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Le solaire résidentiel change de visage. Il ne s’agit plus seulement de poser quelques panneaux sur un toit ou un balcon pour réduire un peu sa facture. Le vrai sujet, aujourd’hui, c’est de savoir quoi faire de l’énergie produite, quand la stocker, quand la réutiliser, comment alimenter les gros appareils de la maison et comment éviter de renvoyer au réseau une électricité de moins en moins bien valorisée.
C’est précisément le message porté par Zendure lors de son événement organisé à Lille, autour de sa nouvelle gamme SolarFlow Mix, du PowerHub, de la future borne de recharge EVFlow AC et d’une plateforme pensée pour les installateurs. Une annonce qui marque une étape intéressante pour la marque, déjà bien connue pour ses batteries solaires de balcon, mais qui vise désormais beaucoup plus large : la gestion énergétique complète du foyer.
Et là, on ne parle plus uniquement d’un petit kit plug and play posé dans un coin du jardin. Zendure veut désormais couvrir plusieurs scénarios : l’appartement, la maison déjà équipée en panneaux solaires, le foyer fortement électrifié, la maison avec voiture électrique, voire les petites installations tertiaires. Bref, le solaire entre dans une logique beaucoup plus intelligente. Et franchement, c’est passionnant !
Pourquoi le stockage solaire devient incontournable
Le contexte français pousse clairement dans cette direction. Pendant longtemps, le photovoltaïque résidentiel reposait sur une logique assez simple : produire, consommer ce qui peut l’être instantanément, puis revendre le surplus. Le problème, c’est que cette équation est de moins en moins favorable.
Lors de la présentation à Lille, Zendure a rappelé un point très concret : le tarif de rachat du surplus a fortement baissé. Là où il était encore possible de revendre son électricité autour de 12 centimes le kWh il y a quelque temps, les nouveaux niveaux évoqués tournent désormais autour de 4 centimes. À ce tarif, l’intérêt économique se déplace clairement. Mieux vaut souvent stocker son énergie pour l’utiliser le soir, au moment où la maison consomme davantage et où l’électricité achetée au réseau coûte plus cher.

L’autre évolution, c’est l’électrification progressive du logement. Pompe à chaleur, chauffe-eau piloté, climatisation, borne de recharge pour voiture électrique, électroménager puissant, outils dans l’atelier… nos maisons demandent de plus en plus d’électricité. Une simple installation solaire sans pilotage atteint vite ses limites, car elle produit surtout quand tout le monde est absent ou lorsque les besoins sont faibles.

Le stockage devient donc la pièce manquante. Il permet de déplacer la consommation solaire dans le temps. Le matin et l’après-midi, les panneaux remplissent la batterie. Le soir, la maison pioche dedans. Et avec une gestion intelligente, le système peut même tenir compte des tarifs dynamiques, de la météo, des habitudes du foyer et des prévisions de production.
C’est cette logique que Zendure veut adresser avec SolarFlow Mix.

SolarFlow Mix : trois batteries pour trois profils de foyers
La nouvelle gamme SolarFlow Mix, déjà évoquée la semaine dernière, repose sur une idée simple : proposer une base commune de stockage, mais avec plusieurs configurations selon le logement et l’installation solaire existante.
On retrouve ainsi trois modèles : SolarFlow 3000 Mix AC+, SolarFlow 4000 Mix AC+ et SolarFlow 4000 Mix Pro. Les trois partagent une même philosophie : une batterie de grande capacité, une gestion intelligente via l’écosystème Zendure, un fonctionnement bidirectionnel en AC et une approche beaucoup plus orientée “maison complète” que les premières générations de batteries solaires de balcon.

La capacité de base est de 8 kWh. C’est un point très important. Beaucoup de solutions concurrentes fonctionnent par petits modules à empiler. Zendure part ici directement sur un bloc conséquent, capable de couvrir une bonne partie des besoins quotidiens d’un foyer. Les modèles 4000 Mix Pro et 4000 Mix AC+ peuvent ensuite être étendus jusqu’à 50 kWh selon les marchés et les configurations, même si la France impose des contraintes spécifiques au-delà de 15 kWh de stockage résidentiel sans local dédié.
Côté durée de vie, Zendure annonce 10 000 cycles, une durée d’environ 15 ans, une garantie de 10 ans et un rendement aller-retour de 90 %. Le boîtier est annoncé IP65, avec un fonctionnement de -20 °C à 55 °C et un niveau sonore de 25 dB. Autrement dit, ces batteries sont pensées pour un usage quotidien, en intérieur technique, garage, local adapté ou environnement protégé, sans devenir une turbine d’avion dans la maison.
Autre détail pratique aperçu lors de la présentation : les modèles 4000 Mix sont montés sur roulettes. Vu le poids de la bête (environ 80kg), ce n’est pas un gadget. Une batterie de 8 kWh ne se déplace pas comme une multiprise connectée. Les roulettes facilitent l’installation, le positionnement et les ajustements sur chantier.

SolarFlow 4000 Mix Pro : la version la plus complète
Le SolarFlow 4000 Mix Pro est le modèle le plus ambitieux de la gamme. Il s’adresse aux maisons avec une forte consommation électrique, aux foyers déjà bien équipés ou à ceux qui veulent construire une installation solaire complète autour d’une batterie centrale.
Sa grande force vient de sa double approche. D’un côté, il accepte jusqu’à 8 kW d’entrée solaire en courant continu via deux MPPT de 4 kW chacun. De l’autre, il dispose aussi d’une entrée AC PV-IN de 5 kW pour récupérer l’énergie d’une installation photovoltaïque existante, par exemple avec micro-onduleurs ou onduleur central déjà en place. Au total, Zendure annonce donc jusqu’à 13 kW d’entrée solaire.
C’est particulièrement intéressant pour deux cas de figure. Dans une nouvelle installation, le SolarFlow 4000 Mix Pro peut recevoir directement les panneaux solaires, sans multiplier les équipements intermédiaires. Dans une installation existante, il peut venir compléter l’existant grâce à son entrée AC dédiée. On évite ainsi de tout refaire. Et sur un chantier résidentiel, tout ce qui évite de tirer des câbles inutiles ou de casser l’existant est bon à prendre.

En sortie, le système délivre 4 kW AC bidirectionnels. La puissance standard peut être bridée à 800 W selon le cadre d’installation, puis augmentée selon le raccordement et la validation nécessaire. En mode hors réseau, la prise backup intégrée peut fournir 3 680 W, avec un pic jusqu’à 7,2 kW pendant 200 ms. De quoi encaisser certains démarrages d’appareils, même s’il ne faut évidemment pas imaginer alimenter toute une maison sans réfléchir aux priorités.
Zendure insiste aussi beaucoup sur la sécurité sur cette nouvelle génération. Lors de la présentation, le message est clair : la série Mix a été pensée dès le départ pour répondre aux contraintes européennes (et notamment françaises), avec une intégration poussée des protections côté batterie et gestion énergétique. On n’est plus sur un simple “booster solaire”, mais bien sur un système conçu pour être installé dans des conditions réelles, avec les exigences de sécurité que cela implique.
Le SolarFlow 4000 Mix Pro est donc la solution la plus adaptée pour une maison avec toiture solaire, stockage conséquent, gros usages électriques et volonté d’évolution.
SolarFlow 4000 Mix AC+ : la batterie de rétrofit pour installations existantes
Le SolarFlow 4000 Mix AC+ reprend une grande partie de la base technique du modèle Pro, mais sans les entrées MPPT DC pour panneaux solaires. Sa vocation est différente : ajouter du stockage à une installation solaire déjà en place.
C’est typiquement le cas d’une maison équipée de panneaux photovoltaïques avec micro-onduleurs ou onduleur de toiture. Le propriétaire produit déjà de l’électricité, mais en renvoie une partie au réseau faute de batterie. Le 4000 Mix AC+ vient alors se connecter côté AC pour stocker cette énergie et la redistribuer plus tard.

Il propose 8 kWh de capacité de base, une puissance AC bidirectionnelle de 4 kW, une entrée AC PV-IN de 5 kW et une capacité extensible jusqu’à 50 kWh selon configuration. Pour beaucoup de foyers français déjà équipés en solaire, c’est probablement le modèle le plus logique. Pas besoin de repenser toute l’installation. On ajoute une brique de stockage puissante, capable d’augmenter le taux d’autoconsommation.
Lors de la présentation, Zendure a donné un exemple parlant : sur une maison consommant 5 000 kWh par an avec 5 kW de panneaux solaires installés, l’ajout de la batterie permettrait de passer d’un taux d’autoconsommation de 56 % environ à 74 %, avec une réduction de facture estimée à 71 % dans le scénario présenté. Bien sûr, chaque installation dépend de l’orientation des panneaux, des usages, du contrat électrique et des habitudes de consommation. Mais l’ordre d’idée est clair : le stockage devient le levier principal pour rentabiliser davantage le solaire.
SolarFlow 3000 Mix AC+ : le modèle plus compact et plus accessible
Le SolarFlow 3000 Mix AC+ vise un usage plus simple. Il conserve une batterie fixe de 8 kWh, mais propose une puissance AC jusqu’à 3 kW. Ce qui est intéressant, c’est que Zendure ne réduit pas la capacité sur ce modèle, mais uniquement la puissance. On garde donc une grosse batterie de 8 kWh, mais avec une puissance limitée à 3 kW, ce qui permet de cibler des usages plus simples tout en conservant une bonne autonomie énergétique. Zendure le positionne comme une solution adaptée aux logements standards, aux foyers plus modestes, ou même à certains usages mobiles comme le camping-car, les chantiers ou le secours ponctuel.
Il n’est pas extensible comme les modèles 4000 Mix, mais il conserve les grandes bases de la gamme : rendement annoncé de 90 %, 10 000 cycles, garantie 10 ans, fonctionnement silencieux, format robuste et pilotage intelligent.
C’est probablement le modèle qui parlera le plus aux utilisateurs cherchant une solution plus “plug and play”, sans partir tout de suite sur une architecture complète avec PowerHub, borne de recharge et forte puissance solaire. Avec un prix affiché à 1 999 € sur le site Zendure au moment de la rédaction, il se place aussi comme l’entrée dans cette nouvelle génération Mix.
PowerHub : le cerveau énergétique de l’installation
La vraie nouveauté présentée à Lille, c’est sans doute le PowerHub. Car une batterie, aussi performante soit-elle, reste une brique. Le PowerHub, lui, vient orchestrer plusieurs briques à l’échelle de la maison.






Zendure le présente comme le cerveau de l’installation photovoltaïque. Son rôle est de centraliser les SolarFlow Mix, de gérer la production, le stockage, le backup, la recharge de véhicule électrique et les appareils énergivores. Là où une batterie seule permet déjà de stocker et restituer l’énergie, le PowerHub cherche à coordonner l’ensemble.

Ce changement de logique est important : on ne parle plus simplement d’ajouter une batterie pour stocker l’énergie, mais bien de piloter activement l’autoconsommation. Le PowerHub devient une pièce centrale capable d’orchestrer tous les flux énergétiques de la maison, avec une approche beaucoup plus proche d’un système de gestion énergétique complet que d’un simple accessoire.

Concrètement, il peut interconnecter jusqu’à trois SolarFlow 4000 Mix. Sans PowerHub, trois batteries impliqueraient trois raccordements séparés. Avec lui, tout est centralisé dans un coffret unique. La puissance AC peut alors monter jusqu’à 12 kW avec trois unités de 4 kW. La capacité totale peut atteindre 150 kWh dans les configurations les plus poussées, plutôt destinées à des installations très spécifiques ou à de petites applications tertiaires.

Bonne nouvelle côté installation : le système de mesure (type compteur énergétique / CT clamp) est directement intégré au PowerHub. Cela simplifie l’installation et évite d’ajouter un équipement supplémentaire pour suivre les flux énergétiques du logement.
Le PowerHub intègre aussi une sortie backup plus sérieuse que la simple prise hors réseau de la batterie. En cas de coupure, il détecte la perte du réseau et bascule automatiquement en mode secours avec un temps de commutation annoncé à 10 ms. Le système peut alors alimenter les circuits prévus pour le backup grâce aux batteries, et même grâce aux panneaux solaires si l’installation repose sur des SolarFlow 4000 Mix Pro capables de produire en journée.

Ce point est important : on ne parle pas forcément d’alimenter toute la maison sans limite. Techniquement, certains circuits peuvent être repris, mais la puissance disponible impose de choisir les usages essentiels. Réfrigérateur, congélateur, box Internet, éclairage, pompe de relevage, VMC, portail, quelques prises stratégiques… c’est typiquement ce genre d’appareils qu’on voudra sécuriser. Le four, la plaque induction, le chauffe-eau et la borne de recharge en même temps, ce sera une autre histoire.
Backup, sécurité et contraintes françaises
La fonction backup est séduisante, mais elle mérite d’être comprise correctement. Une batterie domestique n’est pas un groupe électrogène magique. Elle doit être intégrée proprement, avec les bonnes protections, les bons circuits et le bon dimensionnement.

Lors de la session de questions-réponses, plusieurs points techniques ont été abordés. Sur la partie photovoltaïque DC, un coffret de protection en amont reste nécessaire en résidentiel, notamment avec les protections adaptées et le parafoudre lorsque le contexte l’exige. Le fait qu’un équipement intègre certaines protections ne dispense pas de respecter les règles françaises d’installation.
Un autre point a été clarifié : même si le système peut techniquement alimenter une grande partie de la maison, le backup reste limité par la puissance disponible. Il faut donc raisonner en circuits prioritaires (tableau secondaire dédié), et non comme un système capable d’alimenter toute la maison sans contrainte.
Autre point évoqué : la limite de 15 kWh en résidentiel sans local dédié pour les batteries. Le SolarFlow 4000 Mix embarque 8 kWh, et Zendure prévoit des extensions de 7 kWh. Ce choix n’est pas anodin : 8 + 7 = 15 kWh. On reste ainsi dans une capacité cohérente avec les contraintes françaises courantes. Au-delà, une installation peut rester possible, mais elle demande une réflexion différente, un local adapté et une approche plus professionnelle.
Zendure annonce également une architecture de sécurité ZenGuard, avec double BMS, maintenance intelligente des cellules et système d’extinction intégré par aérosol thermique. Le BMS surveille la charge, la décharge, les seuils de sécurité et la durée de vie de la batterie. C’est indispensable sur des capacités de ce niveau.

EVFlow AC : la borne de recharge qui prépare le V2G
Zendure ne s’arrête pas à la batterie. La marque prépare aussi le EVFlow AC, une borne de recharge pour véhicule électrique qui doit s’intégrer à l’écosystème PowerHub. C’est un point souvent sous-estimé : la recharge d’un véhicule électrique est une consommation “incompressible”. L’intégrer dans l’écosystème solaire permet donc de valoriser directement une production qui serait autrement injectée sur le réseau à faible valeur.


Deux puissances sont prévues : 7,4 kW en monophasé et 22 kW en triphasé. L’idée est de recharger la voiture avec le surplus solaire quand il est disponible, plutôt que d’injecter cette énergie sur le réseau à faible valeur. Pour les foyers équipés d’un véhicule électrique, c’est probablement l’un des scénarios les plus intéressants. Une voiture électrique représente une énorme batterie roulante, mais aussi une énorme consommation. Si la recharge est pilotée intelligemment, le gain peut devenir très concret.
Zendure annonce également une compatibilité V2G Ready. Le V2G, pour Vehicle-to-Grid, permet à terme de réinjecter l’énergie de la voiture vers la maison ou le réseau. En France, cette technologie se déploie encore doucement, avec des contraintes liées aux véhicules compatibles (comme les Renault 5 et 4 E-Tech par exemple), aux opérateurs, aux contrats et au cadre réglementaire. Mais le fait que la borne soit pensée pour cette évolution est plutôt rassurant. Acheter une borne aujourd’hui, c’est souvent pour plusieurs années. Autant qu’elle ne soit pas dépassée avant même d’avoir fixé le capot au mur.

La borne pourra fonctionner comme une borne classique, mais son intérêt maximal sera évidemment atteint avec le PowerHub, qui pourra la piloter dans une logique globale : production solaire, batterie domestique, consommation maison, tarif électrique et recharge du véhicule.
Une plateforme pensée pour les installateurs
Zendure a également présenté une plateforme dédiée aux installateurs. Ce point peut sembler moins spectaculaire qu’une batterie de 8 kWh ou qu’une borne 22 kW, mais il est essentiel si la marque veut réellement séduire les professionnels.

L’objectif est de permettre aux installateurs de suivre leur parc client, de consulter les installations, de surveiller les alertes, la production, la consommation, les cycles de charge et décharge, ainsi que les éventuels problèmes de SAV. Pour un artisan ou une entreprise qui équipe plusieurs foyers, c’est un vrai plus.

Le marché de l’énergie résidentielle devient plus technique. Les clients ne demandent plus seulement “combien de panneaux sur mon toit ?”. Ils veulent savoir combien ils vont économiser, comment fonctionne la batterie, si la maison reste alimentée en cas de coupure, si la voiture peut se recharger au solaire, si le système est évolutif. Pour répondre à ces questions, les installateurs ont besoin d’outils de supervision lisibles.
C’est aussi là que Zendure glisse progressivement d’une image très “plug and play grand public” vers une approche plus hybride, entre DIY avancé, installateur solaire et gestion énergétique résidentielle.
HEMS 2.0, ZENKI 2.0 AI et ZEN+OS : la partie logicielle prend le pouvoir
Le matériel est impressionnant, mais la vraie bataille se joue souvent côté logiciel. Une batterie mal pilotée peut passer à côté de son potentiel. Une batterie intelligente, en revanche, peut arbitrer entre production solaire, prix de l’électricité, météo et habitudes du foyer.
Zendure met donc en avant HEMS 2.0, son système de gestion de l’énergie domestique. Il permet de piloter plusieurs installations depuis un même compte, par exemple une résidence principale, une résidence secondaire ou un logement familial. Chaque installation peut gérer plusieurs appareils Zendure.
ZENKI 2.0 AI Mode ajoute une couche d’optimisation. Le système analyse la production photovoltaïque, les prévisions météo, les habitudes de consommation et les signaux tarifaires pour décider quand charger ou décharger la batterie. L’intérêt devient encore plus évident avec les offres à tarification dynamique, où le prix de l’électricité varie selon les heures.
Enfin, ZEN+OS sert de socle logiciel commun pour les appareils Zendure, avec des mises à jour OTA et une coordination multi-appareils. C’est ce genre de détail qui fera la différence sur la durée. Une batterie domestique n’est pas un gadget qu’on remplace tous les deux ans. Le suivi logiciel doit tenir la route.
Quels gains attendre sur la facture ?
Zendure avance plusieurs scénarios d’économies. Sur la page officielle de la gamme SolarFlow Mix, la marque met en avant des économies estimées jusqu’à 91 % ou plus selon les configurations et les hypothèses retenues. Lors de la présentation à Lille, les exemples français étaient plus prudents et basés sur des cas locaux.
Pour un SolarFlow 4000 Mix Pro associé à 8 kW de panneaux solaires et une consommation annuelle de 7 000 kWh, Zendure évoque une réduction de facture estimée à 81 %, avec un taux d’autoconsommation passant de 54 % sans batterie à 74 % avec batterie. Les économies annuelles indiquées lors de la présentation atteignent 1 101 €, sur la base d’un prix de l’électricité autour de 0,20 €/kWh.

Pour le SolarFlow 4000 Mix AC+, avec une consommation de 5 000 kWh par an et 5 kW de panneaux solaires, la réduction de facture estimée grimpe à 71 %, avec un taux d’autoconsommation là aussi autour de 74 % et une économie annuelle d’environ 738 €.

Ces chiffres doivent être lus comme des scénarios. En vrai, la rentabilité dépendra de nombreux facteurs : région, orientation des panneaux, puissance installée, profil de consommation, présence ou non d’une voiture électrique, abonnement, heures pleines/heures creuses, tarif dynamique, niveau d’autoconsommation déjà atteint, coût d’installation et éventuelles évolutions réglementaires.
Mais la tendance est claire : avec un tarif de rachat du surplus très bas, stocker devient souvent plus pertinent que vendre. Le nerf de la guerre, c’est l’autoconsommation.
Disponibilité, prix et offres de lancement
La série SolarFlow Mix est disponible en Europe, notamment en France, depuis le 22 avril 2026. Au moment de la rédaction, les prix affichés sur le site officiel Zendure sont de 1 999 € pour le SolarFlow 3000 Mix AC+, 2 399 € pour le SolarFlow 4000 Mix AC+ et 2 899 € pour le SolarFlow 4000 Mix Pro.
Le SolarFlow 4000 Mix Pro passe par une mise en relation avec un installateur, ce qui paraît logique au regard de sa puissance, de ses entrées photovoltaïques et des contraintes de raccordement. Le 4000 Mix AC+ et le 3000 Mix AC+ sont davantage orientés achat direct selon les configurations, même si un accompagnement professionnel reste vivement conseillé dès qu’on touche à une installation fixe, à de fortes puissances ou à un tableau électrique.
Zendure lance également un programme appelé European Elite 1,000. Les 1 000 premiers foyers équipés d’au moins deux systèmes SolarFlow Mix 4000 Pro ou AC+ peuvent bénéficier d’un PowerHub offert. Une autre offre évoquée lors de l’événement concerne les installateurs et distributeurs, avec une batterie offerte pour 20 unités achetées.

La borne EVFlow AC est annoncée pour sa part plutôt pour la fin de l’année 2026.
Ce que cette annonce change pour les particuliers
Pour un particulier, l’intérêt principal est assez simple : Zendure veut rendre le stockage solaire plus puissant, plus lisible et plus évolutif.
Le SolarFlow 3000 Mix AC+ peut convenir à ceux qui cherchent une solution compacte avec une grosse batterie de 8 kWh. Le SolarFlow 4000 Mix AC+ vise les maisons déjà équipées en solaire, où l’on veut ajouter du stockage sans refaire l’installation. Le SolarFlow 4000 Mix Pro s’adresse aux projets plus ambitieux, avec panneaux solaires raccordés directement, forte puissance et capacité d’évolution.
Le PowerHub, lui, devient intéressant dès qu’on veut aller au-delà d’une batterie seule. Si la maison dispose de plusieurs batteries, d’une borne de recharge, d’un besoin de backup propre ou d’un pilotage avancé, il prend tout son sens.
C’est finalement une approche assez proche de la domotique : un appareil seul rend service, mais c’est l’orchestration de l’ensemble qui crée la vraie valeur. Une batterie, une borne, des panneaux et un compteur intelligent peuvent fonctionner séparément. Mais lorsqu’ils communiquent, arbitrent et se coordonnent, la maison devient beaucoup plus efficace.
Ce que cette annonce change pour les installateurs
Pour les professionnels, Zendure avance sur un terrain intéressant. Le marché du photovoltaïque résidentiel devient plus mature, mais aussi plus exigeant. Les clients veulent des solutions évolutives, capables d’intégrer le stockage, la recharge de véhicule électrique, le backup et le pilotage intelligent.
La gamme SolarFlow Mix permet de répondre à plusieurs profils sans repartir de zéro à chaque projet. Le PowerHub simplifie la centralisation de plusieurs batteries et prépare des installations plus propres. La plateforme installateur ajoute une couche de supervision indispensable pour le suivi et le SAV.
Il faudra évidemment surveiller la mise en œuvre terrain : câblage, protections, documentation française, compatibilité réelle avec les configurations existantes, disponibilité des extensions de batteries, gestion des limites de puissance et qualité du support installateur. Ce sont ces détails qui feront la différence entre une belle fiche technique et une solution réellement adoptée par les pros.
Cet événement organisé à Lille ne réunissait d’ailleurs pas uniquement Zendure. La marque était accompagnée d’Enecsol, distributeur B2B bien connu dans les Hauts-de-France, qui joue un rôle clé dans la diffusion de solutions photovoltaïques auprès des installateurs depuis plus de 10 ans.
Un écosystème ambitieux, mais qui devra faire ses preuves sur le terrain
Avec SolarFlow Mix, PowerHub et EVFlow AC, Zendure ne se contente plus de proposer une batterie solaire de balcon améliorée. La marque veut clairement devenir un acteur de la gestion énergétique résidentielle complète. Production solaire, stockage, backup, recharge de voiture électrique, pilotage logiciel, plateforme installateur : toutes les briques sont là. On sent clairement que Zendure ne cherche plus seulement à proposer des produits, mais à construire un système complet prêt à être déployé pour optimiser l’énergie du foyer dans son ensemble.
La proposition est séduisante, surtout dans un marché français où le stockage devient de plus en plus logique économiquement. La baisse du tarif de rachat du surplus, l’augmentation des usages électriques et l’arrivée progressive des tarifs dynamiques rendent ce type d’écosystème beaucoup plus pertinent qu’il y a quelques années.
Sur place, on sent d’ailleurs que Zendure vise autant les particuliers avancés que les installateurs, avec une approche beaucoup plus structurée que les premières générations de batteries plug and play.
Reste maintenant à confirmer tout ça en conditions réelles. Les chiffres annoncés sont prometteurs, mais chaque maison est un cas particulier. Une installation solaire en Bretagne, en Sologne ou dans le Var ne produira pas de la même façon. Un foyer avec voiture électrique, pompe à chaleur et télétravail n’aura pas le même profil qu’un couple absent toute la journée. Et les contraintes françaises, notamment autour des protections, de la puissance injectée et du stockage supérieur à 15 kWh, imposent de ne pas faire n’importe quoi.

Mais une chose est sûre : Zendure vient de passer un cap. La marque ne parle plus seulement de stocker quelques kWh pour améliorer un kit solaire. Elle parle désormais de piloter toute l’énergie de la maison. Et pour tous ceux qui suivent l’autoconsommation, la domotique énergétique et la maison connectée, c’est clairement une évolution à suivre de très près.




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