarde complète avant la mise à jour, idéalement téléchargée sur un support indépendant de la machine Home Assistant. Vérifiez aussi la compatibilité de vos intégrations communautaires et cartes personnalisées, surtout si vous en avez beaucoup.
Après l’installation, un tour dans les journaux, les réparations et vos principaux dashboards permet de repérer vite les éventuels problèmes.
Et si votre domotique gère des choses essentielles comme le chauffage ou la sécurité, attendre une ou deux versions correctives reste une sage décision.
Home Assistant 2026.11 : une mise à jour qui améliore surtout la vie quotidienne
Ce qui me plaît dans cette version, c’est qu’elle ne se contente pas d’empiler des compatibilités.
Le Marketplace intégré compte beaucoup pour l’écosystème communautaire, et LoRaWAN, les caméras Matter ou Zigbee Green Power élargissent le matériel utilisable. Mais au quotidien, je pense que ce sont d’autres fonctions qu’on va apprécier : exclure une pièce d’une automatisation, avoir des dashboards qui se mettent à jour tout seuls, retrouver d’où vient une commande, nettoyer quelques statistiques faussées sans perdre tout l’historique. On en voit l’intérêt dès la première semaine.
Home Assistant demande de moins en moins de bricolage pour les petites choses, tout en gardant sa souplesse pour ceux qui veulent aller loin. La 2026.11 en est un bon exemple : il y a de quoi faire pour les débutants comme pour les installations les plus poussées.
Presque 6 000 contributions en un seul cycle de développement : le rythme reste impressionnant. Et l’année n’est pas finie. La 2026.12 est attendue le 2 décembre 2026, avec notamment Home Assistant Cloud qui deviendra officiellement Home Assistant Link, comme on l’a expliqué dans notre article consacré à ce changement.
D’ici là, la 2026.11 a largement de quoi nous occuper.
Et vous, qu’est-ce qui vous tente le plus : les exclusions dans les automatisations, les dashboards automatiques, l’audio bidirectionnel ou le nouveau Marketplace ?







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