Zendure à l’IFA 2026 : trois ans après SolarFlow, la marque veut piloter toute l’énergie de la maison

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Il y a trois ans, presque jour pour jour, je découvrais Zendure à l’IFA de Berlin. La marque présentait alors un produit qui m’avait immédiatement intrigué : SolarFlow. L’idée paraît presque banale aujourd’hui. Elle l’était beaucoup moins en 2023 : récupérer le surplus produit par quelques panneaux photovoltaïques, le stocker dans une batterie, puis le restituer plus tard dans la maison. Trois ans plus tard, me voici à nouveau sur le stand Zendure à Berlin. Et en discutant avec l’équipe, je me suis rendu compte du chemin parcouru.

On parle maintenant de HEMS, de PowerHub, de pompes à chaleur, de recharge de véhicules électriques, de prévisions météo, de tarifs de l’électricité et, forcément en 2026, d’intelligence artificielle. Beaucoup de choses ont changé. Pourtant, en remontant le fil depuis le premier SolarFlow, l’évolution est assez logique. Zendure a commencé par apprendre à stocker intelligemment l’énergie solaire. Puis à gérer les échanges avec le réseau. Puis plusieurs batteries. Et maintenant toute la maison.

J’ai eu la chance de suivre une bonne partie de cette histoire, avec plusieurs tests, des lancements et pas mal de discussions avec les équipes Zendure. Retour à Berlin, donc, là où tout avait commencé pour moi.

En 2023, SolarFlow voulait simplement éviter de gaspiller du soleil

Petit retour en arrière.

À l’IFA 2023, Zendure présente SolarFlow autour du Smart PVHub 1200 et des batteries AB1000.

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Le principe me plaît immédiatement. Le système s’installe entre les panneaux photovoltaïques et le micro-onduleur. Quand la maison a besoin d’énergie, la production solaire est utilisée. Quand elle produit trop, le surplus part dans la batterie au lieu d’être injecté gratuitement sur le réseau. Quelques heures plus tard, cette énergie peut être réutilisée.

J’avais rapidement voulu vérifier tout ça à la maison. Après deux mois de test, le constat était plutôt bon : SolarFlow exploitait beaucoup mieux la production d’une petite installation photovoltaïque.

Avec le recul, on retrouvait déjà quelques idées qui sont toujours présentes chez Zendure aujourd’hui. Des batteries modulaires, une installation relativement accessible et surtout la volonté d’automatiser les échanges d’énergie.

Le système pouvait notamment travailler avec un compteur Shelly pour savoir ce que consommait réellement la maison.

Les capacités restaient malgré tout modestes par rapport aux produits actuels. Le PVHub 1200 acceptait jusqu’à 800 W de panneaux et le stockage tournait autour de 4 kWh avec plusieurs batteries.

À l’époque, ça me paraissait déjà très intéressant. Trois ans plus tard, les chiffres font presque sourire.

Avec l’Hyper 2000, la batterie commence à jouer avec le réseau

L’année suivante, Zendure accélère.

Au CES 2024 arrive notamment le PVHub 2000. La puissance photovoltaïque grimpe jusqu’à 2340 W et les nouvelles batteries AB2000 approchent les 2 kWh chacune. Avec quatre batteries, on arrive autour de 7,7 kWh. On commence déjà à s’éloigner du petit kit solaire installé sur un balcon.

Puis arrive l’Hyper 2000, que j’ai également eu l’occasion de tester.

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Et là, un détail change beaucoup de choses : le système devient bidirectionnel côté réseau. La batterie peut toujours récupérer le surplus solaire, mais elle peut également se charger depuis le secteur.

C’est particulièrement intéressant chez moi en hiver. En novembre ou décembre, même avec pas mal de panneaux photovoltaïques, certaines journées ne produisent presque rien. Plutôt que de laisser les batteries vides, il devient possible de les charger pendant les heures où l’électricité coûte moins cher, puis de récupérer cette énergie quand le tarif remonte.

Avec Tempo ou une tarification heures creuses/heures pleines, il y a déjà de quoi s’amuser.

La batterie ne sert donc plus uniquement à conserver les kWh produits sur le toit. Elle commence à décider à quel moment il vaut mieux prendre ou restituer de l’énergie.

Zendure lance aussi l’ACE 1500, qui transforme les batteries AB1000 et AB2000 en alimentation autonome avec prises 230 V et USB. Les mêmes batteries peuvent alors servir à la maison ou devenir une sorte de station électrique transportable.

Petit à petit, les produits commencent à se parler et à partager les mêmes briques.

Le SolarFlow 2400 AC+ montre bien le changement de philosophie

J’ai retrouvé cette évolution très récemment avec le SolarFlow 2400 AC+, que j’ai testé à la maison.

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L’installation est assez étonnante pour un système de stockage : on pose la batterie, on la branche sur une prise 230 V et on l’ajoute à l’application. C’est tout.

Une fois associé à un compteur énergétique, le SolarFlow surveille les échanges de la maison et adapte sa puissance.

Les panneaux produisent 1200 W de trop ? La batterie récupère ce surplus. Quelques heures plus tard, la maison tire 400 W sur le réseau ? Elle fournit 400 W.

Un appareil démarre ? Elle ajuste à nouveau sa puissance.

Dans mon cas, j’ai pu utiliser directement mon Shelly Pro 3EM déjà installé. C’est un détail que j’apprécie beaucoup : quand on a déjà une installation domotique bien équipée, on n’a pas forcément envie d’ajouter encore un compteur propriétaire dans le tableau électrique.

Mais le plus amusant est ailleurs.

J’ai plusieurs équipements Zendure chez moi. Une batterie peut être raccordée directement aux panneaux photovoltaïques tandis qu’une autre est simplement branchée sur une prise ailleurs dans la maison.

Quand la première batterie est pleine et commence à injecter son surplus, la seconde peut le récupérer.

Il n’y a aucun câble entre les deux systèmes. L’électricité passe simplement par le réseau de la maison et le HEMS coordonne les échanges.

Voilà le genre de scénario que j’aurais probablement monté moi-même avec Home Assistant il y a quelques années. Ici, l’utilisateur n’a plus besoin de bricoler ses propres automatisations.

ZEN+ HOME veut mettre tous les gros consommateurs autour de la même table

La stratégie est devenue beaucoup plus claire lors de mes précédentes rencontres avec Zendure, notamment à Lille puis à Intersolar Munich cette année.

Elle porte maintenant un nom : ZEN+ HOME.

L’idée est de gérer ensemble la production solaire, les batteries et les principaux équipements énergétiques de la maison.

Le PowerHub prend alors une place importante. Il peut centraliser plusieurs systèmes SolarFlow, gérer le stockage et le secours électrique, tout en échangeant des informations avec d’autres équipements. Zendure travaille notamment sur les pompes à chaleur, les bornes de recharge et différents onduleurs photovoltaïques.

L’ouverture vers Home Assistant, Homey et MQTT m’intéresse évidemment beaucoup plus qu’une énième application fermée.

Une maison connectée finit rarement avec une seule marque. Chez moi, c’est même tout l’inverse. Shelly côtoie Home Assistant, différents systèmes solaires et une ribambelle d’équipements qui n’avaient initialement aucune raison de discuter ensemble.

Un gestionnaire d’énergie doit composer avec cette réalité.

À l’IFA 2026, Zendure ajoute une couche de prévision

Retour à Berlin. Cette année, Zendure présente ce qu’il appelle son « Agentic HEMS ». J’avoue que le terme m’a fait tiquer.

J’ai d’ailleurs passé un bon moment à en discuter avec l’équipe sur le stand, car « AI » est devenu le mot qu’il faut absolument placer partout. Robots tondeuses, aspirateurs, voitures, électroménager… tout devient AI. Or, ce qui m’intéresse est beaucoup plus terre à terre : qu’est-ce que ça va réellement faire chez moi ?

La réponse de Zendure tient dans trois noms : ZenPulse, ZENKI AI Agents et Zen+OS.

Derrière ces appellations marketing, il y a une idée assez facile à comprendre.

Le système ne doit plus seulement regarder ce que consomme la maison maintenant. Il doit essayer de savoir ce qui va se passer quelques heures plus tard.

ZenPulse regarde la météo avant de remplir la batterie

ZenPulse est chargé des prévisions. Il peut tenir compte de la météo, de la production photovoltaïque attendue, des habitudes de consommation et du prix de l’électricité.

Prenons un exemple concret.

Il est 23 h, la batterie est presque vide et les prévisions annoncent de la pluie toute la journée suivante. Il y a peu de chances que les panneaux produisent suffisamment pour la remplir. Le système peut alors décider qu’il vaut mieux acheter quelques kWh pendant les heures creuses.

Même situation avec une grosse journée ensoleillée annoncée le lendemain : remplir la batterie pendant la nuit serait idiot puisqu’on manquerait ensuite de capacité pour stocker gratuitement le solaire.

Ce type d’automatisation n’est pas nouveau pour les lecteurs qui utilisent Home Assistant. Avec les bonnes intégrations et quelques automatisations, on peut déjà faire des choses assez poussées.

Seulement voilà : tout le monde n’a pas envie de passer son dimanche après-midi à écrire des scénarios pour charger une batterie à 2 h 17 du matin.

Et c’est là que l’approche de Zendure prend tout son sens.

ZENKI doit décider quoi faire de ces prévisions

ZENKI récupère ensuite ces informations pour établir une stratégie.

Quand faut-il charger ? Combien faut-il conserver dans la batterie ? Est-il préférable d’utiliser l’électricité maintenant ou de la garder pour plus tard ? La voiture doit-elle attendre avant de commencer sa recharge ?

L’utilisateur indique ses préférences et le système essaie ensuite de gérer le reste.

Sur le papier, c’est exactement ce que j’attends d’un bon gestionnaire d’énergie.

Pendant mon entretien à l’IFA, l’équipe Zendure m’a demandé ce que je recherchais en priorité après avoir testé autant de systèmes de stockage. Ma réponse a été assez simple : je veux pouvoir les oublier.

Je n’ai aucune envie d’ouvrir l’application trois fois par jour pour vérifier que la batterie communique toujours avec le compteur, que le mode automatique fonctionne ou que la programmation n’a pas sauté.

J’aime consulter les statistiques, bien sûr. Regarder à la fin du mois combien j’ai produit, stocké ou économisé est intéressant.

Mais au quotidien ? Le système doit travailler tout seul. Et s’il y a un problème, qu’il m’envoie une notification.

Zen+OS devra surtout réussir à parler avec le reste de la maison

La troisième brique est Zen+OS. C’est elle qui doit relier les décisions prises par ZENKI aux équipements.

Zendure annonce une architecture ouverte via des API, avec notamment Home Assistant, Homey et MQTT, mais aussi des onduleurs photovoltaïques, des bornes de recharge et des milliers de modèles de pompes à chaleur. C’est probablement cette partie que je surveillerai le plus attentivement.

Les prévisions météo sont intéressantes. Un algorithme capable de déterminer quand charger une batterie aussi. Mais si le système reste enfermé dans son propre écosystème, on perd une bonne partie de l’intérêt.

Si, au contraire, il peut savoir que ma voiture doit être chargée demain matin, demander à la pompe à chaleur de décaler légèrement son fonctionnement et conserver assez d’énergie dans les batteries pour passer une période tarifaire coûteuse, là, on commence à parler d’une maison qui gère vraiment son énergie.

Et mon vieil Hyper 2000 dans tout ça ?

C’est une question que je tenais absolument à poser sur le stand.

Zendure a lancé énormément de produits en trois ans. Forcément, certains utilisateurs commencent à se demander si leur matériel acheté l’année précédente ne va pas être oublié à la sortie du suivant.

J’ai donc pris un exemple très concret : l’Hyper 2000. Est-ce que lui aussi pourra profiter de cette nouvelle gestion ?

La réponse qui m’a été donnée à l’IFA est oui. Zendure prévoit d’étendre ces fonctions aux produits existants et l’Hyper 2000 m’a été explicitement confirmé comme compatible.

C’est une réponse qui me rassure, même s’il faudra évidemment voir comment tout cela sera déployé en pratique.

Une batterie domestique n’est pas un smartphone qu’on change tous les deux ans. Quand quelqu’un investit plusieurs centaines ou milliers d’euros dans son installation énergétique, il s’attend à la conserver longtemps. Et surtout à ce que le fabricant ne l’oublie pas au premier changement de gamme.

Avant l’IA, je veux surtout un système qui fonctionne tous les jours

La discussion a d’ailleurs pris une tournure assez intéressante lorsque Zendure m’a interrogé sur les autres systèmes énergétiques que j’avais pu tester.

Qu’est-ce qui compte le plus ?

La sécurité, d’abord.

La fiabilité, juste derrière.

Ça paraît moins sexy qu’un grand logo AI sur un stand de l’IFA, j’en conviens.

Mais une batterie installée dans une maison doit fonctionner 24h/24. Si elle dépend d’un compteur connecté, celui-ci ne doit pas disparaître régulièrement du réseau. Une mise à jour firmware ne doit pas immobiliser le système. Et quand quelque chose ne va pas, l’utilisateur doit le savoir.

J’ai déjà rencontré ce genre de problème avec certains produits concurrents : compteur qui perd sa connexion, mise à jour qui se passe mal, correction poussée à distance après avoir contacté le fabricant…

Quand on teste un produit, on surveille tout. Un utilisateur normal, lui, ne va pas ouvrir son application chaque matin pour vérifier que tout va bien. Il faut donc que le système soit fiable sans surveillance.

Et plus Zendure lui donnera d’autonomie, plus ce point deviendra important.

Le matériel continue lui aussi de grossir

Pendant qu’on parle d’IA, Zendure n’a évidemment pas arrêté de fabriquer des batteries et des onduleurs.

La différence avec 2023 est assez spectaculaire.

Le SolarFlow 2400 AC+ ajoute facilement du stockage AC à une installation existante. Le SolarFlow 2400 Pro va plus loin avec ses entrées photovoltaïques et ses quatre MPPT.

Puis vient la famille SolarFlow Mix, avec notamment les Mix 3000 et 4000.

Lors de notre précédente rencontre, j’avais également découvert le PowerHub, qui doit coordonner des installations beaucoup plus importantes.

On est loin, très loin, des 800 W photovoltaïques du premier PVHub 1200.

J’espère d’ailleurs pouvoir vous proposer un test de la version Pro prochainement. Car une belle démonstration à l’IFA, c’est bien. Mais une batterie qui passe quelques semaines à la maison avec des panneaux, un Shelly, Home Assistant et ma consommation réelle, c’est quand même beaucoup plus parlant :)

Trois ans plus tard, je ne regarde plus Zendure de la même façon

En quittant le stand, je me suis repassé mentalement ma première rencontre avec Zendure.

2023. SolarFlow. Un PVHub 1200. Quelques batteries empilées et une idée toute simple : pourquoi envoyer gratuitement mon surplus solaire sur le réseau alors que je pourrais le garder pour ce soir ?

Aujourd’hui, la discussion porte sur la météo du lendemain, le prix futur de l’électricité, la pompe à chaleur, la voiture, Home Assistant et des agents censés coordonner tout ça.

Le raccourci est assez vertigineux.

Tout n’est pas encore prêt. Je demande notamment à voir ce que donnera réellement l’Agentic HEMS une fois déployé chez les utilisateurs, et jusqu’où ira son ouverture vers les appareils tiers. Le support des anciennes générations sera également à surveiller de près.

Mais le chemin suivi depuis trois ans est cohérent.

SolarFlow a appris à Zendure à stocker le surplus solaire. L’Hyper 2000 a ajouté les échanges bidirectionnels avec le réseau. Les générations suivantes ont commencé à faire travailler plusieurs systèmes ensemble. Le PowerHub étend maintenant la gestion à l’échelle de la maison.

ZENKI doit apprendre à anticiper.

Si Zendure réussit cette dernière étape, le meilleur signe sera peut-être qu’on arrête progressivement d’ouvrir son application.

La batterie se chargera au bon moment, la maison consommera l’énergie disponible et le système s’adaptera tout seul aux conditions du lendemain.

Et nous, on pourra s’occuper d’autre chose.

C’est finalement ce que j’attends depuis longtemps d’une maison vraiment intelligente.

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