SwitchBot est arrivé au CES 2026 avec une idée simple à comprendre, mais ambitieuse dans l’exécution : une maison qui ne se contente plus d’obéir à des scénarios, mais qui “perçoit, comprend et agit”. L’entreprise parle d’un écosystème unifié autour de l’IA incarnée (embodied AI), c’est-à-dire une IA qui n’est pas juste un cerveau dans le cloud, mais qui vit dans des objets capables d’interagir avec le monde réel.
onero H1 : le robot domestique IA “le plus accessible”, et surtout le plus polyvalent
C’est clairement la star du stand : onero H1, présenté comme le premier robot humanoïde “généraliste” de SwitchBot.

Le fabricant nous avait déjà présenté un prototype de robot K20+ Pro l’année dernière, qui reposait sur un robot aspirateur doté d’une plateforme polyvalente. Mais cette fois l’idée n’est pas de remplacer un produit précis (un aspirateur, un bras motorisé, un gadget…), mais d’aller vers un système multitâche capable de s’adapter à des situations variées, notamment les corvées qui résistent encore à l’automatisation classique. SwitchBot résume même l’objectif de façon très directe : “essayer d’éliminer les tâches ménagères” plutôt que d’ajouter un énième appareil spécialisé.

Sur le plan technique, SwitchBot met en avant un robot construit autour de trois briques : une grosse dose de perception (vision + profondeur), du retour tactile, et un modèle embarqué OmniSense VLA orienté stabilité et adaptation aux scénarios domestiques.

Dans le discours, on voit aussi la volonté de couvrir finement l’environnement avec plusieurs caméras Intel RealSense réparties sur la tête, les bras, les mains et même l’abdomen, ainsi qu’une mécanique à 22 degrés de liberté pour la souplesse des mouvements.

En clair, le message est limpide : si un robot doit vraiment être utile à la maison, il doit savoir saisir, pousser, ouvrir, organiser… et recommencer le lendemain sans se perdre dès qu’on change de poignée de porte ou qu’on déplace une chaise. SwitchBot insiste sur cette “compréhension” plus complète des objets (position, forme, état d’interaction), justement pour fiabiliser les gestes de contact du quotidien.
Sur le stand, SwitchBot a aussi été très clair sur deux points qu’on se posait tous : le calendrier et l’ordre de grandeur du prix. La représentante nous a confirmé une commercialisation prévue en 2026, avec un tarif annoncé “à moins de 10 000 euros” (ce qui explique le discours sur le robot “accessible”, au moins à l’échelle de l’humanoïde domestique).
Autre détail important à savoir avant de s’imaginer un petit majordome bipède : onero H1 ne “marche” pas. Il se déplace plutôt comme un robot sur base roulante, avec une capacité annoncée proche d’un aspirateur robot pour les petites bordures. En pratique, SwitchBot évoque le franchissement de mini-seuils de l’ordre de 1 à 2 cm, mais pas plus. Et côté énergie, c’est aussi la logique “robot aspirateur” : retour à une station de recharge dédiée.
Enfin, SwitchBot reste prudent sur la stratégie de lancement (Japon d’abord ou déploiement plus large), mais l’objectif “dans l’année 2026” semble bien verrouillé.
Lock Vision Series : la sécurité façon SwitchBot, entre biométrie 3D et Matter-over-Wi-Fi
Deuxième grosse annonce : la SwitchBot Lock Vision Series, une gamme de serrures connectées à pêne dormant qui mise sur la biométrie avancée. Le point le plus marquant, c’est la reconnaissance faciale 3D par lumière structurée. SwitchBot explique utiliser des points de projection infrarouges pour construire une “carte” 3D du visage, avec une détection de vivacité (liveness) pour contrer les tentatives basiques via photo ou vidéo, et un stockage local des données utilisateur.

Le fabricant évoque “plus de 20 000” points, avec un taux de fausse reconnaissance annoncé comme inférieur à 0,0001% et un déverrouillage en moins d’une seconde.
Côté intégration domotique, SwitchBot met en avant le Matter-over-Wi-Fi, avec une promesse très “grand public” : une intégration directe sans hub Matter dédié, et un fonctionnement avec Apple Home (certification “en cours”).

La gamme se décline aussi en version Lock Vision Pro, qui ajoute une biométrie “contactless” par reconnaissance des veines de la paume, pratique quand les mains sont humides, un peu sales, ou quand on veut éviter de toucher un clavier.

Et SwitchBot a pensé au terrain, au sens très littéral : la présentation annonce une compatibilité avec la majorité des serrures à pêne dormant, avec des cotes précises (épaisseur de porte 35 à 55 mm, diamètre de perçage 38 ou 54 mm, entraxe backset 60 ou 70 mm), et une installation annoncée comme faisable au tournevis.

Sur l’autonomie, l’argumentaire est solide : un système DualPower et DualBackup, combinant une batterie rechargeable de 10 000 mAh (jusqu’à 6 mois annoncés), une pile CR123A donnée pour jusqu’à 5 ans et 500 déverrouillages d’urgence, plus un port USB-C sur le clavier pour les cas où l’on se retrouve “bête et méchant” devant une porte fermée.

Sur place, SwitchBot a aussi glissé une précision qui a son importance pour nous : le modèle présenté vise d’abord le format “pêne dormant” très courant en Amérique du Nord. La marque confirme en revanche que les serrures connectées existent bien en Europe, mais que la disponibilité exacte de cette “Vision Series” dépendra du format et des adaptations marché. Bref, l’idée (biométrie avancée) est claire, mais il faudra surveiller de près la déclinaison “Europe-friendly”.
Un hub “cerveau” pour relier caméras et automatismes (RTSP, local, Home Assistant…)
SwitchBot a aussi beaucoup insisté sur un hub nouvelle génération présenté comme un “cerveau” capable de faire le lien entre les produits (rideaux, accessoires, capteurs…) et la perception via caméras. L’idée est simple : les caméras deviennent “les yeux”, le hub devient “le cerveau” qui interprète et déclenche les actions.
Point très concret pour les intégrateurs : le hub serait compatible avec des flux caméras en RTSP, y compris des caméras tierces (on a même évoqué l’idée d’y raccorder des UniFi, en théorie). SwitchBot parle aussi d’un stockage local intégré autour de 1 To, avec possibilité d’extension.
Autre promesse intéressante : une partie des déclenchements pourrait se faire en local, plus rapidement que via le cloud, notamment pour des automatismes “réflexes”. En revanche, l’équipe précise que certaines fonctions de vérification IA nécessitent toujours Internet.
Côté disponibilité, l’objectif donné sur le stand évoque une fenêtre au premier semestre 2026.
Comfort Tech : MindClip IA, station météo E-Ink et lampe pixel OBBOTO
SwitchBot n’est pas venu seulement avec des robots et des serrures. La marque pousse aussi une nouvelle “Comfort Tech Lineup” qui vise le quotidien, celui où l’on veut juste que ça soit plus simple, plus lisible, plus fluide.
Le SwitchBot AI MindClip est présenté comme un assistant IA portable, orienté “second cerveau”. Il enregistre en continu réunions, conversations et moments du quotidien, puis transforme tout ça en résumés structurés, tâches actionnables et base de connaissance consultable.

L’angle est intéressant : ce n’est pas juste un dictaphone, c’est un outil de mémoire et de recherche, capable de répondre quand un détail s’est envolé, comme peut le proposer par exemple Fieldy (qui est en cours de tests chez nous). Les fonctions IA sont liées à un service cloud sur abonnement, et l’appareil est annoncé à 18 g, avec plus de 100 langues et un positionnement “privacy-first” incluant chiffrement de bout en bout.

La SwitchBot Weather Station, elle, joue la carte du tableau de bord domestique. Écran E-Ink de 7,5 pouces, capteurs intégrés, affichage de la date, l’heure, lever/coucher du soleil, température et humidité intérieures, qualité de l’air, météo et prévisions sur six jours. SwitchBot ajoute une couche “IA” avec des briefings météo quotidiens accompagnés de recommandations, et même des citations inspirantes liées à la météo (on aime ou on n’aime pas, mais au moins c’est assumé). La station annonce aussi une synchronisation de calendriers, et des raccourcis de scènes, avec une précision importante : ces raccourcis nécessitent des hubs SwitchBot.

Enfin, SwitchBot OBBOTO est une lampe “globe pixel” orientée ambiance et expression visuelle. Le produit embarque plus de 2 900 LED RGB, propose des animations, du pixel art, des visualisations musicales, de la détection de mouvement, et des animations d’humeur pilotées par IA.

La personnalisation passe par l’app, avec plus de 100 animations prédéfinies et la possibilité d’importer ses propres contenus (pixel art et GIFs).

Et au milieu de tout ça : Acemate, le robot de tennis IA “vrai rallye”
Petit pas de côté (mais un pas amusant) : SwitchBot annonce aussi la présence d’Acemate, un robot de tennis IA présenté comme le premier robot de tennis au monde capable d’offrir une expérience de véritable échange, que nous avions déjà pu apercevoir à l’IFA de Berlin. C’est clairement hors du périmètre “maison connectée” au sens strict, mais ça colle assez bien à l’idée directrice de SwitchBot : des machines qui perçoivent, analysent et réagissent dans le monde réel, pas seulement des boîtiers qui envoient des notifications.

Ce qu’il faut retenir
SwitchBot est arrivé cette année au CES 2026 avec une feuille de route cohérente : unifier son écosystème autour de la robotique IA, du “gros” (onero H1) au “très quotidien” (station météo E-Ink, lampe d’ambiance, assistant vocal personnel), sans oublier un gros chantier domotique et sécurité : la serrure biométrique compatible Matter-over-Wi-Fi.
Il y aura forcément trois points à surveiller de près : le niveau d’autonomie réelle et de sécurité fonctionnelle d’onero H1 dans des scénarios concrets, la maturité de la Lock Vision Series (certifications, intégration Apple Home, disponibilité hors US, fiabilité biométrique au quotidien), et la manière dont SwitchBot compte articuler tout cela dans des automatisations simples pour le grand public… sans perdre les utilisateurs avancés qui veulent intégrer tout dans leurs environnements domotiques habituels. Ce sont des sujets que nous allons suivre de très près, nous en reparlerons prochainement !





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