Choisir les bonnes protections électriques pour son installation domotique

La base d’une installation électrique conforme, et par extension d’un système domotique fiable et performant, réside dans le tableau électrique. Tous les circuits électriques d’une maison ou d’un local sont alimentés depuis un tableau électrique. Généralement c’est en cas de dysfonctionnement que l’on s’intéresse à cet ensemble de composants électriques. Dans bien des cas il suffit de réenclencher le disjoncteur pour que l’électricité soit rétablie. Toutefois si vous prévoyez d’installer ou de remplacer l’un des composants de votre tableau, un disjoncteur par exemple, il est important de comprendre son rôle pour ensuite choisir parmi les divers modèles disponibles sur le marché.

Les installations neuves et les rénovations lourdes d’ordre électrique sont assujetties à la norme NF C 15-100. C’est une garantie de sécurité tant pour les appareils que pour les occupants des lieux. Elle régit notamment le raccordement de votre GTL (gaine technique du logement).

jarmoluk / Pixabay

Le disjoncteur de branchement

Le disjoncteur de branchement est l’organe qui relie le réseau électrique français à votre installation électrique. Ce disjoncteur est muni d’une protection différentielle de 500mA. Le calibre de ce disjoncteur est ajustable en fonction de l’abonnement que vous souscrivez auprès de votre fournisseur d’électricité. La partie haute de cet équipement est plombée par ENEDIS.

L’interrupteur différentiel

L’interrupteur différentiel (ID) permet de détecter un courant de fuite et de couper le courant sur les appareils qui y sont associés. Il assure la protection des personnes (en bref c’est en partie lui qui devrait vous sauver la vie si vous touchez le mauvais fil). Le bouton « Test » en façade de ce produit permet de contrôler que le différentiel fonctionne correctement (il est important de le tester de temps en temps). Ce dispositif est généralement installé entre le disjoncteur de branchement et les disjoncteurs protégeant chaque circuit électrique de votre installation.

Selon les équipements qui y sont reliés vous avez le choix entre plusieurs types d’interrupteurs différentiels :

  • Type AC : le plus basique, il est adapté à des charges standards (radiateurs, éclairages, prises électriques, …)
  • Type A : pour les appareils intégrant un redresseur monophasé (lave-linges, onduleur, plaques à induction, …)
  • Type dit à « immunité renforcée » : pour les appareils générant des perturbations en fréquence, des redresseurs monophasés (matériel informatique, …)
  • Type B : pour les appareils intégrant un redresseur triphasé ou générant des perturbations de courant continue ou en fréquence (borne de recharge pour véhicule électrique, …)

Un différentiel inadapté peut avoir deux comportements différents :

  • Soit il se déclenche de façon intempestive et sans raison apparente. Dans ce cas cela signifie qu’une perturbation donne l’illusion d’une fuite de courant. Ce comportement est facilement détectable.
  • Soit il ne se déclenche jamais, même en cas de fuite de courant, car il est aveuglé par une perturbation qui occulte la fuite de courant. Ce comportement est dangereux car le différentiel devient inutile sans que vous vous en rendiez compte.

Les disjoncteurs

Généralement installé en aval d’un interrupteur différentiel, un disjoncteur assure la coupure du courant lors des surintensités ou des surcharges. Le rôle du disjoncteur est de protéger l’installation (câbles, appareillages, …).

Une petite vidéo de WATTsUp illustre cela très bien:

Un disjoncteur est défini par de nombreux paramètres mais les trois principaux sont :

  • Le nombre de pôles: Le nombre de pôles dépend de votre installation et des charges alimentées. En milieu domestique les disjoncteurs monophasés (2 pôles) sont les plus courants mais il arrive d’avoir des disjoncteurs triphasés (3 ou 4 pôles) notamment pour des chaudières
  • Le calibre: Le calibre est le courant maximal qui est toléré en permanence par le disjoncteur. Si le courant du circuit dépasse ce seuil pendant trop longtemps (quelques secondes/minutes), le disjoncteur ouvrira le circuit pour éviter un échauffement des câbles.
  • La courbe de déclenchement: La courbe de déclenchement définie le comportement du disjoncteur lors d’un court-circuit. En fonction de cette courbe le disjoncteur tolèrera un pic de courant pendant un temps plus ou moins long.

Il existe différents types de disjoncteurs. Le choix est vaste dans ces gammes de produits. Schneider propose ainsi par exemple plus de 700 disjoncteurs pour sa gamme IC 60 !

Le disjoncteur différentiel

Le disjoncteur différentiel assure à la fois la protection des personnes et la protection de l’installation électrique. Il est à utiliser par exemple pour protéger une partie sensible de votre installation que vous souhaitez rendre indépendante du reste de l’installation (ex : congélateur). Ce produit s’installe généralement directement en aval du disjoncteur de branchement (et non sous un interrupteur différentiel qui alimente plusieurs disjoncteurs).

Le câble

Le câble est un composant essentiel de votre installation. C’est lui qui véhicule l’énergie alimentant vos équipements. Il doit être dimensionné par rapport au disjoncteur qui le protège et non par rapport à vos équipements. Par exemple si vous installez un disjoncteur de 20A vous devez mettre en aval un câble d’une section supérieure ou égale à 2,5mm² (même si vous branchez une petite lampe au bout qui consommera 0.25A). Si vous avez des doutes n’hésitez pas à consulter la NFC 15-100.

Le parafoudre

Le parafoudre est un élément important si vous êtes dans une zone sujette aux coups de foudre. Son rôle est d’évacuer une onde de foudre à la terre plutôt que de la laisser traverser votre installation. Un parafoudre annulera ou atténuera énormément les dégâts liés à la foudre. Il existe 3 types de parafoudre :

  • Type 1 & Type 2 : Parafoudre à forte ou très forte capacité d’écoulement
  • Type 3 : Parafoudre à faible capacité d’écoulement

En général vous mettrez un Type 1 ou Type 2 en tête de votre installation puis un Type 3 pour protéger des équipements sensibles. Il est important de surveiller périodiquement que votre parafoudre est actif.

L’onduleur

L’onduleur est en quelque sorte le dernier bastion lorsque vous souhaitez protéger du matériel sensible (NAS, domotique, informatique, …). En fonction des modèles il protège l’alimentation de vos équipements mais parfois aussi les câbles informatiques.

Bref, on ne s’improvise pas électricien, il y a des règles de base à bien connaitre pour avoir un système électrique sécurisé et fonctionnel. Ce sera bien sûr l’assurance d’avoir une installation domotique stable, mais également d’éviter des déconvenues avec son assurance en cas d’accident. Installer son installation domotique soi-même, c’est parfaitement réalisable, comme je vous l’ai déjà démontré dans bon nombres de guides, mais il faut le faire en connaissance de cause. Si vos connaissances sont limitées dans le domaine, de nombreux ouvrages sont disponibles sur la question. Ce n’est pas compliqué, mais il faut connaitre les bases.

Last update was on: 22 octobre 2018 21 h 56 min


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