Chauffage connecté : combien la domotique peut-elle vraiment vous faire économiser ?

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Le chauffage est probablement l’un des domaines où la domotique peut être rentable sans transformer sa maison en laboratoire rempli de capteurs. Pas besoin non plus d’une intelligence artificielle capable de prévoir la météo à quinze jours ! Le principe est beaucoup plus simple : chauffer uniquement quand c’est nécessaire, là où c’est nécessaire, à la bonne température.

Sur le papier, l’ADEME estime qu’un thermostat programmable peut permettre jusqu’à 15 % d’économies d’énergie sur le chauffage. En pratique, ce chiffre varie énormément d’un logement à l’autre : une maison déjà correctement régulée laissera forcément moins de marge qu’un logement maintenu à 21 °C jour et nuit.

Alors, combien peut-on réellement espérer économiser grâce à la domotique ? Quelques chiffres pour y voir plus clair.

Le meilleur chauffage est parfois celui qui ne fonctionne pas

Une programmation classique, c’est déjà un excellent début. Dans une maison vide entre 8 h et 18 h, maintenir 20 °C toute la journée n’a évidemment guère de sens. Un thermostat réduit automatiquement la consigne pendant cette période et relance le chauffage avant le retour des occupants.

Et pour réduire la facture énergétique, deux leviers fonctionnent en parallèle : consommer moins grâce à une meilleure gestion du chauffage, et surveiller le prix de l’énergie consommée. Comparer régulièrement les offres disponibles permet de payer son électricité moins cher, pendant que la domotique traque les kWh dépensés pour rien. Dans un logement chauffé à l’électricité, les deux se complètent bien.

La domotique va un cran plus loin qu’une simple programmation : elle remplace un planning rigide par des scénarios qui tiennent compte de la vie réelle.

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Un système comme Home Assistant, Jeedom ou une solution propriétaire peut par exemple passer automatiquement le chauffage en mode Eco lorsque la dernière personne quitte la maison. Il rétablit ensuite une température confortable au retour des occupants.

Le chauffage peut également être coupé dans une pièce lorsqu’une fenêtre est ouverte, abaissé automatiquement la nuit ou réglé différemment dans les chambres, le salon et la salle de bain.

C’est là que les économies deviennent intéressantes : on arrête de chauffer pour rien, tout simplement.

Un degré de moins peut déjà faire une belle différence

La température de consigne pèse énormément sur la consommation. Selon l’ADEME, baisser celle-ci d’un seul degré économise en moyenne environ 7 % d’énergie de chauffage.

Attention à ne pas transformer la maison en igloo pour autant. L’intérêt de la domotique, c’est justement de faire varier la température intelligemment, plutôt que d’imposer un froid permanent.

On peut ainsi conserver 19 ou 20 °C dans le salon lorsqu’il est occupé, descendre à 17 °C lorsqu’il est vide, maintenir une chambre à une température plus basse pendant la nuit et chauffer davantage la salle de bain uniquement entre 6 h 30 et 8 h, par exemple.

Ce fonctionnement devient vite invisible pour les occupants : la maison est confortable quand il le faut, et réduit ses besoins le reste du temps.

Quelques degrés économisés pendant plusieurs heures chaque jour finissent forcément par peser sur une saison de chauffe.

Combien peut-on réellement économiser ?

Passons aux euros, car c’est finalement ce qui nous intéresse !

Prenons une maison dont le chauffage représente 1 500 € par an. Avec 10 % d’économie grâce à une meilleure régulation, le gain atteint déjà 150 € par an. À 15 %, il grimpe à 225 €.

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Pour une habitation consacrant 2 000 € par an au chauffage, ces mêmes niveaux représentent respectivement 200 et 300 € d’économies.

Sur cinq ans, 15 % d’économie sur une dépense annuelle de 2 000 € représentent tout de même 1 500 €. De quoi largement financer un thermostat connecté, des têtes thermostatiques ou différents modules de pilotage.

Ceci dit, ce n’est pas une promesse valable pour tout le monde. Une personne qui programmait déjà soigneusement son chauffage avant de passer à la domotique gagnera beaucoup moins qu’un foyer maintenant auparavant 21 °C en permanence.

L’isolation du logement, la région, le mode de chauffage, l’inertie du bâtiment et les habitudes des occupants changent complètement l’équation.

La domotique ne crée pas d’énergie, et elle ne compensera jamais une passoire thermique. Ce qu’elle évite, c’est le gaspillage.

La régulation pièce par pièce change la donne

Le pilotage par zone est particulièrement intéressant. Pourquoi maintenir trois chambres à 19 °C toute la journée alors que personne ne les occupe ?

Avec des têtes thermostatiques connectées sur un chauffage central ou des modules de commande adaptés aux radiateurs électriques, chaque pièce peut suivre son propre rythme.

Le bureau passe en mode Confort les jours de télétravail, la chambre d’un enfant chauffe un peu plus en fin d’après-midi, et la salle de bain grimpe en température pendant une demi-heure le matin. Le salon, lui, reste prioritaire en soirée.

Avec quelques capteurs en plus, on peut aller encore plus loin. Des détecteurs d’ouverture sur les fenêtres, et le système coupe temporairement le chauffage d’une pièce pendant qu’elle est aérée. Un capteur de présence évite de chauffer des zones vides. On peut même aller jusqu’à la géolocalisation des smartphones, pour que la maison sache que tout le monde est parti.

Avec une installation domotique plus évoluée, il devient possible de combiner toutes ces informations plutôt que de se contenter d’un simple horaire.

Attention à ne pas trop baisser la température

Il existe toutefois un piège classique : vouloir absolument couper le chauffage dès que l’on quitte une pièce.

Dans certains logements, ce n’est pas forcément la meilleure stratégie.

Un bâtiment possédant beaucoup d’inertie peut demander énormément de temps pour retrouver une température confortable. Avec un plancher chauffant, par exemple, les stratégies doivent être beaucoup plus douces qu’avec des radiateurs électriques capables de chauffer rapidement.

Une absence de deux heures ne justifie donc pas forcément de passer de 20 à 15 °C.

La domotique doit s’adapter au logement et non l’inverse. Dans certains cas, diminuer la consigne de deux ou trois degrés pendant une absence sera plus pertinent que de couper complètement le chauffage.

C’est aussi ce qui rend les scénarios intéressants : après quelques semaines d’utilisation, on peut les ajuster en fonction du comportement réel de la maison.

Mesurer avant de chercher à économiser

Un autre avantage de la maison connectée est justement la mesure. Un compteur Linky donne déjà de bonnes indications, mais des équipements de suivi énergétique offrent une vision plus précise.

Avec un compteur d’énergie installé dans le tableau électrique, des modules mesurant la consommation ou les données remontées directement par certains radiateurs et pompes à chaleur, il devient possible de comparer les consommations avant et après modification des scénarios.

On découvre parfois des choses étonnantes : un radiateur qui chauffe inutilement la nuit, une consigne trop élevée dans une pièce rarement utilisée ou une relance beaucoup trop anticipée le matin.

Avec Home Assistant, par exemple, on peut confronter sur un même graphique la température intérieure, la température extérieure, les périodes de fonctionnement du chauffage et la consommation électrique.

Plutôt que d’attendre la facture, reçue plusieurs semaines plus tard, la domotique permet de vérifier tout de suite si les changements apportés sont pertinents.

Et c’est presque un jeu : on modifie légèrement un scénario, on observe le résultat, puis on affine encore.

Les heures creuses peuvent apporter un levier supplémentaire

Pour les logements chauffés à l’électricité, le prix du kWh peut également entrer dans les scénarios.

L’idée n’est pas de surchauffer la maison pendant les heures creuses pour couper ensuite. Mais certains équipements ont assez d’inertie pour déplacer une petite partie de leur consommation.

C’est notamment intéressant avec un ballon d’eau chaude, mais également avec certains planchers chauffants ou systèmes de stockage thermique.

Cette logique rejoint celle de l’optimisation des heures creuses : déplacer une consommation peut parfois être presque aussi intéressant que la supprimer.

Une installation domotique avancée peut même croiser plusieurs données à la fois : le tarif de l’électricité, la température extérieure et, pour les maisons équipées de panneaux photovoltaïques, la production solaire disponible.

Le chauffage devient alors une pièce à part entière de la gestion énergétique de la maison.

Faut-il une installation domotique complexe pour commencer ?

Heureusement, non.

Un thermostat programmable est déjà une première étape très efficace, avec ce fameux potentiel de 15 % d’économies évoqué plus haut.

Un thermostat connecté apporte surtout davantage de souplesse : modification à distance, gestion des absences imprévues, historique des températures et parfois détection automatique de certaines situations.

La régulation pièce par pièce affine encore les choses. Quelques têtes thermostatiques connectées ou modules de commande pour radiateurs électriques suffisent souvent à obtenir une gestion beaucoup plus fine.

Une installation domotique complète prend finalement tout son sens lorsqu’on veut croiser plusieurs informations : présence des occupants, ouverture des fenêtres, température extérieure, production photovoltaïque, tarif de l’électricité ou consommation globale de la maison.

Et c’est sans doute là que la domotique appliquée au chauffage prend tout son intérêt. Le but n’est pas de vivre à 17 °C avec un plaid sur les épaules pour économiser quelques euros. Il s’agit au contraire de conserver le même confort, voire de l’améliorer, tout en supprimant les périodes de chauffe dont personne ne profite.

Sur une facture annuelle de chauffage de 1 500 à 2 000 €, récupérer ne serait-ce que 10 à 15 % représente déjà 150 à 300 € par an. Et plus le logement était mal régulé au départ, plus la marge de progression peut être importante.

De quoi amortir assez rapidement un thermostat ou quelques équipements connectés… tout en mettant enfin un terme au fameux radiateur qui chauffe à fond sous une fenêtre grande ouverte !

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