Lankeleisi KETT-8 : ce vélo électrique a une étonnante façon de s’adapter à son cycliste

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Choisir un vélo électrique, c’est souvent accepter un compromis. Un modèle urbain fera très bien l’affaire pour rejoindre le bureau ou rapporter quelques courses, mais il montrera vite ses limites dès que le bitume s’arrête. Les gros fat bikes, eux, passent à peu près partout et se révèlent confortables, mais il faut composer avec leur poids et leur manque d’agilité dans les manœuvres.

Entre les deux, quelques vélos essaient de trouver leur place. Le vélo électrique Lankeleisi KETT-8 fait partie de ceux-là. Pneus de 26 x 3 pouces, suspension avant et arrière, batterie de 960 Wh, moteur de 250 W : la fiche technique tient déjà la route. Mais son idée la plus intéressante se cache ailleurs, dans sa capacité à changer de comportement selon la façon dont on a envie de pédaler ce jour-là. Et ça, on ne le voit pas tous les jours.

Entre vélo de ville et fat bike, une troisième voie

Difficile de ranger le KETT-8 dans une case. Il emprunte quelques codes au fat bike, sans aller jusqu’aux énormes pneus de 4 pouces. Son cadre ouvert, son porte-bagages, ses garde-boue et son équipement complet évoquent plutôt un vélo pensé pour les déplacements quotidiens. Et sa suspension intégrale lui ouvre les chemins, ainsi que les routes franchement mal en point. Le mélange est étonnant, mais il se tient.

Le cadre en aluminium est annoncé pour des cyclistes mesurant entre 1,60 m et 1,90 m, avec une charge maximale de 180 kg. Cette dernière valeur est élevée pour un VAE et laisse de la marge une fois les bagages ajoutés.

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Reste le revers de la médaille : environ 35 kg sur la balance. Ce n’est clairement pas le vélo que vous monterez au quatrième étage sous le bras chaque soir. En retirant la batterie, qui pèse près de 5 kg, on repasse tout juste au-dessous des 30 kg. Autant dire que cette construction généreuse se paie. Mais elle se justifie dès que la route se dégrade.

Des pneus de 3 pouces qui changent pas mal de choses

Lankeleisi aurait pu monter des 26 x 4 pouces et livrer un fat bike électrique pur et dur. Le constructeur a préféré une voie intermédiaire, avec des Kenda en 26 x 3 pouces.

Sur le papier, un pouce d’écart semble anecdotique. Sur la route, il change le caractère du vélo. Le pneu reste assez volumineux pour apporter du confort, de la stabilité et une bonne capacité à avaler les petites imperfections, mais il se montre moins pataud qu’un 26 x 4. Résultat, le vélo garde une maniabilité appréciable en ville, dans les virages ou lorsqu’il faut se faufiler à faible allure.

Les pneus ne travaillent d’ailleurs pas seuls. À l’avant, la fourche suspendue est réglable. À l’arrière, on trouve un véritable amortisseur pneumatique DNM, dont la pression et le rebond se règlent. Le cadre est donc réellement suspendu, et pas simplement équipé d’une tige de selle censée filtrer trois vibrations.

Sur une route abîmée, des pavés ou un chemin de campagne, la différence saute aux yeux. D’après les retours utilisateurs, le confort semble être la grande réussite de ce modèle.

Couple ou cadence : pourquoi choisir ?

Venons-en à la fonction la plus intéressante du KETT-8.

Un vélo électrique s’appuie généralement sur un capteur de cadence ou sur un capteur de couple pour savoir quand et comment déclencher son assistance.

Le premier se contente de détecter la rotation du pédalier. Vous pédalez, le moteur intervient. L’effort demandé peut devenir très faible, les jambes servant surtout à maintenir le pédalier en mouvement. C’est confortable, mais parfois un peu artificiel. Certains systèmes accusent en prime un léger délai au démarrage, particulièrement désagréable quand on repart dans une côte avec un rapport trop élevé.

Le capteur de couple, lui, mesure la pression exercée sur les pédales et adapte l’assistance en conséquence. Vous poussez doucement, le moteur accompagne doucement. Vous appuyez plus fort, il en donne davantage. On se rapproche beaucoup plus de la sensation d’un vélo classique auquel quelqu’un aurait discrètement ajouté une paire de jambes.

D’habitude, il faut choisir son camp au moment de l’achat. Pas ici : le KETT-8 permet de basculer du capteur de couple au capteur de cadence directement depuis son commodo, en pleine balade, sans se perdre dans des menus à rallonge.

Imaginez une sortie d’une cinquantaine de kilomètres. Au départ, l’envie de pédaler est là, alors vous restez en mode couple, et l’assistance suit naturellement vos efforts. Deux heures plus tard, le vent s’est levé, une jolie côte se dessine et les jambes commencent sérieusement à protester. Un basculement en mode cadence, et le moteur reprend la main.

C’est tout bête, mais c’est probablement ce qui rend ce KETT-8 réellement polyvalent.

Un moteur de 250 W qui a du répondant

Pour rester dans la catégorie des vélos à assistance électrique autorisés sur la voie publique, le KETT-8 embarque un moteur arrière de 250 W nominaux, avec une assistance coupée à 25 km/h (mais débrayable si besoin).

Les cinq niveaux d’assistance ne se contentent pas de fixer une vitesse : ils modifient la puissance avec laquelle le moteur accompagne le cycliste. On peut donc rouler en assistance douce sur le plat pour ménager la batterie, puis monter d’un cran ou deux à l’approche d’une côte. La transmission Shimano à huit rapports reste évidemment là pour ajuster l’effort mécanique en parallèle.

Une gâchette d’accélération est aussi livrée et peut être montée sur le vélo. Prudence toutefois avec la réglementation : ce type d’utilisation, comme le débridage qui permet de dépasser les caractéristiques réglementaires du VAE, n’a pas sa place sur la voie publique. Au quotidien, le fonctionnement classique limité à 25 km/h suffit largement.

Une batterie Samsung de 960 Wh pour voir venir

Pour alimenter tout ça, Lankeleisi a intégré au cadre une batterie 48 V de 20 Ah. Un rapide calcul donne 960 Wh, ce qui est plutôt confortable.

Les cellules sont annoncées comme provenant de chez Samsung, et la batterie se retire à l’aide d’une clé. Pratique pour la recharge, mais aussi pour rentrer la batterie au chaud lorsque le vélo passe la nuit dans un garage non chauffé. Le chargeur fourni délivre 3 A, pour une charge complète annoncée en un peu moins de sept heures.

Avec 960 Wh sous le cadre, les longues balades deviennent donc envisageables sans arrière-pensée. Et c’est probablement là que le KETT-8 s’exprime le mieux.

Un équipement pensé pour rouler vraiment

Un vélo polyvalent perd vite de son intérêt s’il faut acheter une demi-douzaine d’accessoires avant de pouvoir l’utiliser au quotidien. De ce côté, le KETT-8 arrive plutôt bien servi.

On trouve un porte-bagages arrière soudé au cadre, des garde-boue métalliques, un éclairage avant à LED et un dispositif lumineux arrière particulièrement complet, avec feu arrière, feu stop, clignotants et éclairages latéraux. Pour un vélo utilisé tous les jours, notamment à la mauvaise saison lorsque la nuit tombe à 17 h, ces équipements se révèlent autrement plus utiles qu’un gadget connecté dont on se servira deux fois.

Le freinage a été dimensionné en conséquence : des freins hydrauliques Zoom à quatre pistons mordent des disques de 180 mm. Avec 35 kg de vélo, auxquels s’ajoutent le cycliste et parfois les bagages, ce n’est pas du luxe.

Le poste de conduite comprend enfin un écran qui affiche la vitesse, le niveau d’assistance, la distance parcourue et l’état de la batterie.

Lankeleisi soigne aussi les petits détails

Le KETT-8 donne l’impression que son constructeur a passé du temps sur autre chose que l’alignement de caractéristiques flatteuses.

Les câbles sont en grande partie dissimulés et rejoignent le cadre depuis la potence. Les connecteurs électriques sont protégés, les poignées sont vissées pour ne pas tourner, et le phare est fixé à la potence de façon à suivre la direction du vélo.

On retrouve là une approche assez représentative des modèles récents de Lankeleisi : des vélos généreusement équipés, souvent imposants, mais dont le niveau de finition a nettement progressé. Le KETT-8 pousse simplement la recette un cran plus loin.

Le KETT-8 est-il vraiment le vélo électrique à tout faire ?

À regarder sa fiche technique, puis surtout les retours de ceux qui ont avalé plusieurs dizaines de kilomètres avec lui, le KETT-8 coche beaucoup de cases. Garde-boue, éclairages, clignotants et porte-bagages l’autorisent à assurer les trajets quotidiens. Ses pneus de 3 pouces et sa double suspension lui permettent de quitter le bitume sans transformer chaque nid-de-poule en séance de rodéo. Sa batterie de 960 Wh ouvre la porte aux longues sorties. Et le passage du capteur de couple au capteur de cadence adapte réellement le vélo à l’envie, ou à la forme, du moment.

Il n’est évidemment pas parfait. Ses 35 kg sont impossibles à ignorer. Son gabarit le destine plutôt à quelqu’un disposant d’un garage ou d’un espace de rangement adapté qu’à un citadin obligé de porter son vélo dans les escaliers.

Sa philosophie, en revanche, mérite le détour. Plutôt que de fabriquer un vélo très spécialisé, Lankeleisi a cherché l’équilibre : assez confortable pour les chemins, assez maniable pour la ville, assez équipé pour le quotidien et suffisamment endurant pour partir bien plus loin le week-end. Surtout, il laisse son cycliste décider de la manière dont il souhaite être assisté. Un matin, on a envie de pédaler pour de bon. Le soir, avec 50 km dans les jambes et une dernière côte avant la maison, on est souvent bien content de laisser le moteur prendre sa part du travail.

C’est peut-être ça, finalement, un vélo électrique vraiment polyvalent : pas celui qui excelle dans une seule discipline, mais celui que l’on enfourche sans même se demander quel trajet nous attend.

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